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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 18:18
Choqué par la pub BMW qui court en ce moment sur les écrans, j'ai pondu un petit billet d'humeur dans "le Monde". Il semble qu'on ne puisse le lire que si on est abonné. Pour les autres, voici l'article :

QUE MA JOIE DEMEURE?


15.09.09

Que La joie® soit avec nous ! Au volant d'une BMW rutilante, femmes et hommes, jeunes, belles et beaux, irradiant le bonheur de vivre, nous montrent le vrai chemin de l'aventure humaine enfin à son terme abouti : conduire un bolide aux formes épurées, félines et presque lascives. "La joie®" est le leitmotiv de ce morceau de pub diffusé sur les écrans de télé et de cinéma. Pourquoi, après d'autres milliers du même métal qui m'ont laissé indifférent, pourquoi ai-je failli pleurer de rage en découvrant ce spot, étincelant et cynique, mais ni plus ni moins que les autres?

Parce que cette fois, je me suis senti dépouillé, volé, spolié d'un mot clé, d'un mot profond, chaud et soyeux comme la chair même de la vie. Que l'on ne puisse plus écrire, penser, dire, "La joie®" sans voir surgir l'image de ces bagnoles et de ces personnages sans relief et sans lumière intérieure, cela m'affecte, me blesse, me meurtrit. Je ressens cette appropriation du mot, de la beauté de cette émotion, "La joie®", ainsi que de la route que le spot nous indique pour l'atteindre, comme un discours fasciste et totalitaire. J'ai le même sentiment d'emprisonnement et de révolte que lorsque j'apprends la privatisation du vivant, d'une plante ou d'une substance qui sont le bien commun de l'humanité. BMW va-t-il déposer le slogan (je ne trouve plus le terme en jargon publicitaire) "La joie®"? Devrons nous écrire un R dans un cercle chaque fois que nous l'utiliserons?

Cliquez ici pour voir cette pub

J'arrête là : vite je cours déposer Le Bonheur®, l'Amour®, La Femme®, Le Cochon®, La Pierre®, La Terre®, et La Connerie®. Je trouverai bien un fabricant de bagnole ou un publicitaire à qui les revendre d'occasion. Et je m'en vais relire une pure merveille :"L'art de la joie" de Goliarda Sapienza. . 


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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 22:27


Il m'est arrivé de traduire, ou plutôt d'adapter des textes de l'anglais (W.H. Auden...) ou de l'allemand (Bertolt Brecht, Goethe...). C'est toujours un exercice passionnant, qui exige patience, artisanat, virtuosité, humilité. Si (par malheur !) on a décidé de conserver dans la traduction un système rimé, on traverse l'enfer froid de l'échec (an ifern yen !) et chaud de la passion, car c'est passionnant !

 

J'ai découvert il y a plusieurs années un poème d'Emily Dickinson, affiché dans une rame de métro parisien pendant le mois de la poésie. Il m'a donné un petit coup à l'estomac, signe qui ne trompe pas, et comme je n'avais rien pour noter, je l'ai aussitôt appris par coeur. OK, il n'est pas long, mais j'étais heureux de mettre ma mémoire à l'épreuve...Dans l'ensemble, elle est plutôt boiteuse.

 

J'ai cherché et trouvé sur le web l'original de ce texte :

 

Water is taught by thirst

Land - by the ocean passed

Transport - by throe -

Peace -by it's battle told -

Love, by Memorial Mold

Birds, by the snow



Surprise ! J'en ai aussi trouvé plusieurs traductions :

 

On apprend l'eau - par la soif

La terre - par les mers qu'on passe

L'exaltation - par l'angoisse -

La paix - en comptant ses batailles -

L'amour - par une image qu'on garde

Et les oiseaux - par la neige

 

On apprend l'eau par la soif

La terre par les voyages en mer

La passion par les affres

La paix par les récits de guerre

L'amour par la mort

Les oiseaux par l'hiver

 

L'Eau, c'est par la soif qu'on la sait.
Le Sol — par l'Océan passé.
L'Envolée — par le piège —
La Paix — par ses récits de lutte —
L'Amour, par le Marbre d'un Buste —
Les Oiseaux, par la Neige.

