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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 09:02

 (y a t-il des accents aigus à Sansévérino?)

 

Ouiaiais !!! Un musicien qui chante, ou un chanteur qui musique, comme vous voulez ! J'aime bien quand on ne peut plus faire la différence. Notre ami ( je dis « notre ami », car c'est forcément un pote avec ce qu'il raconte, on va pas le vouvoyer, et lui donner du Monsieur, on va boire une bière avec lui au comptoir en jouant au PMU ! ) que je ne connais pas, développe à la fois humour, verve des mots, calembours et riffs qui tuent, tout ça avec un son de voyou ! En voilà un, j'en suis sûr, qui a mis son côté mauvais garçon dans sa gratte. Il ne se tape pas de littérature, mais il en fait de la grande, plutôt côté San Antonio, Audiard et Tontons flingueurs que Stendhal et côté musique, ça furète partout où ça swingue, swing manouche, bien sûr, on le savait d'avant, mais aussi un net penchant pour la country épicée, voire le blue grass, virtuosité et enthousiasme. C'est vrai qu'on est un peu las des pompes est-européennes, qui camouflent souvent un manque de musicalité attristant, nouveau conformisme. (Pardon, Fatras, je vous aime bien, mais c'est pas pareil !)

 

Mais là où il y a miracle, c'est quand le délire, contrôlé, envahit autant le domaine du mot que de la musique. Sur son fil d'équilibriste sonore et rythmique, on dirait qu'il danse toujours au ras de la chute (ça sent le contrepet) comme s'il était toujours en impro de texte. Ça nous donne des bijoux comme «A Boy Named Sue»

et tous ces bijoux font un joli collier, avec des perles de 90 secondes comme « Finis ta vaisselle » (sinon tu finiras ta vie seul !) que je vous propose en apéro. Zut, Deezer i veut pas me le donner. Alors je change ma commande, Eh ! Marcel Le Diseur, tu me passerais "Dimanche dernier"? Un genre de chanson berceuse pour les enfants, mais plutôt foutraque ! Ben non, non plus ! Bon alors, allez acheter l'album, à la fin, y a rien à jeter ! Et il faut bien qu'ils gagnent trois tunes, les artisses !
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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 14:54

Deuxième visuel : d'un rose parfaitement bonbon!

 

 

L'enregistrement


Soyons nets une fois encore : on n'y connaissait rien ! Ni en maçonnerie, pourtant on s'est lancé dans des travaux herculéens, ni en production de disque, mais on s'y est lancé quand même, dans le vide. Mais il faut dire qu'après 68, on savait tout sans l'avoir appris (je ne veux pas généraliser, mais moi, j'étais comme ça). L'album a été enregistré au Grinec, dans la maison que j'habitais seul après l'avoir partagée avec Patrik Ewen (son spectacle « A la lisière des trois pays et des deux mondes » narre fort bien la découverte de la bicoque et notre conquête de l'Ouest).


Richard Renaud et Lucien Massé, qui étaient ingénieurs...en électronique dans le pays de Lannion, se lancèrent aussi dans la prise de son, et en quelques jours, la chose était faite, dans une ambiance plutôt détendue. En tout cas« Le rag de la pauvre verrue solitaire et édentée «  qui clôt l'album avec des cris avinés (en réalité, ce n'était pas du vin mais de l'eggnog, coktail de bourbon, crème et jaunes d'oeufs dont Mary Rhoads s'était fait une spécialité) semble témoigner d'une certaine détente. Si mes souvenirs sont bons...Mais il faudrait vérifier auprès de mémoires plus fiables que la mienne.


La technique était on ne peut plus simple : un magnétophone deux pistes stéréo, et quelques micros judicieusement placés : on n'a pas trouvé mieux depuis ! Pas de « rere », pas de parachute, si on se trompe? Soit on garde malgré tout, soit on refait toute la chanson, tous ensemble. Au bout de quelques prises, on finit par accepter la fatalité : on n'arrivera pas à tout jouer tout bien tous au même moment ! Il y a donc quelques « pains «  qui traînent ici ou là, faussetés, mises en place...(J'ai mis 20 ans à comprendre ce que c'est qu'une mise en place, alors, en 73...!!!). Mais on a un vrai son d'époque, « kitchen sound from the Arrée Mountains ». Et bien sûr, cet album est un concentré des potes de l'époque, Patrik Ewen en tête.


