Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 22:19

C'est l'histoire d'un bide. Il y a prescription, ça fait bien quatre ans que ça s'est passé, les ados d'alors sont au lycée, presque de jeunes adultes.  


Patrik Ewen avec ses histoires croustillantes, Yvon le Men avec ses poèmes ou ses nouvelles craquantes sur l'adolescence, et moi, modestement, avec mes chansonnettes : les uns comme les autres, on n'aurait pas eu trop de mal à se sortir en solo du guêpier où on s'était fourrés: on sait s'adapter! Mais le hic, c'est qu'aujourd'hui on a un cap à tenir : «Vers l'Extrême Nord du Monde». Et sauf danger de mort, aucun capitaine n'abandonne le navire dans la tourmente.



ExtremeNord-2-visuels.jpg

Nous jouons à Landivisiau pour la Communauté de Communes du Pays du même nom. L'idée est de tenter une ouverture vers les scolaires du spectacle «Vers l'Extrême Nord du Monde». (J'en ai déjà parlé : allez voir ici) Belle idée, mais...risquée ! Nous sommes tous trois (tous quatre : n'oublions pas Dom Thiboulet, régisseur) un peu anxieux. On connaît la musique, quatre vieux singes de la scène! Et on sait que les collégiens sont le public le plus difficile, par leur état transitoire, entre deux âges, entre deux peaux, entre deux cultures.

 

 

Nous prenons donc la précaution préalable de raccourcir l'ensemble d'un petit quart d'heure, et d'enlever les textes les plus arides. Premier spectacle le lundi : pas si mal. Une bonne écoute, et à la fin, les enfants viennent nous voir, apparemment ravis. Une maîtresse nous dit : «c'est quand même un peu difficile, par moments». On acquiesce. Mais on se rend compte en discutant que la majorité du public était en fait des CM1 CM2, et quelques 6èmes. Le test n'est donc pas vraiment concluant.

 


final

 

Mardi après midi : des «vrais sixièmes». Les dix premières minutes se passent à peu près bien, et peu à peu, la salle s'agite, et les «hou !» saluent les fins de texte, mêlés aux applaudissements. L'effet de groupe marche à fond, et les «hou !» se font plus présents. Ils tapent dans leurs mains dès que c'est possible, ricanent, chahutent...Riant sous cape, nous tenons bon «la barre aux cinq épines de lumière», contre vents et marées. On arrive au port, tant bien que mal. On se retrouve dans la loge, dépités, mais rigolards : on a perdu une manche. Soyons beaux joueurs: on a tenté, on s'est ramassé!  On a bien quelques circonstances atténuantes, mais le résultat est là : le bide !

 

 

Le soir, quelques enseignants, frustrés de l'après midi, assisteront au spectacle avec leurs enfants et en ressortiront ravis. Dommage que les sixièmes n'aient pas trouvé la clef d'entrée. Le Nord que nous proposons ne se donne pas si facilement. Il exige du spectateur une participation active. Sinon, il reste à la porte, dans le froid, à se cailler les miches. «Hou, hou...ça caille».

 

 

 

Repost 0
Published by Gérard DELAHAYE - dans Le métier de chanteur
commenter cet article
5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 16:55

C'était il y a un mois dans l'émission "Génération Breizh".

 

Repost 0
Published by Gérard DELAHAYE - dans coup de coeur
commenter cet article
4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 22:17

 

Ça fait un drôle d'effet de trouver exprimé dans des termes "scientifiques" et relativement froids les sentiments que l'on ressent sur une question qu'on connaît bien, et là, je dois dire que je suis scotché par cet exposé de Pierre Michel Menger (directeur de recherche au CNRS, et directeur d'études à l'EHESS Ecole des hautes études en sciences sociales). Il a étudié de près les conditions de travail et de vie dans toutes sortes de disciplines, spectacle vivant, mais aussi arts visuels, littérature...et en a sorti une somme passionnante sur l'artiste au travail. 


 

Pierre-mIchel-Menger-copie-1.jpg

 Si vous avez une trentaine de minutes, prenez le temps d'écouter cette conférence.