 

Chaque nouveau poème (car c'est ce qui se passe) a ses qualités et ses défauts...Le deuxième, me touche particulièrement,  mais sans doute parce que c'est lui qui m'a ému dans le métro. Merci aux traducteurs, inconnus, et à Emily, disparue.

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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 07:00

Vendredi 15 octobre 2009

Concert à Binic « Le Chaland qui passe »


2009 : année exceptionnelle, puisque j'aurai joué DEUX FOIS ce répertoire qu'on peut qualifier « d'adulte », par opposition à celui que je chante pour les enfants. Il y a une seule chanson commune : « Farine de froment », que je chante en rappel, en gag, en quelque sorte, et pour clore la «Trilogie Bigoudène » (avec Transbigouden Blues again et Rozenn Lagadu).


C'est à chaque fois la même histoire. Dans les jours qui précèdent le concert, je m'en veux, je m'inquiète, je me morigène : « Gérard, dans quel guêpier es tu encore allé te fourrer? Tu as assez de boulot comme ça, enfin ! ». Pas facile de chanter un répertoire à aussi basse fréquence. La mémoire doit être rafraîchie, l'énergie rassemblée. Un spectacle que l'on donne régulièrement ne pose pas trop de problèmes techniques. Au bout de quelques représentations, des automatismes se mettent en place, et l'esprit, libéré des problèmes « pratiques » (technique vocale, technique de guitare, mémorisation des textes, etc...) peut se concentrer sur l'essentiel : la relation au spectateur, l'interprétation pure. Aussi, afin de limiter ces difficultés, j'ai pris le parti quand je chante ce répertoire d'être le plus simple, le plus rigoureux possible et dépouillé de tout artifice. Voix guitare, ça ne pardonne rien, on ne peut pas tricher. Surtout devant un public qui est à moins d'un mètre!


Ce soir, j'ai choisi comme thème l'amour. Si j'ai fait assez peu de chansons d'amour (des vraies!) j'en ai écrit pas mal qui racontent des histoires d'amour, à travers divers univers (les péniches, l'internat, la famille...). Et comme chaque fois depuis quelques années, je réussis à trouver l'attitude qui me semble juste, un « détachement tranquille », qui me permet de devenir le temps d'une soirée l'interprète de mes chansons, en distance avec celui qui les a écrites et composées.


J'ai aussi pris assez confiance en moi pour ne plus chercher systématiquement à rompre le rythme, et je suis capable d'enchaîner plusieurs ballades calmes, intérieures, sans voir apparaître le « diable noir » (expression de Patrik Ewen, empruntée à Tintin! C'est celui qui vient tenter le Capitaine Haddock) perché sur mon épaule, et qui me chuchote à l'oreille « ils s'emmerdent, regarde bien : ils s'emmerdent ». Et ça, c'est le plus grand des progrès.


Ce qui fait que, la soirée terminée, je n'ai qu'une envie : remettre ça ! Et la prochaine fois, je sais bien que je me dirai encore : « Gérard, dans quel guêpier es tu encore allé te fourrer? ».


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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 08:05

Lundi 12 et Mardi 13 octobre 2009

Répétitions avec Yvon le Men et Patrik Ewen : « Vers l'Extrême Nord du Monde »


 

C'est un spectacle conçu en 1989, que nous avons joué au début des années 90. Le reprendre 20 ans après, est ce possible, est ce souhaitable, quel intérêt? Après avoir répété une semaine fin août, nous nous posons encore cette question. Il y a le plaisir de se retrouver tous les trois, trois vieux copains, comme on le fait avec Melaine dans le Trio Edf, mais cette fois dans un registre de parole plus poétique, autour d'Yvon. Il y a cette rêverie autour du Nord, que nous avions alors, le goût du voyage à travers mots. Mais aujourd'hui, il y a de l'orage dans l'air. Pas entre nous, non, tout va bien, mais nous sentons tous les trois que le rythme n'y est pas, nous n'arrivons pas à trouver l'équilibre subtil entre nous trois, entre les énergies diverses que chaque poème ou chanson ou récit dégage. Et c'est cet équilibre qui va faire que le spectateur nous suivra dans notre voyage, et qu'à l'arrivée il verra les images, ressentira les émotions que nous souhaitons transmettre, et sortira de la salle avec le sentiment d'un moment de rêve partagé.