Ici, dans le titre "La Faridondaine" (on ne connaisait pas le mot éponyme en 73 !) une ambiance festive typique.

 

 

 

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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 08:42

Foot et chanson. Quel rapport ?

 

Il m'est arrivé, en regardant le Réal Madrid et son jeu à « une touche de balle », de comparer leur art à l'improvisation maîtrisée d'un orchestre de jazz, ou chaque soliste sert le groupe à merveille. L'harmonie de la création spontanée et de l'inventivité joyeuse semble auréoler la terre entière. Je suis loin d'être un fou de foot. Je regarde un match de temps en temps, les rendez vous au sommet en Ligue de Champions, ou quelques matches phares. Mais le plus souvent, soyons honnêtes, je m'ennuie un peu : j'attends 89 minutes que deux actions d'éclat nourrissent la minute restante.

 

Hier soir, on était loin des anges du Real : 120 minutes de misère, et à l'arrivée, un sombre bouquet final : les secondes éclatantes sont ternies par une main pas fair play du tout. Devant un orchestre national de ce niveau, alors que les solistes sont tous des bêtes de scène, de finesse et technique, j'aurais tendance à dire : »le chef est nul! ». Mais reconnaissons que les Irlandais jouaient comme des morts de faim. C'était facile pour eux, ils étaient au moins quatre de plus, normal qu'ils piquent tous les ballons !

 

Il y a eu sur Facebook création d'un groupe : « Pour que l'Irlande batte la France », et ça m'a posé question. Et voilà que soudain, juste avant le match, je me suis souvenu du Mondial 2008, et des conséquences de l'emballement populaire et médiatique. Allez donc faire un concert le soir où joue l'équipe de France ! Quelle galère ! Il faut jouer avant ou après, sinon on perd 50% de spectateurs ! Rage et frustration ! Du coup j'en arrivais à souhaiter la défaite du Onze français.

 

(Ici, une ode à Zidane prémonitoire, puisque enregistrée bien avant le coup de boule du mondial)

Oui mais...A Collinée, après un concert du Trio qui avait été avancé à 18 h, on s'est tous retrouvés au bistrot du bourg à 21h autour d'une bière à encourager nos héros bleus. Oui mais...A St Barthélémy d'Anjou, Michel Oger avait eu la bonne idée de placer un grand écran dans le parc, et après le spectacle, tout le monde allongé dans l'herbe et dans la tiède nuit tombante. Oui mais...Ce sentiment d'être tous ensemble en 98, une vraie France comme on la rêve en utopie, avec rien que des potes. Pour des émotions comme celles là, d'accord, on pourrait dire que je suis « trop français ». (Voir l'article sur « la Faridondaine »)

 

Mais hier soir...J'aurais préféré être Irlandais.

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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 23:28

1er Décembre 2009 : Ressortie de l'album La Faridondaine en téléchargement chez tous les bons disquaires virtuels.

 


Youpiie !...Voici une perle rose qui va s'enfiler sur le collier muticolore de ma discographie (métaphore hardie !) Voyez ici à gauche ce visuel super pro, et vous comprendrez illico que nous étions dès le départ dans les hautes sphères de la Prod'...


la Faridondaine, mon premier album, mais aussi  témoin de naissance de la Coopérative Névénoé sur laquelle je reviendrai plus tard, et à ce titre un véritable monument historique !

