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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 21:30

Je ne sais pas s'il existe un mot du genre : "odiosité", elle est à l'oeuvre ici...Il poussait le bouchon loin, le bougre ! Merci à Paul Jorion, chez qui j'ai repiqué l'extrait : "Que la bête meure"

 

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Published by Gérard DELAHAYE - dans Hors sujet !
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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 16:00

  Je commence par la musique du générique de fin, une reprise de Radiohead , « Creep » interprétée par un choeur de filles : Scala.

 

 

 

Le plus étonnant, dès le début, l'image à peine entrevue d'un enfant de choeur au visage de faune, l'église comme une forêt...

 

Bien sûr, il y a eu des films sur la Bretagne, sur l'Ile de Sein, il y a eu le déplorable et muséeux « Cheval d'orgueil », de Chabrol, (petit rajout deux jours plus tard: Claude Chabrol vient de disparaître ! Je précise qu'à part ce film précis, ses films m'ont plutôt amusé voire pour certains, bouleversé - Que la bête meure notamment.  Tiens, ça se passait aussi en Bretagne...)il y a eu « Western », de Manuel Poirier. Il y en a eu des tas de films qui se servent des paysages bretons, et posent dans ce décor n'importe quelle histoire. C'est bon pour le tourisme.


 Mais jamais encore je n'y ai vu des personnages, des lieux avec cette grâce, ce mystère lumineux que Katell Quillivéré insuffle dans les images de « Poison violent ». Peut être aussi parce que ces paysages sont intimement liés à des questionnements mystiques et charnels. Pour la première fois, j'ai vu dans un film de fiction moderne (je précise fiction, parce que les docs d'Alain Gallet trouvent par instants cette lumière magique) une poésie, des paysages, une lumière de Bretagne, et des personnages qui font vraiment corps avec ce décor. J'ai ressenti la grâce, telle qu'elle vibre dans les nouvelles de Dylan Thomas. Mais une grâce pleine de sensualité.

  Un poison violent 300

Je suis allé voir "Poison violent" un peu par curiosité, un peu aussi par solidarité bretonne, peut-être. Et dans les premières minutes, je me suis dit « zut...Un film français ». De ces histoires de couples qui tournent mal. Mais non. C'est un film breton, poétique, léger et puissant à la fois. Et peu à peu, j'ai été touché au-delà de ce que j'imaginais. Je ne suis pas un grand cinéphile, mais j'attendais depuis longtemps un film qui fasse ainsi vibrer la Bretagne, féminine, sensuelle, mystique, déchirée, dans la beauté de la mer et de la campagne, et la laideur si banale parfois de ses rues grises.

 

Question : A quelle époque se passe cette histoire? Aujourd'hui peut être? Indices détectés : téléphone portable qui fait des photos, Volvo 240 break. Mais on s'en moque au fond. C'est hier ou aujourd'hui, très proche de nous. Seule objection : y a t-il donc aujourd'hui encore des familles où la religion, ou plutôt la foi, est un tel sujet de préoccupation? Ça, j'y crois à peine. Mais je m'en fiche itou. Tous les personnages sont violemment travaillés par le désir et la religion. C'est avant tout une chronique d'adolescence, jouée par deux jeunes comédiens avec légèreté et naturel. Clara Augarde est ardente et magnifique dans le rôle principal. Lio est sombre et triste comme jamais, à l'opposé de ce profil de donzelle superficielle qu'on lui connaît. Et tout ce monde se demande comment vivre le grand écart entre « l'esprit et la chair » comme le dit le sermon de l'évêque dans l'église Saint Louis de Brest, (église que j'ai redécouverte, magnifiquement filmée, alors que je la trouvais jusqu'à présent parfaitement moche).

 

Merci à Katell Quillivéré pour la subtilité de sa caméra à effleurer les passions profondes.

 

 

 

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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 13:51
Voilà un coup de coeur fort inattendu. Parfois on se trouve dans un état de réceptivité inhabituel. J'ai craqué pour cette chanson / poème, qui est pourtant depuis longtemps sur mes playlists, mais jamais révélée, comme une photo plongée dans le bain adéquat. 

