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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 15:46

 

Quelques records, pour commencer :


Record 1 : j'ai mis presque 15 ans à terminer « l'Oiseau Blues » (album "Guillou pour les intimes". Record 2: « Arrêter les nuages» (idem) m'a pris 3 ou 4 minutes, le temps d'écrire les paroles sur une feuille.

 

Voici donc une chanson bénie des dieux de la chanson, et qui fait partie du groupe 2, le groupe rapide : comme j'approchais de la fin de l'enregistrement de l'album, je sentais qu'il me manquait une dimension un peu plus rauque, un peu plus rugueuse, pour que l'ensemble soit équilibré. Un livre sur les pirates traînait sur la table du salon : « Pirates, boucaniers, flibustiers » de Gilles Lapouge (Editions du Chêne). Il est richement illustré de scènes violentes, aux couleurs vives. Je l'avais placé là pour les petits enfants, qui sont friands d'images fortes, de sabres, de batailles, de navires...Je me suis mis à le feuilleter.


 

 

 


Le refrain est apparu dans ma tête dans les jours suivants. Je me suis dit : « Gérard, tu es sur la bonne piste! ». deux ou trois jours plus tard, je me suis allongé pour les 20 minutes réglementaires de sieste sur le canapé de mon studio. Au réveil, j'ai gribouillé à toute vitesse toutes les paroles, et dans les deux heures qui ont suivi, j'avais enregistré le brouillon de ce qui est sur l'album...en plus soigné. Je verrais bien Tom Waits la chanter. Je rêve d'avoir sa voix éraillée et rouillée par les marées et les clopes, mais moi j'ai arrêté : la fumée me faisait tousser et m'empêchait de chanter. Tout faux, Gérard...

 

Le pirate rigolo (quoique...) est joué par Vincent Burlot, mon compère en scène depuis quelques années au tuba, accordéon, saxos, et vitalité!

 

FLYVoilaLesPirates.jpg

Et en prime, l'image créée par Siobhan Gately pour cette chanson, qui devait initialement donner son titre au spectacle et à l'album

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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 20:52

 

Après s'être intitulé "Voilà les pirates!", l'album a trouvé un nouveau nom de baptême : "1000 chansons, de voyage, d'amour, d'aventures, de pirates, de...".Il sortira fin septembre début octobre.

 

 

 

Voici un extrait du premier titre : « Dans la nuit de la forêt » : partons dans le mystère et la pénombre brumeuse des grands arbres et des légendes. Je lisais les contes d'Andersen, et je baignais dans cette ambiance magique, brouillard fantastique, propice au rêve : la chanson est venue d'un jet. Ça arrive parfois !

 

Chevalier, princesse, chasse, mort, fantôme...Ca fait rêver, mais c'est aussi un brin inquiétant pour entrer en matière.

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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 21:01

 

Religion : je ne suis pas pratiquant, même pas croyant, mécréant, donc, sans doute. De ce qui me vient spontanément, rêves, poèmes, images, j'aurais tendance à croire que je suis panthéiste, à la manière des Celtes...? Mais c'est ridicule. Autant oser dire que je suis athée, à regret, d'ailleurs.

 

Petite introduction pour dire mon étonnement quand on m'a demandé une chanson pour l'Action Catholique Ouvrière, syndicat qui allait fêter ses 60 ans en mai 2010. (On me fait remarquer gentiment que ce n'est pas un syndicat, mais un mouvement). J'ai dit oui. Si j'avais su à quoi je m'exposais, je n'aurais peut être pas accepté.


Mais j'ai dit oui : j'en avais gros sur la patate, avec « la crise », les banques, les usines qui ferment, les emplois qu'on supprime à pleines bennes d'un claquement de doigts, la bourse qui chute et remonte un peu plus tard comme si de rien n'était, et les emplois précaires qui fleurissent dans ce brouillard économique. Pour qui on nous prend? Des pions, qu'on change de case au hasard des conjonctures, jeu de quilles qui tombent dans des éclats de rire...Cynisme et cupidité jusqu'à la mort par asphyxie. J'étais très en colère ! Mais que peut le chanteur?

