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9 mai 2017 2 09 /05 /mai /2017 06:00

S'cusez moi, elle est un peu longue, la phrase du jour, et il y a même plusieurs phrases, mais si vous pouvez les faire lire et méditer à tous ceux qui vont se présenter aux législatives, ça nous rendrait à tous grand service, afin que chacun évite de s'arcbouter sur ses convictions. C'est un texte de Mme de Staël (1766-1817). Je me suis permis de mettre en gras certaines phrases. Si vous n'avez pas le temps, ça vous donnera un résumé !

 

 

… de toutes les passions, la plus uniforme dans ses effets, c’est l’esprit de parti.

 

Elle s’empare de vous comme une espèce de dictature, qui fait taire toutes les autorités de l’esprit, de la raison et du sentiment : sous cet asservissement, pendant qu’il dure, les hommes sont moins malheureux que par le libre arbitre qui reste encore aux autres passions ; dans celle-là, la route qu’il faut suivre est commandée comme le but qu’on doit atteindre : les hommes dominés par cette passion sont inébranlables jusques dans le choix de leurs moyens ; ils ne voudraient pas les modifier, même pour arriver plus sûrement à leur objet : les chefs, comme dans toutes les religions, sont plus adroits parce qu’ils sont moins enthousiastes ; mais les disciples se font un article de foi de la route autant que du but. Il faut que les moyens soient de la nature de la cause, parce que cette cause paraissant la vérité même, doit triompher seulement par l’évidence et la force. Je vais rendre cette idée sensible par des exemples.

Dans l’Assemblée Constituante, les membres du côté droit auraient pu faire passer quelques-uns des décrets qui les intéressaient, s’ils eussent laissé la parole à des hommes plus modérés qu’eux, et par conséquent plus agréables au parti populaire ; mais ils aimaient mieux perdre leur cause, en la faisant soutenir par l’abbé Maury, que de la gagner en la laissant défendre par un orateur qui ne fut pas précisément de leur opinion sous tous les autres rapports.

 

Un triomphe acquis par une condescendance, est une défaite pour l’esprit de parti.

 

Lorsque les Constitutionnels luttaient contre les Jacobins, si les Aristocrates avaient adoptés le système des premiers ; s’ils avaient conseillé au roi de se livrer à eux, ils auraient alors renversé l’ennemi commun, sans perdre l’espoir de se défaire un jour de leurs alliés.

 

Mais dans l’esprit de parti, l’on aime mieux tomber, en entraînant ses ennemis, que triompher avec quelqu’un d’entre eux.

 

Lorsqu’en étant assidu aux élections, on pouvait influer sur le choix des hommes dont allait dépendre le sort de la France, les Aristocrates aimaient mieux l’exposer au joug des scélérats, que de reconnaître quelques-uns des principes de la révolution en votant dans les Assemblées primaires.

 

L’intégrité du dogme importe davantage encore que les succès de la cause.

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Published by Gérard DELAHAYE - dans La phrase du jour
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