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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 21:36

J'ai découvert en voyageant que partout dans le monde les gens dans leur immense majorité sont accueillants et amicaux. Il faut le dire et le redire. Car depuis des années, on nous parle d'axe du mal, on stigmatise des cultures, on met au ban des pays entiers. Cette propagande est dangereuse car elle empêche de voyager. Or, plus il y a d'échanges, plus le monde est sûr.

 

Mikael Pallin (ex Monty Python) - Lu dans Télérama -

 

mikael-pallin.jpg

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29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 07:31

 

bateau Gérard Delahaye

 

L'une de mes petites filles, 8 ans, m'a demandé « qu'est ce que ça veut dire : ils ont fui ». Dans La petite Marseillaise, le dernier couplet (fait avec Yvon le Men) dit « Quand tes parents ont fui la guerre ». Dans la même chanson, le refrain dit : « au fond du coeur j'ai trois couleurs qui font la Liberté». L'autre jour, sur la Péniche Spectacle, un enfant me demande : « C'est quoi les trois couleurs? ». Je me dis, bien sûr, que c'est justement là l'intérêt de jouer pour un public d'enfants et d'adultes mélangés, instits, ou parents : ils peuvent en parler après, commenter, poser des questions...

 

Quand on essaie de chanter pour les enfants, la question de l'âge est un vrai casse-tête. Aucun parent n'aurait l'idée de mettre en CM son enfant de 3 ou 4 ans. Mais le même n'est nullement dérangé d'emmener son enfant de 3 ans à un spectacle conseillé pour les 6/10 ans « il est très éveillé pour son âge ». Il est pourtant évident que la capacité d'attention, d'émotion, de compréhension, évolue entre 2 ans et 10 ans. Pas la même non plus la faculté de rester assis une heure à déguster un concert, même si on participe beaucoup en chantant. Et la maîtrise du vocabulaire est-elle la même à 5 et 10 ans? Quadrature du cercle pour le chanteur. Dans un livre, une histoire, le parent, l'instit, peut prendre le temps d'expliquer un mot. Mais en spectacle, ça va trop vite.

 

Coeur-rose.jpg

 

Vu de la scène, ce décalage est parfois déstabilisant. On attend un certain type d'échange, de réactions, et tout tombe à plat : trop grands (rarement), trop petits (trop souvent!). On se retrouve face à des ribambelles de bambins dont la tête ne dépasse pas des fauteuils pour chanter Nelson Mandela  ou La petite Marseillaise.Et au bout de 30 minutes, écouter ne leur suffit plus : ils ont besoin de se remuer, de sauter, de danser...En revanche, si j'ai le malheur de chanter les « 3 petits moutons » à des CM2, déjà rompus aux joies du rap, il y a risque de quolibets ou au mieux de silence moqueur ou boudeur.

 

Il n 'y a que dans certains spectacles scolaires où on a la chance de se trouver face à une tranche d'âge cohérente. Et là, en règle générale, on casse la baraque, c'est le triomphe, on se prend pour Johnny au Stade de France!

 

Ce qui fait que la plupart des artistes « jeune public »décident de s'adresser aux plus petits : c'est ça qui marche le mieux, c'est là qu'il y a le moins de risques. Au delà de 6-7 ans, les enfants, paraît il, ne viennent plus au concert. Je m'obstine malgré tout à faire des spectacles où mon spectateur idéal a autour de 8-9 voire 10 ans: c'est l'âge où il comprend presque tout, est sensible à l'humour, a une vraie voix pour chanter et commence à avoir une culture musicale. Et je pense aussi beaucoup aux parents.

 

Heureusement, il n'y a pas que les mots et le sens. Et je me console en me disant qu'avec ce nouveau spectacle plein de couleurs en scène, ils peuvent aussi se nourrir en regardant les décors, les instruments, les lumières, en écoutant la musique...

 

bateau va chanter ce soir

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Published by Gérard DELAHAYE - dans Le métier de chanteur
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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 07:06

24.183.133 fois : c'est le chiffre de "vues" de cette vidéo, que vous connaissez sûrement, mais elle est aussi émouvante qu'au premier jour. Je ne résiste pas à la mettre en ligne, une fois de plus, pour faire grimper le score. Car chaque "vue" est un petit grain de sable qui construit une maison de paix. Regardez ensuite la suivante, moins connue, c'est Radiesh Vaidhya, Indien virtuose du sitar. Dans l'intro, on croirait entendre une guitare ! Pour ceux qui ont du mal en anglais, je vais rouler ma caisse pour dire que j'ai compris le message, et il est beau : MUSIC - M for Morality - U for Universality - S for Spirituality - I for Individuality - C for Creativity - MUSIC.