 

 

 

Si Jean Paul Corriette, voisin Jacquolandin et militant de ce syndicat, (non, Gérard ! mou-ve-ment !) m'a demandé une chanson, c'est sans doute qu'il a décelé en moi les traces d'une tradition, d'une culture «catho»que j'assume de façon passive : élevé par les frères et les militaires, ce n'est pas un hasard si je hais la calotte et l'uniforme. Mais « ce qui compte, ce n'est pas ce qu'on a fait de nous, mais ce qu'on fait de ce qu'on a fait de nous » (citer Jean Sol Partre, ça fait chic !) . Et j'essaie d'assumer et de recycler à ma façon cet héritage et les valeurs qu'on m'a inculquées, de gré ou de force.

J'ai donc écrit et composé cette chanson, avec un peu de difficulté, mais pas tant que ça, si j'y réfléchis bien, ça aurait pu être bien pire. Vivent les commandes ! qui nous poussent à aller chercher là où on n'aurait pas idée d'aller, où l'on n'oserait pas s'aventurer, par pudeur, par peur de ne pas être à la hauteur, ou de ne pas avoir le bon profil. Mais essayer d'être « utile », comme disait Julien Clerc, ou plutôt Etienne Roda Gil.

J'avais en tête ces chants italiens (Bella ciao, Avanti popolo...) qu'on chante à plein chœur et à pleine voix, avec fougue et enthousiasme. Des chants qui rassemblent, dynamiques, mais pas guerriers. Des chants de fête, chants de lutte, où chanter est déjà un acte militant, parce que c'est déjà un mouvement. Ce qui donne : « Tu es un homme ».

Et au passage, j'ai rencontré des gens forts et généreux, engagés au quotidien, et qui m'ont bluffé.

 

L'album des 60 ans de l'ACO vient de paraître, bientôt disponible sur leur site : www.acofrance.fr

 

ACO-CD-visuel-.jpg

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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 13:47

Je ne résiste pas (paresse !) à mettre en ligne ce joli article (non signé) rédigé par un journaliste d'Ouest France Quimper,annonçant un récent spectacle du célèbre Trio.

 

OF-avril-2010-tres-bon-.jpg

 

Et comme ce n'est pas facile à lire, je vous le retraduis ici :

 

 

 

EDF : LE COURANT REPASSE, A HOT TENSION !


Trois vieux rebelles à la loi du marché, des copains antédiluviens, venus de la lointaine Beat Génération, guitares au vent et cheveux en bandoulière : le Trio EDF, comme le E de Patrik Ewen, le D de Gérard Delahaye et le F de Melaine Favennec. Hé bien, les voilà qui reviennent. Non? Si ! Et pas qu'un peu ! Leur spectacle? Un mélange musique folk et trad, une pincée de rock n' roll, une bonne dose d'humour et la magie du conte pareil à une veillée de Noël en plein mois de juillet. Chant, violons, banjo, harmonica, guitares, breton, anglais, français, compositions, mélodies trad...Une soirée entre copains, mais qui auraient du talent, si vous voyez ce qu'on veut dire. Ils ont quand même fait l'Olympia ! Mais eux, ça ne les dérange pas de chanter « sous l'hangar » !


Ouest France, avril 2010


Que dire de plus? Date phare : nous serons à La Rochelle au Francofolies le 13 juillet. Everybody welcome !



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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 22:12

Je ne savais pas que je l'aimais, ai-je dit à Jean Théfaine.  C'est vrai, je l'avais oublié.  Faut dire qu'il avait fait ce qu'il fallait pour qu'on l'oublie. En regardant le portrait sur France 3, j'ai retrouvé des émotions, renforcées encore par les années et le recul. 


C'était un grand homme avec un grand cœur, une belle voix et un vrai poète.

Dans la tradition d'une chanson française littéraire et subtile.


Mais on oublie souvent son art de la mélodie, qui a fait de lui un vrai chanteur populaire, car l'un ne va pas sans l'autre. Ici je vous propose: "Ma Môme", une chanson que j'affectionne : je l'ai chantée à la fin des années 60. Mélodie pure, mots et images précis et simples, c'est un petit chef d'oeuvre. 




Ses mélodies donnent sens et couleur, et font s'envoler les textes. « Aimer à perdre la raison » devient soudain une chanson parce d'une strophe il fait un refrain, et la ligne mélodique ascendante fait fleurir le texte qui devient bien plus lyrique et enthousiasmant.


