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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 08:05



(Trac - synonymes :angoisse, crainte, frayeur, inquiétude...)


Autour de la première de « Voilà les Pirates! » à Pôle Sud, Chartres de Bretagne

 

Un nouveau spectacle, c'est un cadeau qu'on fait au public, mais qu'on se fait aussi à soi même. On déballe le papier cadeau en même temps que le public. Mais il arrive parfois, qu'une première soit une torture. On est tellement fixé sur toute une liste de détails à observer, que l'on n'y prend pas de plaisir . Voici juste une image du décor pour situer l'action !

 

scene1.jpg

Tout le monde connaît la célèbre pique de Sacha Guitry adressée à une jeune comédienne qui lui déclare : « Moi je ne connais pas le trac ». Il lui répond : « Vous verrez...quand vous aurez du talent...». (Ajout suite à un commentaire: cette phrase serait plutôt de Sarah Bernhard)


Moi, j'en connais deux formes. Le trac courant, le petit pincement que je ressens juste avant d'entrer en scène. Celui là est constructif. Je l'aime bien et même je le recherche, en allant en coulisses écouter la rumeur du public qui monte peu à peu. Pendant ce temps là, je me fais la voix avec des « ooH » et des « aaH ». Il m'aide à me concentrer.


Le second, en revanche est destructeur. C'est de la panique. Il assèche la gorge, fait battre le cœur beaucoup trop fort, casse le flux d'air, rend la voix chevrotante et les doigts tremblants sur la guitare. Il brouille la lucidité, fait perdre la mémoire...Je ne l'ai plus connu depuis très longtemps. A mes débuts, c'était fréquent : je vivais presque chaque concert comme un défi vital. Mais j'ai deux souvenirs éprouvants : 


Trac à Cannes, (Trakakann) au Palm Beach Hôtel, s'il vous plaît, il y a bientôt ...trente ans ! Dans un concours (dans le mot « concours » il y a cours...) baptisé « l'Hexagone Vert », où je représentais la Bretagne, et où je me sentais autant à ma place qu'un poussin dans un bayou plein de crocodiles. J'ai pas été très bon, of course.


Trac quand j'ai chanté avec l'orchestre de Brocéliande, aux Tombées de la Nuit, à Rennes, en 1989. Ivan Cassar avait habillé mes chansons d'arrangements talentueux mais kolossaux, des habits trop grands pour moi, et on n'avait pas vraiment eu le temps de répéter : un orchestre de 60 musiciens, ça coûte cher le service de 3 heures ! Petite catastrophe sans lendemain. J'ai compris à cette occasion que travailler avec une grande formation musicale nécessitait une harmonie et une finesse dans d'autres domaines que la musique.


Ces fois là et aussi les autres fois, il me semble que ce trac paralysant venait de mon impréparation, technique ou psychologique. Technique : quand on est vraiment prêt, qu'on connaît son sujet, tout roule. Psychologique : c'est plus délicat ! Le changement d'échelle ne se manage pas si simplement. On ne débarque pas au Stade de France en sortant de la Maison de Quartier. 

 

En revanche, à L'Olympia il y a deux ans, avec le Trio Ewen, Delahaye, Favennec pas une once de trac, juste ce qu'il faut pour avoir la bonne énergie.


Voilà, j'étais parti pour vous parler de ma première de «Voilà les Pirates» et je vous ai parlé du trac, que je n'ai pas ressenti lors de cette première, en tous cas le méchant, celui qui tue : tout le monde était prêt, et moi aussi ! La suite dans quelques jours, donc. 

 


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Published by Gérard DELAHAYE - dans Le métier de chanteur
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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 12:20
C'est vrai !!! Je n'écris plus beaucoup ici de puis quelques temps. Ca reviendra, mais pas le temps pour le moment (ou pas la tête à ça !).

Et, en plus, aujourd'hui je vais faire le fainéant, car je vais juste passer la parole à Siobhan, la plasticienne qui travaille avec moi au projet "Voilà les pirates" (création mondiale mercredi prochain !)
Allez voir son blog

Et bye ! Kenavo, à bientôt !
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Published by Gérard DELAHAYE - dans concerts
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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 08:38

Ou comment une voix peut vous transporter...