Faites comme moi, fermez les yeux, laissez vous porter par ce simple et beau crescendo musical, et la voix ardente qui déroule son poème érotique et mélancolique : tout ce qu'il va perdre, bientôt. Beauté pure et étonnante. 

 

 

 

 

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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 12:56

Leverkusen était à l'époque (40 ans plus tard, on peut bien dire « à l'époque) une charmante ville industrielle du Sud de la Ruhr, tout près de Köln (Cologne). Leverkusen, perdue la moitié de l'année dans un semi brouillard jaunâtre et tenace, au parfum légèrement nauséabond. J'y faisais mon année d'assistant : j'enseignais le français à des élèves de collège. Ce n'était pas la grande passion, mais il fallait bien suivre les étapes de la formation de germaniste, avant de terminer la maîtrise.

J'ai mis deux mois et des centaines de bornes avant de comprendre qu'il y avait un Ring, un périphérique, tout autour de Cologne. Je m'y perdais les samedis soirs avec mon "Ami 6" bleue dans les labyrinthes d'autoroutes où je roulais pour rouler dans la lumière jaune des lampadaires au sodium. Heureusement, j'avais ma guitare, la musique, les chansons.

Avec quelques autres assistants, on trompait le gris des dimanches en organisant des week ends éclairs en Hollande ou au Danemark (ça fait une trotte) . Et grâce à eux, j'ai redécouvert Nougaro, sur un double album enregistré en public. 

 

 

20 ans, grande solitude et moral bas. Côté enseignement, je m'ennuyais ferme. J'avais pour tuteur Herr Schulze, prof de français, un gros monsieur sévère et sérieux qui me coachait, comme on dit maintenant. Assez tôt il m'avait laissé carte blanche avec les petits 6èmes. Là, ça allait à peu près. Les plus grands, 4ème, 3ème, c'était plus délicat. Et dans les quelques cours que j'avais assumés seul, les ados affichaient un désintérêt total pour ce que je pouvais leur raconter du franzözisch. Mais un jour, miracle, je me retrouve seul devant eux, et je prends la décision de faire un saut de côté : je me mets guitare à la main à leur parler de...la chanson française (où l'on retrouve le sujet de ce blog!). Les troubadours, les chansons d'amour, de lutte, les grands interprètes...Et soudain, miracle ! Silence ! On aurait entendu une mouche voler. J'avais enfin capté leur attention, et nous faisions du français !

 

Arrive Herr Schulze. Et moi tout fier de continuer sur ma lancée. Il m'interrompt, en français :

  • Mais que faites vous? Vous êtes fou ? Ce n'est pas le programme !

  • C'est vrai, mais regardez, ils sont passionnés par ce que je leur raconte, et on parle de la France, on fait du français !

  • Vous allez arrêter ça tout de suite et reprendre le programme.

J'ai réfléchi 2 secondes.

  • Je regrette, j'ai commencé, je ne peux pas m'arrêter comme ça.

  • Si vous continuez, je vous mets un blâme.

J'ai continué. Il est sorti très en colère. Les élèves n'avaient sans doute pas saisi le détail de la conversation. Mais quelques sourires montraient qu'ils n'étaient pas dupes. J'ai eu mon blâme qui n'a pas porté à conséquence. Mais cet incident a semé une petite graine. Elle a fleuri un an ou deux plus tard. Et sur les pétales de la fleur j'ai pu lire ce message : « si tu t'engages plus loin, Gérard, il faudra suivre le programme ». Et j'ai fini par ne plus suivre le programme du tout : peu après j'ai obliqué net vers la chanson. Et je m'en réjouis à chaque rentrée.

 Pourtant, enseignant, prof, quel plus beau métier? (à part chanteur..) A condition qu'on vous donne les conditions pour l'exercer avec passion et amour.