 

Les musiques : celles que j'ai réalisées à l'époque m'ont semblé décalées pour notre sensibilité d'aujourd'hui quand je les ai remises en œuvre au mois d'août. Les sons vieillissent vite, surtout les synthés. Depuis le mois d'août, j'ai retravaillé des arrangements, en modifiant des tonalités. J'ai fait ça d'une nouvelle manière, qui me semble plus coller à ce que je suis maintenant. Mais ce matin, on se rend compte que tous les deux, Yvon comme Patrik, ont du mal à se faire au nouveaux arrangements, où la rythmique est plus marquée.

 

La matinée se passe en problèmes techniques irritants, lumières, son, micros qui larsennent, plein de détails qui clochent. Stress. A l'heure de la pause, on en arrive à se évoquer : ça ne colle pas. On a fait une erreur, on va tout annuler. Mais non, ce n 'est pas possible, les programmes sont faits, on s'est engagés, on doit aller jusqu'au bout, quoiqu'il arrive. On est vraiment défaits. Pendant le repas surgit une solution : nous allons supprimer toutes les bandes orchestres, ne garder que les bruitages (mer, vent, chant inuit, et un bourdon pour le final). Et tous les accompagnements se feront « en direct » à la guitare, et un soupçon de violon.

 

Le premier filage de l'après midi nous prouve que c'est la bonne piste. C'est miraculeux de sentir l'harmonie qui se déploie, comment chaque texte, chacun de nous quatre trouve sa place juste dans l'ensemble, alors que deux heures auparavant tout était en vrac. Nous tenons enfin la nouvelle couleur de notre voyage. Dom' pendant de temps a fignolé ses ambiances lumineuses. Magali, qui dirige l'Intervalle à Noyal, a assisté au début du 2ème filage. Elle nous fait quelques remarques, fort bien vues. Il reste du chemin à faire, mais on est sur la bonne piste.

 

L'Extrême Nord nouvelle mouture commence à avoir sa vie propre, encore un peu maladroite, mais nous avons mis à jour son âme. C'est le principal. Le reste, c'est du travail, encore, des réglages en finesse.

 

 

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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 08:03

samedi 10 octobre 2009

concert avec le Trio à Trégueux

 

Le lendemain, c'est un peu moins facile ! Un peu de fatigue, bien sûr, (difficile de dormir après un spectacle, le temps que l'excitation et l'énergie retombent). Mais le Bleu Pluriel à Trégueux, c'est presque la famille ! C'est la troisième fois que nous y passons en trio (au pif, je dirais 2002, 2005 pour la captation de « Kan Tri » par Alain Gallet et ce soir!) et le rapport scène salle est très bon. Le match de foot France Feroé à Guingamp et le fest noz Diwan à St Brieuc nous font un peu d'ombre. Mais ceux qui sont là sont des fervents ! Et dès les premières notes, on sent la complicité établie. Rien de tel pour sentir pousser ses ailes. Et le courant passe, sans résistance (métaphore EDF !). Demain, grasse matinée, heureusement !

 

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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 08:02

Vendredi 9 octobre 2009

concert avec le Trio à Orvault

 

Une petite sieste dans la loge de l'Odyssée à Orvault, et nous voici en scène avec Melaine et Patrik, devant une salle pleine à craquer. Les publics ont chaque soir une personnalité propre. Celui ci ne se donne pas d'emblée mais finit par se lâcher. Nous jouons dans le cadre du festival Celtomania. On a dû monter en grade, puisque la dernière fois, il y a 5 ou 6 ans, nous étions, toujours à Orvault, dans le petit théâtre de la Gobinière. La salle est belle, un genre de théâtre à l'italienne, modernisé. Le seul défaut, c'est que le balcon remonte très loin vers la scène, et les places contre la scène ne doivent pas être très confortables. On doit se sentir un peu « hors du coup », même si nous essayons de jeter des coups d'oeil vers là de temps à autre, histoire de dire : « hé, les potes, on ne vous oublie pas, on joue aussi pour vous! »Le son de scène est rond, moëlleux, (c'est du Nexo, et chaque fois, c'est vraiment agréable) et c'est un vrai bonheur de se retrouver tous les trois après un mois. L'équipe d'accueil de l'Odyssée est aux petits soins, et comme dirait Patrik, qui revient du Québec : « on pourrait se prendre pour d'autres »!