Je l'ai rencontrée au Centre Paul Bert des Longchamps à Rennes, à l'occasion d'une soirée de soutien pour Haïti. Elle chantait des chansons de Pierre Perret, et a aussi chanté « l'Age d'Or » de Léo Ferré. Une merveille de chanson. Elle l'a chantée a capella, en modulant d'un demi ton à chaque couplet, l'accodéon se joint à sa voix dans le dernier couplet. Le public s'est levé d'un bloc pour l'applaudir. C'était mérité : cette voix vous emporte, chaude, vibrante, passionnée.


Je ne sais pas grand chose d'elle : elle est venue du Chili il y a longtemps, fuyant Pinochet, et en plus de concerts sous son propre nom, elle participe à un récital de chansons de Pierre Perret au sein de la Compagnie Patrick Cosnet. (Au passage, ce "coup de casquette à Pierre Perret" est formidable !).  On peut écouter des extraits du répertoire de Gabriela sur son Myspace :


Voici juste une petite vidéo pour vous donner envie d'aller l'écouter.

 



Quelques liens pour mieux la connaître :

Son site ou son blog:


Au passage, je voudrais donner un ultime coup de chapeau à Jean Pierre Depays, décédé brutalement début février. Il travaillait depuis longtemps au Cercle Paul Bert, et faisait un travail de terrain plein de coeur dans le quartier des Lonchamps. Des gens comme lui font vivre et tenir le tissu social, le plus souvent dans l'anonymat et pour une reconnaissance très limitée. Grâce à lui j'ai rencontré, entre autres, la voix de Gabriela, mais aussi des gens  très  chaleureux qu'il avait réunis autour de lui et de son travail ! Merci Jean Pierre, et bon voyage...




 

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Published by Gérard DELAHAYE - dans coup de coeur
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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 17:01
Oui, quelques images, quand même ! Je veux centrer ce spectacle sur "La chanson", moyen d'expression autonome, différent du théâtre, de l'opéra (on le savait, hein !), des marionnettes, etc... Mais paradoxalement, j'ai senti le besoin d'un environnement visuel riche, peut être pour compenser le côté un peu aride (pour des enfants) que peut avoir un récital.

Une vue générale du décor, qui d'ailleurs n'est pas définitif, encore en chantier.

vue générale décor
C'est ridicule, si j'y pense bien, vu que depuis des années, je pratique le concert solo pour les enfants avec une guitare et trois bouts de ficelle, et ça a l'air de leur plaire. Mais bon...disons que j'ai eu un coup de coeur pour l'univers de Siobhan Gately, et j'ai eu envie de me retrouver dans ce monde joyeux et coloré. Voici son livre de pirates :

    livre pirates

Puis le Gérard en pleine action, dans la scène grandiose des pirates :

voila les pirates

J'espère que ça va vous mettre l'eau à la bouche ! Attention, il n'y aura pas que des chansons de pirates, loin de là  ! Création mondiale les 17 et 18 mars au Centre Culturel Pôle Sud, à Chartres de Bretagne.



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Published by Gérard DELAHAYE - dans Le métier de chanteur
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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 22:38

Allez, un peu de technique ! Un spectacle est un mélange intime de technique et d'artistique. Toute création aussi, très probablement, et quelle que soit sa forme.

 

matos-repes.jpg


Toujours dans la construction du nouveau spectacle qui verra le jour les 17 et 18 mars, nous voici en répé au Théâtre Lillico, anciennement le Rallye, Rue d'Antrain à Rennes. Ouille ! Remise en route difficile hier, premier jour, après quasiment 5 mois d'interruption...Et toujours, ces fichus problèmes techniques qui nous pourrissent la vie ! Une vie de chanteur sur scène (surtout si ce chanteur s'appelle Gérard Delahaye !)  se passe à négocier avec le son de la salle, du système, des retours...Pour les non initiés, il faut savoir que le son que l'on reçoit en scène est le plus souvent très différent de celui qui est envoyé vers le public. Souvent le son qui est envoyé vers le public revient vers la scène fortement pollué par les réflexions diverses sur les murs, par les ondes arrière du système. Le son de scène est un donc mixage spécifique, pas nécessairement très esthétique, mais un outil de travail pratique. Moi, j'ai besoin de pas mal de niveau sonore pour chanter correctement. Sinon, je force, et ma voix se fatigue très vite.