 

En substance : le monde des arts vit sur un volcans d'inégalités, mais elles y sont bien mieux tolérées que dans n'importe quel autre domaine. C'est un monde de très forte compétition, qui condamne à l'invention permanente. Il y a un taux d'échec très élevé, mais cette incertitude est justement un des carburants de l'innovation. Pour entrer dans ces métiers, il est nécessaire de surestimer ses chances de succès, car elles sont très minces. Conformément à la Loi de Pareto 80% des ressources sont occupées par 20% des artistes. Il suffit d'inverser les chiffres pour comprendre la difficulté de s'en sortir convenablement. Et c'est d'autant plus difficile que si on n'y entre pas facilement, il y a aussi une barrière importante à la sortie : on a investi tellement d'espoir, d'énergie, d'efforts dans son engagement, qu'il est très difficile d'admettre qu'on va devoir en sortir.

 

Bon...Quand on vit dans ce paysage, on n'est pas surpris. Mais l'entendre dire de cette façon, se trouver soi même objet d'étude, c'est surprenant!


 

 

(merci à Melaine, qui m'a fait passer les références de cette vidéo)

 

 


 

 

Repost 0
Published by Gérard DELAHAYE - dans Le métier de chanteur
commenter cet article
4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 08:12

Toujours sur le thème "talent et succès", cette chanson tragique, qui date de 1950.

...Et tu croyais en ma bohême

Mais si tu pensais à 20 ans 

qu'on peut vivre de l'air de temps

Ton point de vue n'est plus le même

 

 


Repost 0
Published by Gérard DELAHAYE - dans Le métier de chanteur
commenter cet article
3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 07:52

Pour alimenter la seizième Conférence des parties (CoP16) de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (Cites), qui se tient à Bangkok du dimanche 3 au jeudi 14 mars, un extrait d'un texte magnifique et émouvant de Romain Gary : 

 

elephant 1

 

"(Monsieur et cher éléphant...) J’espère que vous n’y verrez pas un manque de respect si je vous avoue que votre taille, votre force et votre ardente aspiration à une existence sans entrave vous rendent évidemment tout à fait anachronique. Aussi vous considère-t-on comme incompatible avec l’époque actuelle. Mais à tous ceux parmi nous qu’écœurent nos villes polluées et nos pensées plus polluées encore, votre colossale présence, votre survie, contre vents et marées, agissent comme un message rassurant. Tout n’est pas encore perdu, le dernier espoir de liberté ne s’est pas encore complètement évanoui de cette terre, et qui sait ? si nous cessons de détruire les éléphants et les empêchons de disparaître, peut-être réussirons-nous également à protéger notre propre espèce contre nos entreprises d’extermination.


Si l’homme se montre capable de respect envers la vie sous la forme la plus formidable et la plus encombrante - allons, allons, ne secouez pas vos oreilles et ne levez pas votre trompe avec colère, je n’avais pas l’intention de vous froisser - alors demeure une chance pour que la Chine ne soit pas l’annonce de l’avenir qui nous attend, mais pour que l’individu, cet autre monstre préhistorique encombrant et maladroit, parvienne d’une manière ou d’une autre à survivre".

 

Elephant2

 

Vous pouvez en retrouver l'intégrale ici : "Lettre à l'éléphant"

 

 

 

 

 

 


Repost 0
Published by Gérard DELAHAYE - dans La phrase du jour
commenter cet article
1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 09:23

Et moi, j'en ai t'y du talent? 

Voici donc une question que se pose tout artiste, souvent débattue, jamais résolue. Rory en a-t il plus que moi? et James, qui a un succès fou, je lui en trouve un bien petit, et Wolfgang, qui rame comme un malade, quelle injustice alors qu'il a tant de talent !

 

Il y a une phrase qui tourne dans tous les cercles de critiques, phrase qui rassure tous les professionnels, qui connaissent parfaitement l'injustice qui préside aux métiers de l'art: "tous ceux qui ont du talent, finissent un jour par avoir du succès. Qu'on me cite un seul nom que quelqu'un qui a du talent et qui n'a pas eu de succès". Sophisme magnifique ! car il permet d'en déduire que

1: tous ceux qui ont du talent doivent avoir du succès.