Il avait une façon très pointue de mettre le texte, le sens en avant, sans sacrifier la mélodie, avec des césures très précises entre les voyelles : « Je déclare / avec Aragon » plutôt que « Je déclaravec Aragon » «  L'image d'Eve / et de la pomme », plutôt que «L'image d'Evet de la pomme », comme diraient la plupart. Il chantait un sens, et le sens était poème, parce qu'il était chanté, rimé, sensible.


Moi qui suis pourtant, et pour des raisons opposées, fan du beau (?) Serge, je dirais que Ferrat était l'anti Gainsbourg. Ils ont couvert la même époque avec des attitudes totalement contraires. L'un semblait jouer sans cesse dans l'espace du couple et de la séduction, jouer avec les mots, les sentiments, les idées, jusqu'à laisser voir la fêlure profonde au détour d'une image. Il chantait pour passer le temps du désespoir...L'autre était au milieu du monde social, qui n'est jamais bien loin, et même dans l'amour, le monde entier vibre et lutte jusque dans l'intime pour vivre et combattre ensemble.

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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 17:28
Le fils du chanteur fait tranquillement son chemin. Juste quelques lignes, pour  vous renvoyer vers un site qui parle de lui, en termes élogieux, sinon je me garderais bien d'en parler !
C'est ici : http://www.macdan.org/spip.php?article2457

Il y a un joli texte, de belles photos, des commentaires sur ses chansons, son jeu de guitare...etc.
On y croit ! ouaip !


Je m'empresse d'ajouter
Pour le bon équilibre
Que le fils du chanteur
A aussi... une maman !
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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 08:05



(Trac - synonymes :angoisse, crainte, frayeur, inquiétude...)


Autour de la première de « Voilà les Pirates! » à Pôle Sud, Chartres de Bretagne

 

Un nouveau spectacle, c'est un cadeau qu'on fait au public, mais qu'on se fait aussi à soi même. On déballe le papier cadeau en même temps que le public. Mais il arrive parfois, qu'une première soit une torture. On est tellement fixé sur toute une liste de détails à observer, que l'on n'y prend pas de plaisir . Voici juste une image du décor pour situer l'action !

 

scene1.jpg

Tout le monde connaît la célèbre pique de Sacha Guitry adressée à une jeune comédienne qui lui déclare : « Moi je ne connais pas le trac ». Il lui répond : « Vous verrez...quand vous aurez du talent...». (Ajout suite à un commentaire: cette phrase serait plutôt de Sarah Bernhard)


Moi, j'en connais deux formes. Le trac courant, le petit pincement que je ressens juste avant d'entrer en scène. Celui là est constructif. Je l'aime bien et même je le recherche, en allant en coulisses écouter la rumeur du public qui monte peu à peu. Pendant ce temps là, je me fais la voix avec des « ooH » et des « aaH ». Il m'aide à me concentrer.


Le second, en revanche est destructeur. C'est de la panique. Il assèche la gorge, fait battre le cœur beaucoup trop fort, casse le flux d'air, rend la voix chevrotante et les doigts tremblants sur la guitare. Il brouille la lucidité, fait perdre la mémoire...Je ne l'ai plus connu depuis très longtemps. A mes débuts, c'était fréquent : je vivais presque chaque concert comme un défi vital. Mais j'ai deux souvenirs éprouvants : 


Trac à Cannes, (Trakakann) au Palm Beach Hôtel, s'il vous plaît, il y a bientôt ...trente ans ! Dans un concours (dans le mot « concours » il y a cours...) baptisé « l'Hexagone Vert », où je représentais la Bretagne, et où je me sentais autant à ma place qu'un poussin dans un bayou plein de crocodiles. J'ai pas été très bon, of course.


Trac quand j'ai chanté avec l'orchestre de Brocéliande, aux Tombées de la Nuit, à Rennes, en 1989. Ivan Cassar avait habillé mes chansons d'arrangements talentueux mais kolossaux, des habits trop grands pour moi, et on n'avait pas vraiment eu le temps de répéter : un orchestre de 60 musiciens, ça coûte cher le service de 3 heures ! Petite catastrophe sans lendemain. J'ai compris à cette occasion que travailler avec une grande formation musicale nécessitait une harmonie et une finesse dans d'autres domaines que la musique.