Ceux qui ont lu le récit de la résidence à Chartres de Bretagne en septembre ont appris que j'ai fait un grand pas en utilisant enfin un micro HF (sans fil) , qui me permet de me déplacer sur scène plutôt que d'être collé derrière mon pied de micro. Ça s'était alors plutôt bien passé.


Mais cette fois, pas moyen de trouver un son de scène correct : « le micro HF, c'est le bordel », dixit un régisseur son. En effet, on ne peut pas envoyer un niveau sonore élevé dans les retours au sol : la punition est immédiate, Larsen, bouclage de son (le plus souvent aigu, mais pas toujours) qui tue les oreilles. Donc j'ahane toute la journée, jusqu'à ce qu'on décide de se procurer des « ear monitors ». Pour les non initiés : c'est un système HF là aussi (sans fil), qui permet d'entendre le son de scène à travers de petits écouteurs fixés dans les oreilles. Avantage : quasiment pas de risque de larsen, et un son réglable dans tous ses paramètres. Inconvénient : on est coupé du son réel et du public. Pour pallier ce défaut, on place un ou plusieurs micros qui renvoient à l'artiste l'ambiance de salle. Circuit complexe, mais oh ! combien béni quand il marche bien. Or, là ça marche d'enfer. Merci Dom, ange gardien !


Et je me suis retrouvé à chanter tranquillement au lieu de brailler comme un porc, cool ! Un peu trop cool peut être. Car le danger, c'est qu'on a tendance à chanter pour soi, au lieu de projeter l'énergie vers le public...Il n'y a pas de perfection ! Encore un apprentissage nouveau. Mais ...on progresse sur la voie du salut et sur le chemin des Pirates !


Ah, s'il n'y avait que l'Hââart, my dear...!

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Published by Gérard DELAHAYE - dans Le métier de chanteur
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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 23:12

Je l'appelle Jean Baptiste pour qu'on ne le reconnaisse pas. Il faut dire que Jean Baptiste est un costaud, un caïd, et quand je suis allé présenter le projet « Quelle drôle de Terre ! » devant sa classe, en novembre, il s'emmerdait ferme. Il regardait ostensiblement ailleurs, poussait de grands soupirs, genre « qu'est ce qu'on se fait chier... », et entrouvrait la bouche pour chantonner vaguement, parce sinon, il risquait de faire engueuler par la maîtresse.


Et puis le projet a suivi son cours : je suis venu répéter lundi avec les deux classes, et il se trouve que Jean Baptiste était un des plus costauds, des plus grands. C'est donc lui qui entrait le premier en scène, dans la file des grands, et lui aussi qui sortait le dernier, logique. Est ce ça qui l'a motivé?

 

 



Mercredi, le jour était venu de faire le spectacle, et je dois dire que Valérie, la maîtresse, qui est aussi chef de chœur, avait mis le paquet, et les 50 enfants chantaient à fond, mais juste, et juste fort comme il faut. Un vrai bonheur pour moi. Et aussi, je crois, un vrai bonheur pour le public. Et à la fin, à l'heure de autographes et des dédicaces, alors que tout le monde est parti dans la nuit et le froid, je vois Jean Baptiste avec ses sous à la main, les larmes aux yeux : « y a plus de disques »? « Si, cours vers Dom, là bas, c'est lui qui les a »...et il revient, bon dernier, faire signer en pleurant son CD.


« Mais...Pourquoi tu pleures, Jean Baptiste ? » et lui, en hoquetant de gros sanglots : « Pa-arce que...Parce que c'est fini... ». Et il est parti dans nuit, le costaud, avec un beau souvenir triste et heureux à la fois. Et moi pareil...