 

Petit historique, justement :


Au début des années 70, Kelenn était le label de référence en Bretagne, et j'avais déjà enregistré pour eux un 45 tours 17 cm en 1972. Je leur ai naturellement proposé un album en 73, mais ...Ils l'ont refusé : «Trop français !» fut le verdict et le motif de la punition : j'ai passé ma vie de chanteur à être puni pour être parfois trop français, parfois trop breton. Extrait de l'album : "le vent"

 


Déclic ! Depuis le temps que l'on causait avec Patrik Ewen de créer « notre boite », de détruire ce maudit show-biz, ils allaient voir ce qu'ils allaient voir...On s'est lancé au printemps 73. On n'avait pas de structure, on n'y connaissait rien. Ar Falz  (Per Honoré en était le président à l'époque) se proposa de nous prendre sous son aile. Et après une vaste souscription, au prix de 20 francs l'unité (voir le bulletin de souscription originel ci dessous) nous sortîmes la Faridondaine au mois d'octobre chez « Névénoé, kevrenn euz ar Falz ». Succès immédiat ? Non, pas vraiment, mais il faut bien commencer, que diable !


Détail croustillant : l'album a eu deux tirages de pochette, le premier disons rose bonbon, le deuxième rose tyrrhien. Dans les deux cas, ça me semble de très mauvais goût avec le recul, mais on n'avait peur de rien : on était en train de changer le monde ! (deuxième visuel bientôt...Suspense !)

 

PS : Merci à Jean Théfaine, qui m'a coaché pour insérer du son dans l'article !

 



 

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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 09:50

LA PREMIERE GUITARE

 

Ah ! La guitare, s'il n'y avait pas la guitare (et, soyons honnêtes : l'accordéon, issu d'une tribu technologiquement très lointaine, mais dont le point commun est la transportabilité, oui, d'accord, le violon, ok, mais il y a assez peu de chanteurs qui s'accompagnent au violon!) que de trésors jamais créés l'humanité aurait perdus pour toujours. Braillements et ferraillements rock 'n rolleux de Led Zep, ballades sirupeuses d'Elvis, ronronnements raminagrobissiens de Brassens. Nous resterait que Beethov et Mozart, habiles, certes, dans leur domaine, mais on ne tombe pas dans toutes les chaumières sur un clavecin ou un piano forte. Alors que Woodie Guthrie, les hippies migrateurs de Katmandou ou les chansonniers improvisateurs du Brésil peuvent traverser des continents avec leurs chansons sous la patte.


J'étais à la Flèche au Prytanée militaire, et comptais bien perpétuer la tradition militaire familiale. C'étaient les débuts de Johnny, mais il me semble que mon coup de foudre est antérieur. Jusqu'alors, je m'étais contenté d'un harmonica (diatonique, au début) dont je jouais en journée dans la salle de douches, vu que c'est là que ça résonnait le mieux : carrelage sur vingt mètres carrés, sols, murs, plafonds. « Mon prince, on a les cathédrales du temps jadis qu'on peut ». Et puis, il y a eu une fête de fin de trimestre, fête d'école, et là j'ai vu apparaître sur scène deux de mes copains de classe, qui chantaient je ne sais quoi avec une guitare. L'effet a été immédiat : je traduirais aujourd'hui par une phrase qui disait : »c'est ça que je veux faire ». Mais, en réalité, c'était un choc au plexus. Comment, avec ce truc rudimentaire, on peut être dans la lumière (j'ai oublié de dire combien j'étais timide, à douze ans), et les gens vous écoutent, vous regardent, les copains applaudissent, et on peut faire sortir du sentiment, de l'émotion? (j'ai oublié de dire combien j'étais renfermé, à douze ans).


On devait être en octobre ou novembre, ( et donc ce n'était pas une fête de fin de trimestre, c'était autre chose !) et j'en ai parlé à ma mère. Comment j'ai pu le lui dire, ou le lui écrire je ne sais pas (c'était une époque lointaine où on s'écrivait des lettres, avec des vrais morceaux de mots) mais elle a dû sentir l'urgence et l'importance que cette demande avait pour moi, moi qui ne demandais jamais rien de spécial.