Ces fois là et aussi les autres fois, il me semble que ce trac paralysant venait de mon impréparation, technique ou psychologique. Technique : quand on est vraiment prêt, qu'on connaît son sujet, tout roule. Psychologique : c'est plus délicat ! Le changement d'échelle ne se manage pas si simplement. On ne débarque pas au Stade de France en sortant de la Maison de Quartier. 

 

En revanche, à L'Olympia il y a deux ans, avec le Trio Ewen, Delahaye, Favennec pas une once de trac, juste ce qu'il faut pour avoir la bonne énergie.


Voilà, j'étais parti pour vous parler de ma première de «Voilà les Pirates» et je vous ai parlé du trac, que je n'ai pas ressenti lors de cette première, en tous cas le méchant, celui qui tue : tout le monde était prêt, et moi aussi ! La suite dans quelques jours, donc. 

 


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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 12:20
C'est vrai !!! Je n'écris plus beaucoup ici de puis quelques temps. Ca reviendra, mais pas le temps pour le moment (ou pas la tête à ça !).

Et, en plus, aujourd'hui je vais faire le fainéant, car je vais juste passer la parole à Siobhan, la plasticienne qui travaille avec moi au projet "Voilà les pirates" (création mondiale mercredi prochain !)
Allez voir son blog

Et bye ! Kenavo, à bientôt !
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Published by Gérard DELAHAYE - dans concerts
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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 08:38

Ou comment une voix peut vous transporter...


Je l'ai rencontrée au Centre Paul Bert des Longchamps à Rennes, à l'occasion d'une soirée de soutien pour Haïti. Elle chantait des chansons de Pierre Perret, et a aussi chanté « l'Age d'Or » de Léo Ferré. Une merveille de chanson. Elle l'a chantée a capella, en modulant d'un demi ton à chaque couplet, l'accodéon se joint à sa voix dans le dernier couplet. Le public s'est levé d'un bloc pour l'applaudir. C'était mérité : cette voix vous emporte, chaude, vibrante, passionnée.


Je ne sais pas grand chose d'elle : elle est venue du Chili il y a longtemps, fuyant Pinochet, et en plus de concerts sous son propre nom, elle participe à un récital de chansons de Pierre Perret au sein de la Compagnie Patrick Cosnet. (Au passage, ce "coup de casquette à Pierre Perret" est formidable !).  On peut écouter des extraits du répertoire de Gabriela sur son Myspace :


Voici juste une petite vidéo pour vous donner envie d'aller l'écouter.

 



Quelques liens pour mieux la connaître :

Son site ou son blog:


Au passage, je voudrais donner un ultime coup de chapeau à Jean Pierre Depays, décédé brutalement début février. Il travaillait depuis longtemps au Cercle Paul Bert, et faisait un travail de terrain plein de coeur dans le quartier des Lonchamps. Des gens comme lui font vivre et tenir le tissu social, le plus souvent dans l'anonymat et pour une reconnaissance très limitée. Grâce à lui j'ai rencontré, entre autres, la voix de Gabriela, mais aussi des gens  très  chaleureux qu'il avait réunis autour de lui et de son travail ! Merci Jean Pierre, et bon voyage...




 

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Published by Gérard DELAHAYE - dans coup de coeur
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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 17:01
Oui, quelques images, quand même ! Je veux centrer ce spectacle sur "La chanson", moyen d'expression autonome, différent du théâtre, de l'opéra (on le savait, hein !), des marionnettes, etc... Mais paradoxalement, j'ai senti le besoin d'un environnement visuel riche, peut être pour compenser le côté un peu aride (pour des enfants) que peut avoir un récital.

Une vue générale du décor, qui d'ailleurs n'est pas définitif, encore en chantier.

vue générale décor
C'est ridicule, si j'y pense bien, vu que depuis des années, je pratique le concert solo pour les enfants avec une guitare et trois bouts de ficelle, et ça a l'air de leur plaire. Mais bon...disons que j'ai eu un coup de coeur pour l'univers de Siobhan Gately, et j'ai eu envie de me retrouver dans ce monde joyeux et coloré. Voici son livre de pirates :

    livre pirates

Puis le Gérard en pleine action, dans la scène grandiose des pirates :

voila les pirates

J'espère que ça va vous mettre l'eau à la bouche ! Attention, il n'y aura pas que des chansons de pirates, loin de là  ! Création mondiale les 17 et 18 mars au Centre Culturel Pôle Sud, à Chartres de Bretagne.



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