 

 

Et un grand merci à Yves !
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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 11:51

Petite présentation de l'album "1000 chansons" sur Radio Nord Bretagne

 

1000-ch-visuel-simple-.jpg

 

Bien sûr, je préfèrerais que ça dure une heure, mais je ne suis pas sûr que vous l'écouteriez !

 

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Published by Gérard DELAHAYE - dans Mes albums
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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 21:55

Ils sont québécois, tout jeunes et foldingues. La chanteuse est marrante et touchante. Le débit des textes est moins déstructuré que celui de Coeur de Pirate, et leur folie douce est un bain de jouvence et de fraîcheur. Mieux encore : cette vidéo est un vrai tube de smarties : je craque !

 


 

 

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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 12:29

Je ne résiste pas au plaisir de vous transmettre cette vidéo. Le chant de cette fille est un enchantement, c'est tout en douceur. Mais en plus, les images sont merveilleusement légères et poétiques.

 

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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 21:30

Je ne sais pas s'il existe un mot du genre : "odiosité", elle est à l'oeuvre ici...Il poussait le bouchon loin, le bougre ! Merci à Paul Jorion, chez qui j'ai repiqué l'extrait : "Que la bête meure"

 

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Published by Gérard DELAHAYE - dans Hors sujet !
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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 16:00

  Je commence par la musique du générique de fin, une reprise de Radiohead , « Creep » interprétée par un choeur de filles : Scala.

 

 

 

Le plus étonnant, dès le début, l'image à peine entrevue d'un enfant de choeur au visage de faune, l'église comme une forêt...

 

Bien sûr, il y a eu des films sur la Bretagne, sur l'Ile de Sein, il y a eu le déplorable et muséeux « Cheval d'orgueil », de Chabrol, (petit rajout deux jours plus tard: Claude Chabrol vient de disparaître ! Je précise qu'à part ce film précis, ses films m'ont plutôt amusé voire pour certains, bouleversé - Que la bête meure notamment.  Tiens, ça se passait aussi en Bretagne...)il y a eu « Western », de Manuel Poirier. Il y en a eu des tas de films qui se servent des paysages bretons, et posent dans ce décor n'importe quelle histoire. C'est bon pour le tourisme.


 Mais jamais encore je n'y ai vu des personnages, des lieux avec cette grâce, ce mystère lumineux que Katell Quillivéré insuffle dans les images de « Poison violent ». Peut être aussi parce que ces paysages sont intimement liés à des questionnements mystiques et charnels. Pour la première fois, j'ai vu dans un film de fiction moderne (je précise fiction, parce que les docs d'Alain Gallet trouvent par instants cette lumière magique) une poésie, des paysages, une lumière de Bretagne, et des personnages qui font vraiment corps avec ce décor. J'ai ressenti la grâce, telle qu'elle vibre dans les nouvelles de Dylan Thomas. Mais une grâce pleine de sensualité.

  Un poison violent 300

Je suis allé voir "Poison violent" un peu par curiosité, un peu aussi par solidarité bretonne, peut-être. Et dans les premières minutes, je me suis dit « zut...Un film français ». De ces histoires de couples qui tournent mal. Mais non. C'est un film breton, poétique, léger et puissant à la fois. Et peu à peu, j'ai été touché au-delà de ce que j'imaginais. Je ne suis pas un grand cinéphile, mais j'attendais depuis longtemps un film qui fasse ainsi vibrer la Bretagne, féminine, sensuelle, mystique, déchirée, dans la beauté de la mer et de la campagne, et la laideur si banale parfois de ses rues grises.

 

Question : A quelle époque se passe cette histoire? Aujourd'hui peut être? Indices détectés : téléphone portable qui fait des photos, Volvo 240 break. Mais on s'en moque au fond. C'est hier ou aujourd'hui, très proche de nous. Seule objection : y a t-il donc aujourd'hui encore des familles où la religion, ou plutôt la foi, est un tel sujet de préoccupation? Ça, j'y crois à peine. Mais je m'en fiche itou. Tous les personnages sont violemment travaillés par le désir et la religion. C'est avant tout une chronique d'adolescence, jouée par deux jeunes comédiens avec légèreté et naturel. Clara Augarde est ardente et magnifique dans le rôle principal. Lio est sombre et triste comme jamais, à l'opposé de ce profil de donzelle superficielle qu'on lui connaît. Et tout ce monde se demande comment vivre le grand écart entre « l'esprit et la chair » comme le dit le sermon de l'évêque dans l'église Saint Louis de Brest, (église que j'ai redécouverte, magnifiquement filmée, alors que je la trouvais jusqu'à présent parfaitement moche).