A Noël, sous le sapin, j'ai reçu une guitare espagnole, à la caisse toute ornée de nacre (du plastique, probablement) et de décorations magnifiques. La surprise était énorme. J'en ai pleuré. Je ne l'ai appris que plus tard, mais pour me faire ce cadeau, ma mère avait emprunté de l'argent à mon grand père. Et comme je ne savais même pas comment marchait cette merveille, je mettais mon index gauche en barré sur toutes les cordes, et je jouais en glissant sur le manche, dong digue dong - digue dong dong dong, qui ressemblait à du flamenco, et toute la famille de s'esbaudir. J'ai compris ensuite que tous les doigts ne faisaient pas forcément la même chose ! Je suis rentré dans mon pensionnat avec ma passion toute neuve, et depuis ce jour, ma vie a changé.

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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 18:18
Choqué par la pub BMW qui court en ce moment sur les écrans, j'ai pondu un petit billet d'humeur dans "le Monde". Il semble qu'on ne puisse le lire que si on est abonné. Pour les autres, voici l'article :

QUE MA JOIE DEMEURE?


15.09.09

Que La joie® soit avec nous ! Au volant d'une BMW rutilante, femmes et hommes, jeunes, belles et beaux, irradiant le bonheur de vivre, nous montrent le vrai chemin de l'aventure humaine enfin à son terme abouti : conduire un bolide aux formes épurées, félines et presque lascives. "La joie®" est le leitmotiv de ce morceau de pub diffusé sur les écrans de télé et de cinéma. Pourquoi, après d'autres milliers du même métal qui m'ont laissé indifférent, pourquoi ai-je failli pleurer de rage en découvrant ce spot, étincelant et cynique, mais ni plus ni moins que les autres?

Parce que cette fois, je me suis senti dépouillé, volé, spolié d'un mot clé, d'un mot profond, chaud et soyeux comme la chair même de la vie. Que l'on ne puisse plus écrire, penser, dire, "La joie®" sans voir surgir l'image de ces bagnoles et de ces personnages sans relief et sans lumière intérieure, cela m'affecte, me blesse, me meurtrit. Je ressens cette appropriation du mot, de la beauté de cette émotion, "La joie®", ainsi que de la route que le spot nous indique pour l'atteindre, comme un discours fasciste et totalitaire. J'ai le même sentiment d'emprisonnement et de révolte que lorsque j'apprends la privatisation du vivant, d'une plante ou d'une substance qui sont le bien commun de l'humanité. BMW va-t-il déposer le slogan (je ne trouve plus le terme en jargon publicitaire) "La joie®"? Devrons nous écrire un R dans un cercle chaque fois que nous l'utiliserons?

Cliquez ici pour voir cette pub

J'arrête là : vite je cours déposer Le Bonheur®, l'Amour®, La Femme®, Le Cochon®, La Pierre®, La Terre®, et La Connerie®. Je trouverai bien un fabricant de bagnole ou un publicitaire à qui les revendre d'occasion. Et je m'en vais relire une pure merveille :"L'art de la joie" de Goliarda Sapienza. . 


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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 22:27


Il m'est arrivé de traduire, ou plutôt d'adapter des textes de l'anglais (W.H. Auden...) ou de l'allemand (Bertolt Brecht, Goethe...). C'est toujours un exercice passionnant, qui exige patience, artisanat, virtuosité, humilité. Si (par malheur !) on a décidé de conserver dans la traduction un système rimé, on traverse l'enfer froid de l'échec (an ifern yen !) et chaud de la passion, car c'est passionnant !

 

J'ai découvert il y a plusieurs années un poème d'Emily Dickinson, affiché dans une rame de métro parisien pendant le mois de la poésie. Il m'a donné un petit coup à l'estomac, signe qui ne trompe pas, et comme je n'avais rien pour noter, je l'ai aussitôt appris par coeur. OK, il n'est pas long, mais j'étais heureux de mettre ma mémoire à l'épreuve...Dans l'ensemble, elle est plutôt boiteuse.