2: tous ceux qui ont du succès ont du talent.

3: ceux qui n'ont pas de succès, c'est qu'ils n'ont pas de talent.

Ce serait un raisonnement bien pratique pour rendre la justice : "si tu es condamné, c'est que tu es coupable" et vice versa: ça économiserait des frais inutiles ! 

 

 

 

On nous a abondamment abreuvés de Van Gogh, de Rimbaudexemples qui sont devenus les références du fameux talent inconnu, que la postérité portera aux nues et qui n'aura jamais profité de son succès. Ça permet à tous les débutants de se consoler en se disant qu'ils sont eux aussi des génies inconnus. Mais hélas, ou plutôt heureusement, ce sont des cas rares. Il me semble bien que 99,9% des gens célèbres l'ont été de leur vivant. Quelle consolation d'être célébré après sa mort!

 

Mais si être connu c'est avoir du talent, que dira t-on des milliers d'artistes qui alimentent de leurs créations les saisons culturelles, et qui pour la plupart sont totalement inconnus ? Les professionnels les identifient. Mais pour le "grand public", ils ne sont personne, néant, z'existent pas. Si on veut quantifier le talent, on entre alors dans l'absurde le plus complet.

 

En réalité, bien sûr, la seule chose dont on soit objectivement certain, ce n'est pas le talent, c'est le succès! Et très vite, ce qu'on fête, qu'on admire, c'est le succès! la quantité d'argent! le succès! de bravos! le succès! d'entrées! le succès! de dollars, de piasses, de biftons, d'euros, de pépètes, de lingots! Pour ça au moins, on a une mesure objective. Le reste, c'est du mythe, le prix de consolation : "coco, tu n'as pas un rond, tu ne vends pas, tu crèves la dalle, mais quel talent tu as !".

 

Comme dit Oxmo "comment chiffrer la valeur lorsqu'à table le succès devient l'avaleur". Regardez donc cette vidéo, écoutez bien le texte, cette chanson dit tout bien mieux que moi, et l'illustre avec des images magnifiques. Que de talents réunis! 

 

 

 

 


Repost 0
Published by Gérard DELAHAYE - dans Le métier de chanteur
commenter cet article
26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 08:41

 

Talent, succès...Voilà un sujet préoccupant quand on est, ou quand on se croit, artiste. J'y réfléchis depuis longtemps et m'apprêtais à publier quelques petits textes à ce propos. Et voici que tombe à pic une anecdote, qui m'a été soufflée par Yves Lympalair et que je recopie, comme lui, sur Wikipédia. Comme nous sommes au lendemain des 20èmes Victoires de la musique classique. Pour comprendre il faut commencer par regarder cette vidéo :

 

 

Désolé: la vidéo a été retirée ! Explication : le 12 janvier 2007 Joshua Bell (célèbre violoniste, que je ne connaissais pas, et que je vous laisse découvrir par ce lien) a participé à une expérience menée par The Washington Post à une heure de pointe, le matin, dans le hall d'une station de métro à Washington. Cet événement a été organisé par le journal dans le cadre d'une "expérience de psychologie comportementale sur la perception, les goûts et les priorités" (évidemment, dit comme ça, ça fait chic et on se dit que c'est du sérieux !). 

 

Joshua Bell a ainsi joué trois quarts d'heure et a pu récolter 32 dollars pour un total de sept personnes seulement qui se sont arrêtées un instant pour l'écouter jouer, et sans compter les 20 dollars laissés par l'unique personne l'ayant reconnu. Donc disons 12 piasses comme ils disent au Québec. 