Merci à tous ceux qui ont fait que cette fin d'après midi puisse avoir lieu : Adeline, Stéphanie, Olivier, Fred, Valérie, Stevens et toute l'équipe!

 


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Published by Gérard DELAHAYE - dans concerts
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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 11:32
Ouahh...Ca file, les jours, les semaines, et je suis sur le bord de la route à regarder passer les voeux. Et moi, que je me dis, moi que je n'ai rien envoyé !!! Honte, honte !!! Comme je suis plutôt chanteur dans la vie, j'ai fait une chansonnette, genre de laridé pour enfants. Attention, il y a des infos importantes à l'intérieur !



Ceux qui ont tout compris lèvent le doigt...Non, il y a forcément un nom qui vous a échappé : il s'agit de Siobhan (prononcer  : Chevonne ! C'est du gaélique) Gately, dont je vous ai parlé il y a quelques mois.

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Published by Gérard DELAHAYE - dans Chansons inédites
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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 21:53

Puisque je viens de parler d'Age tendre et Tête de bois...Je me souviens parfaitement du premier 45 tours que j'ai acheté. J'avais entendu à la radio : « C'est à l'amour auquel je pense » Quizz : c'est qui ? On triche pas ! Réponse : Françoise Hardy ! Coup au plexus, au cœur, à l'entrejambe, coup de masse, désir inexprimé et même jusque là inexistant, sauf vague mélancolie boutonneuse. J'avais treize ou quatorze ans, et le son de la guitare électrique avait réveillé des créatures magiques endormies dans la boue. Je n'avais encore jamais acheté de disque. J'écoutais ceux de mes parents ou de ma soeur aînée. Deux jours d'hésitation. J'enfile la veste, les godasses, je prends le bus, cours chez le disquaire : Disco, Rue Jean Jaurès. Il l'avait ! Je reviens en courant, je le pose sur le Teppaz, et j'écoute Françoise. Je ronge mon trésor à petits coups de dents.


La voix de Françoise me caresse et me donne des frissons, un peu d'écho, la guitare un peu Shadows avec sa réverb, la basse primaire, mais justement : facile à situer. Et le pont, avec sa modul...Bref, une vraie réussite de petite chanson romantique pour ados. Et tant pis s'il y a une faute de français, ou du moins une maladresse stylistique... On ne fait pas la fine bouche quand l'émotion déborde.

 

 

 


J'essaie toujours de revenir à cet instant quand un titre déclenche un séisme chez les jeunes, et que je ne comprends pas : Raphaël, il y a quelques temps ou tel groupe d'ados qui me semblent tous pareils, mais non, Gérard ! Ils déclenchent les mêmes torrents de la même lave incandescente que pour toi ce jour là.


Il y a néanmoins une différence, peut-être : c'est l'immédiateté de l'accomplissement. « Le meilleur moment de l'amour, c'est quand on monte l'escalier » disait, paraît il, Clémenceau. C'est un peu pareil pour une chanson, un album. On l'entend à la radio, et il faut se donner un peu de peine pour retrouver sa trace, le titre, l'interprète...Souvent, mais pas toujours, le coup de foudre est bref, et on va se lasser. Mais il y aura eu cette quête, cette recherche, ce désir qui brûle, qui grandit avec l'obstacle. Et parfois l'émotion demeure, et se renouvelle à chaque écoute. Mystère d'une voix, d'une mélodie, d'un son de guitare...Grimper dans l'arbre pour cueillir le fruit, au risque de se casser la binette, comme je disais avant d'apprendre à dire des gros mots.


« Deezer » est presque l'inverse phonétique de « Désir ». Tout, tout de suite. Et je jette. Je compense par la quantité, je passe de l'un à l'autre. Je suis aussi un adepte du plus grand juke-box planétaire, mais souvent je regrette mes désirs perdus. Un truc de vieux, sans aucun doute ! Allez, je vous y envoie quand même pour l'écouter : « C'est à l'amour auquel je pense ». Vas-y Françoise ! Tout en douceur...Je revois mes 14 ans qui cachaient leur douceur sous les ongles rongés.