 

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Published by Gérard DELAHAYE - dans humeur !
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27 août 2010 5 27 /08 /août /2010 07:13

Il y a de ces hasards merveilleux, des cadeaux qui passent, hop ! légers comme des plumes ou des graines de dents-de-lion (c'est l'autre nom du "pissenlit") et qu'il faut saisir au vol. Cette vidéo est née comme ça : après des travaux de peinture, un grand plastique léger qui sèche entre deux pommiers, et se met à flotter dans le vent. Je saisis ma petite caméra Zoom, on ne peut plus rustique, et je me dis : je vais faire un plan fixe de 3 minutes pour illustrer la chanson du vent.. Et voici que Raphaël déboule tel le zéphir, et se met à jouer, danser, cabrioler et pirouetter autour de la voile. C'est magique.  Merci l'univers ! (au passage, "Merci l'univers" c'est le nom de baptême de la compagnie d'Elie Guillou : jolie trouvaille !).

 


 

 

"Hop là c'est le vent!" se trouve sur l'album "HOP LA!", paru en 1998 chez Dylie Productions, distribution : Coop Breizh.

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Published by Gérard DELAHAYE - dans Une chanson
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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 07:00

 

 

 

Merci Rémy pour cette annonce, mais...c'est déjà passé !

 

Les spectacles à la maison se développent, et c'est un bonheur. Bien sûr, c'est bien de sortir de chez soi pour aller voir une pièce de théâtre, un beau spectacle ou un chouette concert dans une « vraie » salle. Lumières, décors, moyens techniques et financiers, tout y est, on est au milieu d'un public nombreux, et c'est une petite aventure en soi.

 

Mais sans doute y a t-il une insatisfaction de ce qui se passe dans ce genre de soirées, car il y a un vrai développement des spectacles à la maison, « Chant'appart », comme les ont baptisés à la Roche-sur-Yon ceux qui en ont fait un vrai festival structuré.

 

La formule est simple, et peut être appliquée même dans un petit espace : c'est incroyable la quantité de gens qu'on peut asseoir dans un salon ! A condition que le spectacle ou le concert lui même ne soit pas trop gourmand en espace scénique, on peut tourner entre 30 et 50 spectateurs, et l'exiguïté du lieu fait que, vu de la scène, ce public est un « vrai » public, et qu'on joue devant une salle comble. Ce n'est pas tous les jours ! Prévoir quand même un minimum de sono, un ou deux projecteurs, pour que ce soit « comme en vrai ».

 

Pou r l'artiste : une soirée (ou après midi) en plus, un public souvent nouveau, qui vient sur recommandation des amis, une écoute hors du commun, une vraie rencontre avec les gens avant ou après le spectacle (moi je préfère après, avant ça me perturbe !). Pour le spectateur : une proximité inhabituelle avec la scène, une découverte artistique, souvent, et aussi des rencontres humaines: de nouveaux voisins, proches d'un réseau qu'on ne connaît pas.

 

On demande un droit d'entrée : le travail artistique est un vrai travail (on ne le répétera jamais assez !). Souvent chacun apporte à boire, à manger, et à l'issue du concert, en même temps que ses impressions, on partage les nouvelles des amis ou du voisinage. Les veillées à l'ancienne, c'était bien, mais soyons honnêtes, ça pouvait tourner un peu en rond avec les mêmes participants pendant des années...Le spectacle à la maison est une renaissance, avec en plus un apport sensible et émotionnel, et de vraies rencontres : ouverture et enrichissement !

 

Sachez aussi que tout un chacun peut être employeur occasionnel pour une journée : une simple déclaration très simple auprès du GUSO (guichet unique spectacle occasionnel) et hop, le tour est joué, tout le monde est en règle.Les artistes connaissent : demandez leur conseil.

 

Moralité : faites des pestaks chez vous !

 

 



 

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Published by Gérard DELAHAYE - dans Le métier de chanteur
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16 août 2010 1 16 /08 /août /2010 07:07

La « Grande Braderie » à Rennes marque le début des soldes et des des festivités d'été. Cette année les commerçants, avec Ouest France et Hit FM ont organisé une grande soirée Place du Liberté. J'aime bien cette place depuis qu'elle a été rénovée, grand espace entouré de bâtisses modernes, Gaumont, Champs Libres, le 4bis (rénové en façade). Le jour elle est bien vide, mais la nuit ce vide devient de l'espace, des lumières bleues lui donnent une poésie urbaine et galactique ! Elle est idéale pour ce genre de concerts. Je suis allé en métro, comme tout le monde. On se marche dessus. Quand j'arrive, vers 21 h, la place est archi-pleine jusqu'en haut de Champs Libres. Donc, 30,000 pékins et pékines au bas mot...Ca tombe bien, ils attendaient 30.000 spectateurs : pas facile à compter. Mais alors pourquoi prévoir une sono pour 10.000 ? Bizarre. Du haut de la place, on devine qu'il se passe un truc en bas, il y a un écran géant à gauche de la scène, et parfois, on distingue des mots dans les chansons. Mais pour Calogero, ce n'est pas grave puisque tout le monde sauf moi connaît par cœur son tube « En apesanteur ». En rentrant, je vais regarder cette chanson puisque maintenant, on n'écoute plus les chansons, on les regarde.