 

J'ai cherché et trouvé sur le web l'original de ce texte :

 

Water is taught by thirst

Land - by the ocean passed

Transport - by throe -

Peace -by it's battle told -

Love, by Memorial Mold

Birds, by the snow



Surprise ! J'en ai aussi trouvé plusieurs traductions :

 

On apprend l'eau - par la soif

La terre - par les mers qu'on passe

L'exaltation - par l'angoisse -

La paix - en comptant ses batailles -

L'amour - par une image qu'on garde

Et les oiseaux - par la neige

 

On apprend l'eau par la soif

La terre par les voyages en mer

La passion par les affres

La paix par les récits de guerre

L'amour par la mort

Les oiseaux par l'hiver

 

L'Eau, c'est par la soif qu'on la sait.
Le Sol — par l'Océan passé.
L'Envolée — par le piège —
La Paix — par ses récits de lutte —
L'Amour, par le Marbre d'un Buste —
Les Oiseaux, par la Neige.

 

Chaque nouveau poème (car c'est ce qui se passe) a ses qualités et ses défauts...Le deuxième, me touche particulièrement,  mais sans doute parce que c'est lui qui m'a ému dans le métro. Merci aux traducteurs, inconnus, et à Emily, disparue.

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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 07:00

Vendredi 15 octobre 2009

Concert à Binic « Le Chaland qui passe »


2009 : année exceptionnelle, puisque j'aurai joué DEUX FOIS ce répertoire qu'on peut qualifier « d'adulte », par opposition à celui que je chante pour les enfants. Il y a une seule chanson commune : « Farine de froment », que je chante en rappel, en gag, en quelque sorte, et pour clore la «Trilogie Bigoudène » (avec Transbigouden Blues again et Rozenn Lagadu).


C'est à chaque fois la même histoire. Dans les jours qui précèdent le concert, je m'en veux, je m'inquiète, je me morigène : « Gérard, dans quel guêpier es tu encore allé te fourrer? Tu as assez de boulot comme ça, enfin ! ». Pas facile de chanter un répertoire à aussi basse fréquence. La mémoire doit être rafraîchie, l'énergie rassemblée. Un spectacle que l'on donne régulièrement ne pose pas trop de problèmes techniques. Au bout de quelques représentations, des automatismes se mettent en place, et l'esprit, libéré des problèmes « pratiques » (technique vocale, technique de guitare, mémorisation des textes, etc...) peut se concentrer sur l'essentiel : la relation au spectateur, l'interprétation pure. Aussi, afin de limiter ces difficultés, j'ai pris le parti quand je chante ce répertoire d'être le plus simple, le plus rigoureux possible et dépouillé de tout artifice. Voix guitare, ça ne pardonne rien, on ne peut pas tricher. Surtout devant un public qui est à moins d'un mètre!


Ce soir, j'ai choisi comme thème l'amour. Si j'ai fait assez peu de chansons d'amour (des vraies!) j'en ai écrit pas mal qui racontent des histoires d'amour, à travers divers univers (les péniches, l'internat, la famille...). Et comme chaque fois depuis quelques années, je réussis à trouver l'attitude qui me semble juste, un « détachement tranquille », qui me permet de devenir le temps d'une soirée l'interprète de mes chansons, en distance avec celui qui les a écrites et composées.


J'ai aussi pris assez confiance en moi pour ne plus chercher systématiquement à rompre le rythme, et je suis capable d'enchaîner plusieurs ballades calmes, intérieures, sans voir apparaître le « diable noir » (expression de Patrik Ewen, empruntée à Tintin! C'est celui qui vient tenter le Capitaine Haddock) perché sur mon épaule, et qui me chuchote à l'oreille « ils s'emmerdent, regarde bien : ils s'emmerdent ». Et ça, c'est le plus grand des progrès.


Ce qui fait que, la soirée terminée, je n'ai qu'une envie : remettre ça ! Et la prochaine fois, je sais bien que je me dirai encore : « Gérard, dans quel guêpier es tu encore allé te fourrer? ».