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Published by Gérard DELAHAYE - dans Une chanson
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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 23:23

age tendreJ'ai été invité, sinon, je serais pas allé, sûr. Mais bon, j'étais invité, par les ricochets du labyrinthe de Machin qui connaît Truc...Et j'ai failli oublier : on dit merci à la dame, et aussi à l'autre dame, et au monsieur qui nous a donné une bonne place ! Nous voici donc à l'entrée du Musik Hall. Autour de nous, pas un chat qu'aurait moins de 50 balais. Des papys et des mamies. Zut, on a le même âge ? Moi, je suis comme eux ? Ben oui, j'ai des petits enfants et ils m'appellent papy. Donc j'en suis un : La preuve ! Bon admettons.


Il est 20 heures, et ça doit commencer à 20h15. Pour passer le temps gentiment, un speaker nous vante la « Croisière des Idoles ». 990€ la première personne, gratuit la deuxième ! Incroyab' ! J'attends quand même de les voir les idoles,  avant de signer pour la croisière. Ça dure, le démarchage. Longtemps.


Puis le spectacle commence. Le son est plutôt correct, mais pas trop fort, ouf..! 8 ou 9 musiciens qui assurent. En entrée, Pierre Groscolas (c'est qui?) chante « Lady lady lay ». Ah, mais oui ! Et d'autres ensuite...Certains ennuient, d'autres passent la rampe. Isabelle Aubret, toute simple, et beaucoup d'émotion. Et une découverte pour moi (tardive !) Claude Dubois, un Québécois qui faisait partie de l'équipe qui a créé Starmania, une voix haute, et une énergie très touchante.


Sheila se défonce à faire sa Madonna. Elle chante en dansant comme une jeune avec des danseurs. Mais elle a pas une ride, dis donc ! Quel âge elle a, déjà ?  Mais t'as tout faux, Sheila, tout le monde s'en fout, c'est pas ça qu'on est venu chercher, c'est de la nostalgie. Et en plus on n'a même pas le droit à "Donne moi ta main et prends la mienne..." (L'école est finie)


J'avais vu à la télé, un documentaire sur cette tournée. Frank Alamo m'avait paru lourdement insistant (« c'était tellement mieux, hein, à cette époque là »...). Voilà que le pauvre a chopé une sale maladie dégénérescente, et ne peut plus être du spectacle. Mais il sera quand même à la table des dédicaces, pendant l'entracte. 


On ressort avant la fin en se disant qu'on en a vu assez, tant pis pour Richard Anthony et le train qui siffle,  on quitte le barnum. Et que si on voulait vraiment, on pourrait faire de ces soirées une merveille de chaleur humaine, de la vraie beauté. Mais sans doute que les 5000 "plus de 50 ans " de la séance repartent malgré tout avec un peu de chaud au cœur, et un pincement, souvenir de la jeunesse enfuie.


Je ne suis pas du tout un nostalgique. Je ne regrette pas un seul instant ma jeunesse. Juste parfois, un peu, le rire de mes enfants quand ils étaient petits. Mais pas les idoles. La vraie vie, c'est maintenant.

 

 


 

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Published by Gérard DELAHAYE - dans Au pestak !
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23 décembre 2009 3 23 /12 /décembre /2009 11:11

Petit cadeau de Noël ! Récit d'une rencontre émouvante à Beyrouth, il y a quelques années.

 

 

 

 

 

J’ai entendu parler de gens qui ne supportent pour leur thé que la porcelaine de Chine. « Tu sais, mon chou, la porcelaine fait naître un parfum incomparable ". Moi, je m’étais remis à la chasse à la bouilloire, une petite bouilloire en laiton, qu’on ne trouve que dans les souks et que je voulais rapporter à la maison. On peut la poser directement sur la flamme du gaz, on y fait bouillir de l’eau, on peut même s’en servir comme théière.

 

La bouilloire n’était qu’un prétexte, bien sûr. Ça faisait sérieux ! Mais en réalité, ça me plaisait d’errer sans but, pour le seul plaisir de marcher. J’allais donc dans le quartier de Hamra, sac au dos et nez au vent, dans le chahut de la ville orientale, fait de klaxons avant tout, langage complexe des « taxis-services » qui chassent le client à petits coups de pouet-pouet. Et Beyrouth c'est déjà le début de l'Orient mystérieux.

