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3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 09:56

Suite du chapitre 1 qui est ici

 

Coup de bol ! Voilà que je rencontre par hasard Claire, une ancienne copine de classe de Besançon, à l'époque où j'étais en khâgne et encore sur un rail sérieux : dans les sorties de classe je chantais Brassens, elle chantait Anne Sylvestre. Et voici que tous les deux, quinze ans plus tard, nous avons pris un aiguillage vers une vie de chanson.

Sauf qu'aujourd'hui, à Avignon, on ne joue pas dans la même cour elle et moi : alors que je suis là, tout penaud avec ma guitare et mon rien du tout dans les poches, quasiment SDF, elle est carrément en campagne : elle joue le matin pour les enfants, le soir pour les adultes : sacrée santé ! Et toute sa famille est à ses côtés pour les flyers, les affiches, la pub, l'intendance, ouahhh ! Respect, Claire !

Et généreusement, elle me propose une chambre dans l'immense appart' qu'elle loue pendant la durée du festival. Je m'écroule sur mon matelas, assommé de chaleur et de fatigue.

Au réveil vers 16 heures, je prends les choses en main : ah, mais on va voir ce qu'on va voir ! Je dégotte je ne sais comment une photo, et me mets en quête d'une photocopieuse. Une feuille de letraset (pour les jeunes qui ne connaissent que Word et Photoshop : c'est une technique antique du XXème siècle, qui consistait à reporter des lettres à partir de feuille genre décalcomanies)

Mon festival d'Avignon (2)

et hop, je me bricole 50 exemplaires d'une affiche nulle digne de mai 68, mauvais tirage, lettres de traviole, mais pleine de bonnes intentions. Mon pot de colle et un rouleau de ficelle à la main, je m'en vais, slalomant entre les parades de ceux qui se sont bien oragnisés, en placer deux ou trois ici ou là, sur des murs où elles disparaissent dans la marée des concurrents, sur des vitrines, où elles se noient dans le maelstrom turbulent des quelques centaines de compagnies qui tentent de se faire voir et entendre. Goutte d'eau dans l'océan. Tintamarre et canicule.

Le lendemain matin : deuxième concert : 3 spectateurs. L'après midi : 40° à l'ombre. Le soir je retrouve ma 504 break, et repars vers l'ouest, vaincu et...soulagé. Ce n'est pas cette année que je connaîtrai la gloire.

 

Le festival a évolué : l'édition 2015 présentait plus de 1300 spectacles par jour. C'est la guerre. Mais j'imagine que les artistes qui viennent s'y mesurer sont plus avertis que moi à cette époque.

 

C'est le moment de ressortir ma citation fétiche de Winston Churchill, bien pratique à becqueter quand on est artiste, et qu'on veut durer :

 

Success consists of going from failure to failure without loss of enthousiasm

Le succès, c'est aller d'échec en échec sans perdre son enthousiasme.

 

et je vous repropose ma petite vidéo bricolée

 

 

Et si vous vous abonnez, ça me fera plaisir.

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Published by Gérard DELAHAYE - dans vie d'artiste
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