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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 08:12

Toujours sur le thème "talent et succès", cette chanson tragique, qui date de 1950.

...Et tu croyais en ma bohême

Mais si tu pensais à 20 ans 

qu'on peut vivre de l'air de temps

Ton point de vue n'est plus le même

 

 


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Published by Gérard DELAHAYE - dans Le métier de chanteur
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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 07:52

Pour alimenter la seizième Conférence des parties (CoP16) de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (Cites), qui se tient à Bangkok du dimanche 3 au jeudi 14 mars, un extrait d'un texte magnifique et émouvant de Romain Gary : 

 

elephant 1

 

"(Monsieur et cher éléphant...) J’espère que vous n’y verrez pas un manque de respect si je vous avoue que votre taille, votre force et votre ardente aspiration à une existence sans entrave vous rendent évidemment tout à fait anachronique. Aussi vous considère-t-on comme incompatible avec l’époque actuelle. Mais à tous ceux parmi nous qu’écœurent nos villes polluées et nos pensées plus polluées encore, votre colossale présence, votre survie, contre vents et marées, agissent comme un message rassurant. Tout n’est pas encore perdu, le dernier espoir de liberté ne s’est pas encore complètement évanoui de cette terre, et qui sait ? si nous cessons de détruire les éléphants et les empêchons de disparaître, peut-être réussirons-nous également à protéger notre propre espèce contre nos entreprises d’extermination.


Si l’homme se montre capable de respect envers la vie sous la forme la plus formidable et la plus encombrante - allons, allons, ne secouez pas vos oreilles et ne levez pas votre trompe avec colère, je n’avais pas l’intention de vous froisser - alors demeure une chance pour que la Chine ne soit pas l’annonce de l’avenir qui nous attend, mais pour que l’individu, cet autre monstre préhistorique encombrant et maladroit, parvienne d’une manière ou d’une autre à survivre".

 

Elephant2

 

Vous pouvez en retrouver l'intégrale ici : "Lettre à l'éléphant"

 

 

 

 

 

 


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Published by Gérard DELAHAYE - dans La phrase du jour
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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 09:23

Et moi, j'en ai t'y du talent? 

Voici donc une question que se pose tout artiste, souvent débattue, jamais résolue. Rory en a-t il plus que moi? et James, qui a un succès fou, je lui en trouve un bien petit, et Wolfgang, qui rame comme un malade, quelle injustice alors qu'il a tant de talent !

 

Il y a une phrase qui tourne dans tous les cercles de critiques, phrase qui rassure tous les professionnels, qui connaissent parfaitement l'injustice qui préside aux métiers de l'art: "tous ceux qui ont du talent, finissent un jour par avoir du succès. Qu'on me cite un seul nom que quelqu'un qui a du talent et qui n'a pas eu de succès". Sophisme magnifique ! car il permet d'en déduire que

1: tous ceux qui ont du talent doivent avoir du succès.

2: tous ceux qui ont du succès ont du talent.

3: ceux qui n'ont pas de succès, c'est qu'ils n'ont pas de talent.

Ce serait un raisonnement bien pratique pour rendre la justice : "si tu es condamné, c'est que tu es coupable" et vice versa: ça économiserait des frais inutiles ! 

 

 

 

On nous a abondamment abreuvés de Van Gogh, de Rimbaudexemples qui sont devenus les références du fameux talent inconnu, que la postérité portera aux nues et qui n'aura jamais profité de son succès. Ça permet à tous les débutants de se consoler en se disant qu'ils sont eux aussi des génies inconnus. Mais hélas, ou plutôt heureusement, ce sont des cas rares. Il me semble bien que 99,9% des gens célèbres l'ont été de leur vivant. Quelle consolation d'être célébré après sa mort!

 

Mais si être connu c'est avoir du talent, que dira t-on des milliers d'artistes qui alimentent de leurs créations les saisons culturelles, et qui pour la plupart sont totalement inconnus ? Les professionnels les identifient. Mais pour le "grand public", ils ne sont personne, néant, z'existent pas. Si on veut quantifier le talent, on entre alors dans l'absurde le plus complet.

 

En réalité, bien sûr, la seule chose dont on soit objectivement certain, ce n'est pas le talent, c'est le succès! Et très vite, ce qu'on fête, qu'on admire, c'est le succès! la quantité d'argent! le succès! de bravos! le succès! d'entrées! le succès! de dollars, de piasses, de biftons, d'euros, de pépètes, de lingots! Pour ça au moins, on a une mesure objective. Le reste, c'est du mythe, le prix de consolation : "coco, tu n'as pas un rond, tu ne vends pas, tu crèves la dalle, mais quel talent tu as !".

