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30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 07:06

Festival d'Avignon: 1300 spectacles par jour! les rues envahies d'affiches, le piéton noyé sous les flyers, les parades des compagnies pour attirer le chaland...Je n'y avais pas mis les pieds depuis plus de trente ans. Je vous conterai une autre fois mes propres aventures, dont Avignon se souvient sûrement (il doit y avoir une plaque commémorative sur une entrée de bistrot) en l'an de grâce 1983, quand je m'enfuis après trois jours chassé par la chaleur (40° à l'ombre, pour un Finistérien, c'est pire que l'enfer!) et l'impréparation totale dans laquelle j'avais débarqué.

 

Comme le disait une des comédiennes au moment du salut: "il y a de la concurrence cette année sur le Songe". Il n'y a qu'à Avignon qu'on peut faire ça: assister à trois représentations du "Songe d'une nuit d'été" de Shakespeare dans la même journée. C'est une pièce que j'adore et une gourmandise à ne se refuser sous aucun prétexte. Trois compagnies, donc, qui arrivent chacune avec sa version, ses espoirs, et se retrouvent à jouer quasiment ensemble, c'est dur dur pour elles, peut être, mais pour le spectateur, c'est un délice, car chaque interprétation est intéressante et surprenante.

 

Avec les vidéos ci dessous, vous allez très vite saisir les nuances d'interprétation. Pour ma part, j'ai atteint le 7ème ciel du spectateur avec la Compagnie Fracas d'art. Un jeu précis, drôle à souhait, dansant, chantant, un Puck extraordinaire dans son jeu corporel, félin, élastique et espiègle (Amira Walter Girard). Tout cela dans une scénographie très sobre, quelques planches et deux estrades.

 

 

Dans une salle à la clim' en panne, on souffre, on coule, on cuit, mais on tient le coup, car La Compagnie Pianocktail penche vers le boulevard, dans des costumes modernes. Ils ont pris le parti de suivre la pente coquine de la pièce, et dans le genre on rigole à gorge déployée.

La Compagnie Personae nous offre une version étonnante: une seule comédienne (Sylvie Adjdjed Reiffers) qui nous conte l'histoire à travers les yeux de Puck, et qui interprète tour à tour tous les personnages. La performance est intéressante, mais évidemment, quand on a vu les deux autres versions, on reste un peu sur sa faim. Concurrence, concurrence...

 

Le plus épatant à travers toutes ces lectures, c'est de voir comment cette pièce écrite il y a des siècles peut encore nous émouvoir, nous faire rire aux larmes, être réinventée de mille manières différentes, chaque fois rajeunie, vivifiée, jeune et vivante bien plus que des oeuvres créées cette année. Mystère et joie du génie : chapeau, William!

 

 

 

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Published by Gérard DELAHAYE - dans coup de coeur
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