 

Merci à Katell Quillivéré pour la subtilité de sa caméra à effleurer les passions profondes.

 

 

 

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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 13:51
Voilà un coup de coeur fort inattendu. Parfois on se trouve dans un état de réceptivité inhabituel. J'ai craqué pour cette chanson / poème, qui est pourtant depuis longtemps sur mes playlists, mais jamais révélée, comme une photo plongée dans le bain adéquat. 

Faites comme moi, fermez les yeux, laissez vous porter par ce simple et beau crescendo musical, et la voix ardente qui déroule son poème érotique et mélancolique : tout ce qu'il va perdre, bientôt. Beauté pure et étonnante. 

 

 

 

 

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Published by Gérard DELAHAYE - dans coup de coeur
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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 12:56

Leverkusen était à l'époque (40 ans plus tard, on peut bien dire « à l'époque) une charmante ville industrielle du Sud de la Ruhr, tout près de Köln (Cologne). Leverkusen, perdue la moitié de l'année dans un semi brouillard jaunâtre et tenace, au parfum légèrement nauséabond. J'y faisais mon année d'assistant : j'enseignais le français à des élèves de collège. Ce n'était pas la grande passion, mais il fallait bien suivre les étapes de la formation de germaniste, avant de terminer la maîtrise.

J'ai mis deux mois et des centaines de bornes avant de comprendre qu'il y avait un Ring, un périphérique, tout autour de Cologne. Je m'y perdais les samedis soirs avec mon "Ami 6" bleue dans les labyrinthes d'autoroutes où je roulais pour rouler dans la lumière jaune des lampadaires au sodium. Heureusement, j'avais ma guitare, la musique, les chansons.

Avec quelques autres assistants, on trompait le gris des dimanches en organisant des week ends éclairs en Hollande ou au Danemark (ça fait une trotte) . Et grâce à eux, j'ai redécouvert Nougaro, sur un double album enregistré en public. 

 

 

20 ans, grande solitude et moral bas. Côté enseignement, je m'ennuyais ferme. J'avais pour tuteur Herr Schulze, prof de français, un gros monsieur sévère et sérieux qui me coachait, comme on dit maintenant. Assez tôt il m'avait laissé carte blanche avec les petits 6èmes. Là, ça allait à peu près. Les plus grands, 4ème, 3ème, c'était plus délicat. Et dans les quelques cours que j'avais assumés seul, les ados affichaient un désintérêt total pour ce que je pouvais leur raconter du franzözisch. Mais un jour, miracle, je me retrouve seul devant eux, et je prends la décision de faire un saut de côté : je me mets guitare à la main à leur parler de...la chanson française (où l'on retrouve le sujet de ce blog!). Les troubadours, les chansons d'amour, de lutte, les grands interprètes...Et soudain, miracle ! Silence ! On aurait entendu une mouche voler. J'avais enfin capté leur attention, et nous faisions du français !

 

Arrive Herr Schulze. Et moi tout fier de continuer sur ma lancée. Il m'interrompt, en français :

  • Mais que faites vous? Vous êtes fou ? Ce n'est pas le programme !

  • C'est vrai, mais regardez, ils sont passionnés par ce que je leur raconte, et on parle de la France, on fait du français !

  • Vous allez arrêter ça tout de suite et reprendre le programme.

J'ai réfléchi 2 secondes.

  • Je regrette, j'ai commencé, je ne peux pas m'arrêter comme ça.

  • Si vous continuez, je vous mets un blâme.

J'ai continué. Il est sorti très en colère. Les élèves n'avaient sans doute pas saisi le détail de la conversation. Mais quelques sourires montraient qu'ils n'étaient pas dupes. J'ai eu mon blâme qui n'a pas porté à conséquence. Mais cet incident a semé une petite graine. Elle a fleuri un an ou deux plus tard. Et sur les pétales de la fleur j'ai pu lire ce message : « si tu t'engages plus loin, Gérard, il faudra suivre le programme ». Et j'ai fini par ne plus suivre le programme du tout : peu après j'ai obliqué net vers la chanson. Et je m'en réjouis à chaque rentrée.

 Pourtant, enseignant, prof, quel plus beau métier? (à part chanteur..) A condition qu'on vous donne les conditions pour l'exercer avec passion et amour.

 

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Published by Gérard DELAHAYE - dans humeur !
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