 

Comme dit Oxmo "comment chiffrer la valeur lorsqu'à table le succès devient l'avaleur". Regardez donc cette vidéo, écoutez bien le texte, cette chanson dit tout bien mieux que moi, et l'illustre avec des images magnifiques. Que de talents réunis! 

 

 

 

 


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Published by Gérard DELAHAYE - dans Le métier de chanteur
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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 08:41

 

Talent, succès...Voilà un sujet préoccupant quand on est, ou quand on se croit, artiste. J'y réfléchis depuis longtemps et m'apprêtais à publier quelques petits textes à ce propos. Et voici que tombe à pic une anecdote, qui m'a été soufflée par Yves Lympalair et que je recopie, comme lui, sur Wikipédia. Comme nous sommes au lendemain des 20èmes Victoires de la musique classique. Pour comprendre il faut commencer par regarder cette vidéo :

 

 

Désolé: la vidéo a été retirée ! Explication : le 12 janvier 2007 Joshua Bell (célèbre violoniste, que je ne connaissais pas, et que je vous laisse découvrir par ce lien) a participé à une expérience menée par The Washington Post à une heure de pointe, le matin, dans le hall d'une station de métro à Washington. Cet événement a été organisé par le journal dans le cadre d'une "expérience de psychologie comportementale sur la perception, les goûts et les priorités" (évidemment, dit comme ça, ça fait chic et on se dit que c'est du sérieux !). 

 

Joshua Bell a ainsi joué trois quarts d'heure et a pu récolter 32 dollars pour un total de sept personnes seulement qui se sont arrêtées un instant pour l'écouter jouer, et sans compter les 20 dollars laissés par l'unique personne l'ayant reconnu. Donc disons 12 piasses comme ils disent au Québec. 

 

Le point-clé de cette expérience apparut lorsqu'il eut fini de jouer. En effet, il n'y eut aucune réaction, aucun applaudissement. Une seule personne l'avait reconnu. Personne ne savait que ce violoniste était célèbre, et qu'il venait de jouer sur un Stradivarius célèbre de 1713, le Gibson ex-Huberman, acheté par le violoniste quelques années auparavant 3,5 millions de dollars, ni que deux jours auparavant il avait joué au théâtre de Boston à guichets fermés pour des spectateurs qui avaient payé leur place jusqu'à 100 dollars.

 

La conclusion du journaliste revient à se demander : « Dans un environnement ordinaire, à une heure inappropriée, sommes-nous capables de percevoir la beauté, de nous arrêter pour l'apprécier, de reconnaître le talent dans un contexte inattendu ? » Cette expérience et surtout l'article qui fut publié valurent à son auteur, le journaliste Gene Weingarten, un Prix Pulitzer en 2008.

 

Quel talent il a ce journaliste !

 

 

 

 

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 09:00

Comme souvent, revoici le statut des intermittents du spectacle de nouveau remis en discussion. On vous dira partout que le régime est en déficit. Si vous avez 10 minutes, regardez cette vidéo, qui semble démontrer qu'on nous bourre le mou...Et qui montre, accessoirement, la difficulté d'interpréter des chiffres, des données, des statistiques. 

 


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Published by Gérard DELAHAYE - dans Le métier de chanteur
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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 12:13

A force de chercher, on trouve !


Quand j'ai commencé à chanter pour les enfants, je n'étais pas très à l'aise avec les petits. Et puis, avec l'expérience, les essais, les erreurs, on y arrive ! La preuve, "Balle boule bulle" ce nouveau spectacle de format très court (autour de 35 minutes) qui leur est destiné, et dont voici quelques images pour vous donner envie!


un univers tout chaud, tout rond, c'est tendre et plutôt rigolo, comme vous pouvez en juger. Qui aurait cru, quand je chantais "Camions sur l'autoroute", que j'aurais fini par manger du clown?

 

 

 

 

 

 


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Published by Gérard DELAHAYE - dans concerts
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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 23:00

Si vous êtes comme moi, et que vous n'aviez jamais entendu parler de C2C (prononcez Ci tou Ci) avant ces jours ci, voici une petite leçon de rattrapage. 

 

 

 

 

 

et ensuite, la performance complète en live aux Victoires de la musique (parce que oui, au fait, ils ont eu la Victoire de l'album électro, c'est pour ça que j'en cause !)

