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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 10:18

Quand on est un vieux briscard du spectacle jeune public, comme je le suis, on sait qu'il y a une grande différence entre une séance familiale et une séance scolaire. Je fais beaucoup appel à la participation du public, je lui propose de chanter avec moi, et le plus souvent ça se fait tout seul. Mais les enfants en famille sont séparés les uns des autres, ils sont accompagnés par les parents, ne connaissent pas ceux qui les environnent dans le noir, et ils restent réservés. Parfois même, on souhaiterait que le public soit un peu plus extraverti ! A l'inverse, les groupes de scolaires sont capables de développer une énergie formidable, pour le meilleur comme pour le pire.

 


J'attends d'entrer en scène, dissimulé par le pendrillon noir. J'aime bien suivre la rumeur qui grandit, les murmures timides qui virent peu à peu au brouhaha à mesure que la salle se remplit. Je ressens le potentiel explosif qu'il va falloir gérer, organiser, le petit monstre qu'il faudra assouvir. Et avant chaque séance, je me dis : « cette fois, je n'y arriverai pas ».

 

 

Le compliment suprême

Hier, je jouais à Briec, pour les classes primaires de l'école publique. Deux cents élèves plutôt excités, Noël approche, les cadeaux, les vacances, et le concert est un moment hors norme où on peut se lâcher. Le niveau sonore devait bien atteindre les 90 décibels à mon entrée en scène. Je commence par des chansons calmes, pour instaurer une ambiance d'écoute. Mais hier, très vite ils se mettent à taper dans les mains, non pas pour participer, mais pour rigoler, on est tous ensemble, on fout le bazar. Là, il faut garder le sourire, aller tranquillement au bout de sa chanson. Je sais que si je ne dis rien, ils continueront de plus belle, ça devient un jeu de massacre, il faut en faire plus que le voisin, plus fort, plus drôle, plus braillard.

 


J'ai eu quelques expériences malheureuses à mes débuts et j'en garde des souvenirs cuisants. Viré de la scène sous les huées, désarmé devant une horde de sauvages qui avaient perdu tout sens de la mesure. Mais hier, je m'en suis sorti, une fois de plus. Sans dommage et sans rancune pour la petite réprimande que je leur ai lancée après la deuxième chanson. Ils avaient tous le sourire en quittant la salle. Et j'ai eu droit au compliment suprême : « C'était trop bien ! quand est ce que tu reviens ? « .

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Published by Gérard DELAHAYE - dans En scène
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