 



Je suis scotché par le décor. Cette porte d'ascenseur de forme ovoïde avec des pétales d'où surgit le chanteur. Quelle image ! Ai-je l'esprit mal tourné?

 

Bien sûr, ce n'est pas de la chanson, mais je vous propose cette autre rencontre dans un ascenseur, vue par Yvon le Men. C'est un peu long, mais ça vaut le détour. Ce texte « Elle est belle » se trouve dans « Besoin de poème » (Le Seuil).

 

belle-bis-page-1.jpg

 

belle-page-2.jpgbelle page 3

 


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9 août 2010 1 09 /08 /août /2010 22:20

Des images de Moscou venues de YouTube. La musique est mélancolique. Derrière les masques, on devine que les yeux sourient parfois. Pas toujours. On sourit aussi quand les amoureux s'embrassent à travers leur masque. Puis on pleure presque d'avoir souri. Qu'est ce donc qui est triste? Une petite fin du monde? C'est juste un peu de fumée. Mais pourquoi tous ces visages inconnus sont-ils si émouvants? 

 

 

 

PS : Si quelqu'un peut me dire d'où vient cette musique...

Merci Pitijo, j'ai la réponse : "A DANCE ROUND THE MEMORY TREE" (Oren Lavie - BO de Narnia).

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8 août 2010 7 08 /08 /août /2010 09:21

Vive Fip, qui nous fait découvrir des pépites  ! Entendu ce matin, et vite retrouvé. Même si ce n'est pas le titre sur lequel j'ai craqué, voici une vidéo d'Aster Aweke, chanteuse Ethiopienne qui vit aux Etats Unis. Une merveille ! Au passage, c'est encore du pentatonique !

 

 

 

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2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 07:12

Deux vidéos extraites du film "Ravi Shankar  - l'extraordinaire leçon". (Film de Frédéric Leclair). Dans la première, sans paroles, j'aime le rapport entre le père et sa fille Anoushka. Pendant le concert, sur un signe,  elle prend le relais, et continue le thème à sa place.  Puis on assiste à une leçon, sans un mot. Passage de témoin.

 

 

Savez vous que Ravi Shankar a commencé son parcours artistique non pas comme musicien, mais comme danseur? Il a commencé à étudier sérieusement la musique après une rencontre avec Ustad Allauddin Khan. Ce joueur de sitar avait détecté son talent mais lui reprochait de se disperser. Ravi  ne s'est produit en scène qu'en 1956, après une initiation longue et difficile auprès de son maître (guru). 

 

On l'apprend, entre autres choses  dans un magnifique documentaire, diffusé sur Arte il y a quelques mois et qui relate un concert–conférence donné à Paris à la salle Pleyel. Ravi Shankar y parle de la musique indienne. Parmi ses accompagnateurs, sa fille Anoushka. Elle est très belle. Mais le plus beau, ce sont les regards qu'ils échangent, leur présence l'un à l'autre. Une merveille.

 

" Les gens veulent avoir les choses très vite. Mais si on obtient très vite ce qu'on veut, on perd forcément quelque chose en échange. La lenteur dans l'acquisition (du savoir) apporte une maturation, une profondeur que l'on n'acquiert pas autrement ». Ce n'est pas la philosophie qui prévaut actuellement.

 

Il parle aussi de l'origine religieuse, spirituelle, de la musique. Cet extrait est en allemand (Arte). (Moi ça me fait réviser mes vieux lambeaux  de germaniste déchu!).  Si vous trouvez l'équivalent en français, je serai ravi de modifier.

 

 

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