Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
28 août 2017 1 28 /08 /août /2017 21:07

Il m'est arrivé de traduire, ou plutôt d'adapter des textes de l'anglais (W.H. Auden...) ou de l'allemand  (Bertolt Brecht, Goethe...). C'est toujours un exercice passionnant, qui exige patience, artisanat, virtuosité, humilité. Si par malheur on a décidé de conserver dans la traduction un système rimé, on traverse l'enfer froid de l'échec, an ifern yen, et chaud de la passion, car c'est passionnant !

 

J'ai découvert il y a plusieurs années un poème d'Emily Dickinson, affiché dans une rame de métro parisien pendant le mois de la poésie. Il m'a donné un petit coup à l'estomac, signe qui ne trompe pas, et comme je n'avais rien pour noter, je l'ai aussitôt appris par coeur. C'est vrai, il n'est pas bien long ! mais  j'étais heureux de mettre ma mémoire à l'épreuve vu que dans l'ensemble, elle est plutôt boiteuse. 

 

Quand j'ai recherché sur le web l'original de ce texte, j'en ai trouvé plusieurs traductions. Je vous laisse juges. 

 

Water is taught by thirst

Land - by the ocean passed

Transport - by throe -

Peace - by it's battle told -

Love, by Memorial Mold

Birds, by the snow

 

On apprend l'eau - par la soif

La terre - par les mers qu'on passe

L'exaltation - par l'angoisse -

La paix - en comptant ses batailles -

L'amour - par une image qu'on garde

Et les oiseaux - par la neige

 

On apprend l'eau par la soif

La terre par les voyages en mer

La passion par les affres

La paix par les récits de guerre

L'amour par la mort

Les oiseaux par l'hiver

 

L'Eau, c'est par la soif qu'on la sait.
Le Sol — par l'Océan passé.
L'Envolée — par le piège —
La Paix — par ses récits de lutte —
L'Amour, par le Marbre d'un Buste —
Les Oiseaux, par la Neige.

 

Chacun a ses qualités et ses défauts...Je préfère le deuxième, même s'il n'est pas le plus fidèle,  sans doute parce que c'est lui qui m'a ému dans le métro. Et comme il rime, je l'ai mis en musique. Je vous le proposerai... un jour.

 

Merci aux traducteurs, inconnus, et à Emily, disparue.

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Gérard DELAHAYE - dans coup de coeur
commenter cet article

commentaires

Gérard 29/08/2017 09:32

Lewis Caroll... une auteure, autrice ? Mais merci pour ce joli poème, on s'échine tous à être somebody. Etre Nobody doit être bien plus reposant.

Yves 29/08/2017 09:37

Yep, je boude l'usage selon lequel "le masculin l'emporte" !

Yves 29/08/2017 08:12

Ah Super ! Avec Lewis Carroll et Patti Smith, c'est une des premières auteures (autrices ? écrivaines ?) que j'ai lues en anglais dans le texte.

I'm Nobody! Who are you?
Are you - Nobody - too?
Then there's a pair of us!
Dont tell! they'd advertise - you know!

How dreary - to be - Somebody!
How public - like a Frog -
To tell one's name - the livelong June -
To an admiring Bog!