 

Le point-clé de cette expérience apparut lorsqu'il eut fini de jouer. En effet, il n'y eut aucune réaction, aucun applaudissement. Une seule personne l'avait reconnu. Personne ne savait que ce violoniste était célèbre, et qu'il venait de jouer sur un Stradivarius célèbre de 1713, le Gibson ex-Huberman, acheté par le violoniste quelques années auparavant 3,5 millions de dollars, ni que deux jours auparavant il avait joué au théâtre de Boston à guichets fermés pour des spectateurs qui avaient payé leur place jusqu'à 100 dollars.

 

La conclusion du journaliste revient à se demander : « Dans un environnement ordinaire, à une heure inappropriée, sommes-nous capables de percevoir la beauté, de nous arrêter pour l'apprécier, de reconnaître le talent dans un contexte inattendu ? » Cette expérience et surtout l'article qui fut publié valurent à son auteur, le journaliste Gene Weingarten, un Prix Pulitzer en 2008.

 

Quel talent il a ce journaliste !

 

 

 

 

Repost 0
Published by Gérard DELAHAYE - dans Le métier de chanteur
commenter cet article
22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 09:00

Comme souvent, revoici le statut des intermittents du spectacle de nouveau remis en discussion. On vous dira partout que le régime est en déficit. Si vous avez 10 minutes, regardez cette vidéo, qui semble démontrer qu'on nous bourre le mou...Et qui montre, accessoirement, la difficulté d'interpréter des chiffres, des données, des statistiques. 

 


Repost 0
Published by Gérard DELAHAYE - dans Le métier de chanteur
commenter cet article
19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 12:13

A force de chercher, on trouve !


Quand j'ai commencé à chanter pour les enfants, je n'étais pas très à l'aise avec les petits. Et puis, avec l'expérience, les essais, les erreurs, on y arrive ! La preuve, "Balle boule bulle" ce nouveau spectacle de format très court (autour de 35 minutes) qui leur est destiné, et dont voici quelques images pour vous donner envie!


un univers tout chaud, tout rond, c'est tendre et plutôt rigolo, comme vous pouvez en juger. Qui aurait cru, quand je chantais "Camions sur l'autoroute", que j'aurais fini par manger du clown?

 

 

 

 

 

 


Repost 0
Published by Gérard DELAHAYE - dans concerts
commenter cet article
16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 23:00

Si vous êtes comme moi, et que vous n'aviez jamais entendu parler de C2C (prononcez Ci tou Ci) avant ces jours ci, voici une petite leçon de rattrapage. 

 

 

 

 

 

et ensuite, la performance complète en live aux Victoires de la musique (parce que oui, au fait, ils ont eu la Victoire de l'album électro, c'est pour ça que j'en cause !)

 

 

 

Comme je n'ai pas d'autre point de comparaison je suis bluffé par la performance technique, vidéo et son. Ca ne suffit pas pour faire vivre une musique, c'est vrai. C'est à dix mille lieues de ce que j'écoute habituellement : je penche nettement vers le bois, les cordes, le contact avec la matière, un rapport charnel au cuivre, au souffle, qui crée "le son" d'un musicien. Ici, ce sont des machines, avec des préparations préalables, et dirigées à la main. Deux accords, trois si on veut et un développement très simple. Sauf que c'est fait pour danser, et ça a l'air de fonctionner. Pourtant il y a dans cette musique une mélancolie que je trouve assez émouvante. Ca me fait penser à un album de Bowie et Brian Eno : "Berlin", que j'ai beaucoup écouté vers la fin des années 70. 

Mais je prends quand même un sacré coup de vieux. La dance, l'électro, David Guetta et consorts : je peux juste dire "ça ne me concerne pas", oui, mais ça concerne des millions de jeunes et là je sens le décrochage, un autre monde qui affleure, auquel j'ai à peine accès. T'es plus dans l'coup papa !

 Mais allez, avec le Trio EDF on a tout ce qu'il faut pour se reconvertir...Le look, le swing, le coup de poignet (acquis au violon) pour scratcher, le sens de l'image et par dessus tout...La jeunesse! Quant au nom, il est parfait, non? (prononcez Aïe-Di-eF): on fonce ! 

 










Repost 0
Published by Gérard DELAHAYE - dans coup de coeur
commenter cet article