 

HamraTiens ! Une vitrine où trônent des robots ménagers, des torchons, des plats, des assiettes, des cloches à fromage, des couverts en inox, tout un bric-à-brac de ménage sous une enseigne qui annonce : « Happy Home » : beau programme ! J'entre, plein d'espoir. A l’intérieur, on circule difficilement entre le barbecue électrique, la machine à coudre, les poupées archikitsch dans leur carton fleuri, les cadres rutilants autour des ruines romaines de Baalbek. Et je me retrouve soudain dans le bazar de Kérinou, à Brest, chez monsieur Mevel, où l’on vendait du fil, des aiguilles, des Dinky Toys et des Majorettes, des louches et des couteaux, des cahiers d'écolier. Un couple finit ses achats, qu'un vieux monsieur presque chauve, tout courbé, fragile dans sa blouse grise, est en train d'empaqueter dans un papier cadeau. Je fais le tour des étagères : rien qui ressemble à ma bouilloire. Zut !

 

Je vais sortir, quand le vieux vendeur engage la conversation. Il a une voix toute douce.

- Qu'est ce que vous faites à Beyrouth? Touriste?

- Non, pas vraiment : je chante au lycée français, pour les enfants.

- Alors, vous jouez d'un instrument ? 

- Bien sûr, je joue de la guitare.

Son visage fripé s'illumine. Il file dans l'arrière boutique et en ramène une guitare à cordes nylon, toute amochée, couverte de plaies et de bosses.

- Une chanson douce?

Je ne comprends pas tout de suite. Il fredonne :

- Une chanson douce que me chantait ma maman... 

- Ah, mais oui, bien sûr...!

 

En souriant, il me tend la guitare, m'installe sur un tabouret, s'assied près de moi tout penché et je lui chante la chanson d'Henri Salvador. Les cordes sont beaucoup trop hautes, mais j'arrive à jouer quelque chose qui ressemble à l'arpège originel d'Henri le guitariste. Il murmure : « Salaam, salaam , c'est beau, c'est beau ! ». Il garde les yeux fermés. Il se balance. Il est au pays du bonheur, et je suis presque gêné de le voir si heureux, sans retenue. Les années cinquante, la jeunesse insouciante avant la guerre, ça doit défiler dans sa tête...

 

 

 

Et pendant plus d'une heure, nous échangeons des airs, au milieu des assiettes, des moulins à légumes, des râpes à fromage et des cocottes minute. Je lui chante « Bambino » et « La mer » de Trenet. Et lui, de ses doigts hésitants, il me joue « La Paloma » et des flamencos un peu boiteux. Ses mains tremblent, il a le regard en dedans. Coup de chance, il n'entre pas de nouveau client dans le « Happy Home ». Nous sommes tous deux au pays de la musique, le pays où il n'y a pas besoin de passeport. Au moment de partir, je veux lui acheter une petite théière émaillée de bleu : ce n'est pas du tout ce que je cherchais, mais ce sera le témoin, le souvenir de ce moment magique. Il refuse net mon argent :

 

- Mais non, mais non ! Vous avez donné quelque chose, merci, merci !

Et comme il voit que je m'apprête à partir, vite ! il trottine derrière le comptoir. Il en sort encore une autre guitare, plus petite, plus facile à jouer, mais un peu fausse. Je joue encore, il est heureux.

- Salaam, salaam !

Je reviens à mon hôtel en taxi-service comme sur un tapis volant.

 

théière bleue

Aujourd'hui, la théière bleue est dans la cuisine, devant la fenêtre. J'y préparais des tisanes. Mais il fallait se méfier : elle brûlait les doigts. Ma nièce m'a fait remarquer que le fond était tout rouillé, elle voulait la mettre à la poubelle. Hé ! Ça va pas la tête ? Y a un génie dans la théière ! J'y mettrai des fleurs !

 

Une chanson douce que me chantait ma maman...

 

 

 

 

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Published by Gérard DELAHAYE - dans Une chanson
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