 

 

 

Comme je n'ai pas d'autre point de comparaison je suis bluffé par la performance technique, vidéo et son. Ca ne suffit pas pour faire vivre une musique, c'est vrai. C'est à dix mille lieues de ce que j'écoute habituellement : je penche nettement vers le bois, les cordes, le contact avec la matière, un rapport charnel au cuivre, au souffle, qui crée "le son" d'un musicien. Ici, ce sont des machines, avec des préparations préalables, et dirigées à la main. Deux accords, trois si on veut et un développement très simple. Sauf que c'est fait pour danser, et ça a l'air de fonctionner. Pourtant il y a dans cette musique une mélancolie que je trouve assez émouvante. Ca me fait penser à un album de Bowie et Brian Eno : "Berlin", que j'ai beaucoup écouté vers la fin des années 70. 

Mais je prends quand même un sacré coup de vieux. La dance, l'électro, David Guetta et consorts : je peux juste dire "ça ne me concerne pas", oui, mais ça concerne des millions de jeunes et là je sens le décrochage, un autre monde qui affleure, auquel j'ai à peine accès. T'es plus dans l'coup papa !

 Mais allez, avec le Trio EDF on a tout ce qu'il faut pour se reconvertir...Le look, le swing, le coup de poignet (acquis au violon) pour scratcher, le sens de l'image et par dessus tout...La jeunesse! Quant au nom, il est parfait, non? (prononcez Aïe-Di-eF): on fonce ! 

 










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Published by Gérard DELAHAYE - dans coup de coeur
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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 09:00

 

 

 

 

Yves, mon correspondant aux USA me fait passer cette vidéo proprement extraordaire. si vous voulez essayer de vous y frotter, notez bien qu'il y a au moins deux conditions : 

-1 fixer solidement les verres au support. 

-2 n'omettez pas quelques années d'efforts soutenus et intensifs.

Cette chanson (signée Léonard Cohen et non Jeff Buckleydoit figurer au Guinness Book des records par la quantité de reprises. Au passage, je vous en propose l'interprétation par le célèbre Trio Ewen Delahaye Favennec

 

 

 

Si quelqu'un pouvait me rencarder sur le moyen de placer ce rogntudju de rectangle au centre...J'ai même essayé en html et tout...pas moyen ! overblog, tu as des progrès à faire ! (petite note sur la cuisine bloguesque)

 









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Published by Gérard DELAHAYE - dans Trio Ewen Delahaye Favennec
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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 08:25

 

"En travaillant sur le format de la chanson, j'ai constamment l'impression de résoudre des équations: il faut que l'idée colle à la forme, que le texte rime, que la langue se fonde dans le rythme, que les mots se moulent dans la mélodie, que les sonorités correspondent à la hauteur de ma voix, etc..Je me donne un mal de chien"


Claire Diterzi

 


 

Voilà une description que je pourrais revendiquer. Texte, musique, mélodie, arrangement, sens, son...Comment réussir à faire tenir tout ça ensemble? C'est un merveilleux et parfois douloureux casse- tête.

 

Allez, cadeau : c'est aujourd'hui le Mercredi des Cendres, c'est ce jour là qui a été à l'origine de cette chanson "Cendres et feu" (sur l'album Rue Poullic al Lor). Je me souviens de mon enfance, ce jour là on ressortait tous de l'église avec au front cette petite croix de cendres, je revois aussi l'ambiance du Vendredi Saint, l'église sombre et glaciale, toutes les stations du chemin de croix voilées de tissu noir. Mais il avait aussi les filles, tout près, et leur présence effrayante et magique, émotion spirituelle et charnelle à la fois, mélange détonant. C'est, à votre choix, quatre épisodes d'une même histoire d'amour ou quatre histoires différentes.  

 

 

Visuel ppal Rue Poullic al Lor

 

 

 






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Published by Gérard DELAHAYE - dans Une chanson
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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 11:26

Michel Fructus est prof de musique, et il adore la chanson. Voici ce qu'il fait chanter à ses élèves, "Le dormeur du val", ou j'ai osé faire alliance avec Arthur Rimbaud, sans lui demander son autorisation. Ca me touche vraiment que les chansons puissent voyager de cette façon. 

 

 

 

LE DORMEUR DU VAL

 

Paroles : Arthur Rimbaud. Musique : Gérard Guillou – Delahaye

 

 

C’est un trou de verdure où chante une rivière

Accrochant follement aux herbes des haillons

D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,

Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.

 

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,

Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,

Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,

Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

 

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme

Sourirait un enfant malade, il fait un somme :

Nature, berce le chaudement : il a froid.

 

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;

Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine

Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

 

Guillou-pour-les-intimes.jpg

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Published by Gérard DELAHAYE - dans Une chanson
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