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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 08:05

Lundi 12 et Mardi 13 octobre 2009

Répétitions avec Yvon le Men et Patrik Ewen : « Vers l'Extrême Nord du Monde »


 

C'est un spectacle conçu en 1989, que nous avons joué au début des années 90. Le reprendre 20 ans après, est ce possible, est ce souhaitable, quel intérêt? Après avoir répété une semaine fin août, nous nous posons encore cette question. Il y a le plaisir de se retrouver tous les trois, trois vieux copains, comme on le fait avec Melaine dans le Trio Edf, mais cette fois dans un registre de parole plus poétique, autour d'Yvon. Il y a cette rêverie autour du Nord, que nous avions alors, le goût du voyage à travers mots. Mais aujourd'hui, il y a de l'orage dans l'air. Pas entre nous, non, tout va bien, mais nous sentons tous les trois que le rythme n'y est pas, nous n'arrivons pas à trouver l'équilibre subtil entre nous trois, entre les énergies diverses que chaque poème ou chanson ou récit dégage. Et c'est cet équilibre qui va faire que le spectateur nous suivra dans notre voyage, et qu'à l'arrivée il verra les images, ressentira les émotions que nous souhaitons transmettre, et sortira de la salle avec le sentiment d'un moment de rêve partagé.

 

Les musiques : celles que j'ai réalisées à l'époque m'ont semblé décalées pour notre sensibilité d'aujourd'hui quand je les ai remises en œuvre au mois d'août. Les sons vieillissent vite, surtout les synthés. Depuis le mois d'août, j'ai retravaillé des arrangements, en modifiant des tonalités. J'ai fait ça d'une nouvelle manière, qui me semble plus coller à ce que je suis maintenant. Mais ce matin, on se rend compte que tous les deux, Yvon comme Patrik, ont du mal à se faire au nouveaux arrangements, où la rythmique est plus marquée.

 

La matinée se passe en problèmes techniques irritants, lumières, son, micros qui larsennent, plein de détails qui clochent. Stress. A l'heure de la pause, on en arrive à se évoquer : ça ne colle pas. On a fait une erreur, on va tout annuler. Mais non, ce n 'est pas possible, les programmes sont faits, on s'est engagés, on doit aller jusqu'au bout, quoiqu'il arrive. On est vraiment défaits. Pendant le repas surgit une solution : nous allons supprimer toutes les bandes orchestres, ne garder que les bruitages (mer, vent, chant inuit, et un bourdon pour le final). Et tous les accompagnements se feront « en direct » à la guitare, et un soupçon de violon.

 

Le premier filage de l'après midi nous prouve que c'est la bonne piste. C'est miraculeux de sentir l'harmonie qui se déploie, comment chaque texte, chacun de nous quatre trouve sa place juste dans l'ensemble, alors que deux heures auparavant tout était en vrac. Nous tenons enfin la nouvelle couleur de notre voyage. Dom' pendant de temps a fignolé ses ambiances lumineuses. Magali, qui dirige l'Intervalle à Noyal, a assisté au début du 2ème filage. Elle nous fait quelques remarques, fort bien vues. Il reste du chemin à faire, mais on est sur la bonne piste.

 

L'Extrême Nord nouvelle mouture commence à avoir sa vie propre, encore un peu maladroite, mais nous avons mis à jour son âme. C'est le principal. Le reste, c'est du travail, encore, des réglages en finesse.

 

 

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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 08:03

samedi 10 octobre 2009

concert avec le Trio à Trégueux

 

Le lendemain, c'est un peu moins facile ! Un peu de fatigue, bien sûr, (difficile de dormir après un spectacle, le temps que l'excitation et l'énergie retombent). Mais le Bleu Pluriel à Trégueux, c'est presque la famille ! C'est la troisième fois que nous y passons en trio (au pif, je dirais 2002, 2005 pour la captation de « Kan Tri » par Alain Gallet et ce soir!) et le rapport scène salle est très bon. Le match de foot France Feroé à Guingamp et le fest noz Diwan à St Brieuc nous font un peu d'ombre. Mais ceux qui sont là sont des fervents ! Et dès les premières notes, on sent la complicité établie. Rien de tel pour sentir pousser ses ailes. Et le courant passe, sans résistance (métaphore EDF !). Demain, grasse matinée, heureusement !

 

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