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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 07:59

Vendredi 9 octobre 2009

Chez Siobhan Gately

 

Nous nous retrouvons chez Siobhan, près de Nantes, avec Fred et Dom, pour faire avancer la conception des décors du « futur spectacle qui n'a toujours pas de titre ». Siobhan, je l'ai trouvée...sur le net, il y a dix huit mois, en tapant « illustrateur » sur Google. Au bout de trois ou quatre propositions, je me suis arrêté sur ses bonnes femmes et ses bonshommes joyeux, colorés, rondouillards et pleins de joie de vivre.

Allez voir son site, c'est un bonheur !


Je lui ai écrit , sans soupçonner qu'elle vivait pas si loin, dans une charmante banlieue nantaise en bord de Loire. Coup de chance !

 

 

Siobhan est Irlandaise d'origine, ça s'entend, mais elle possède le français à la perfection, sait dire « ça colle pile poil » et « c'est impec ! ». Dans son atelier, des dizaines de bonshommes et de bonnes femmes, en deux ou en trois dimensions, qui se marrent, qui voltigent dans les airs, les femmes ont des petites culottes et des seins qui débordent, les hommes sont bien pourvus, mais tout cela est sans vulgarité, je le vois comme un hymne à la vie, à la danse, à la voltige : elle adore les trapézistes. Et il se trouve, coïncidence, que j'ai fait une chanson sur un trapéziste !

 

Au début des répétitions, comme il fallait bien une hypothèse de départ, nous étions partis sur un décor assez fourni, à Jardin (gauche) le bureau de « Gérard » (c'est moi !) avec ses étagères, ses bouquins, etc, et à Cour (à droite) une boîte noire pour les musiciens, qu'on aurait tantôt vus tantôt oubliés grâce à la lumière. Ces espaces étaient plutôt carrés, cubiques...Siobhan les a aussitôt arrondis, dès sa première visite. Comme le travail progressait, il nous est apparu qu'une simple ligne de fond avec derrière...du vide, suffirait à démarquer ces espaces.

 

Nous sommes toujours sur cette hypothèse, et remplissons avec quelques objets /accessoires bien choisis : le bureau, un porte manteau, quelques pots de fleurs, qui marqueront l'intérieur et l'extérieur. Dominique (le magicien !)

se fait un plaisir de fabriquer la base (menuiserie, panneaux, bidouilles en tous genres) et Siobhan se chargera de la déco finale?. Nous devrions ainsi avoir un univers coloré et joyeux, mais pas chargé, plein d'astuces, de surprises. Un univers ludique et enfantin. Dans la foulée, nous avons également ensemble un projet de petit recueil avec une douzaine de mes chansons qu'elle illustrera à sa guise, et je me bidonne déjà devant les quelques crayonnés que j'ai aperçus.

 

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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 07:57

Mercredi 30 septembre 2009

 

Claude Berseliot s'en va : c'est une figure dans la diffusion de spectacles en Bretagne. D'abord prof de maths, il a obliqué vers l'animation et le « socio cul », comme on dit, et après la MJC, il a dirigé le Centre Culturel Juliette Drouet à Fougères pendant dix neuf ans. Je l'ai connu vers la fin des années 70 ou début 80, alors que je ne chantais pas encore pour les enfants. Il n'a cessé, à intervalle régulier, de me faire confiance, et de faire appel à moi dans le cadre de la programmation annuelle, des spectacles de Noël, le Salon du livre jeunesse. Grâce à lui, et à bien d'autres comme lui, des artistes comme moi ont pu vivre leur vie, travailler, progresser et continuer à chercher de nouvelles façons de chanter, de jouer, de transmettre les émotions de la vie. 800 artistes ou spectacles, et le festival des voix de pays, à la programmation internationale (Joan Baez l'a, semble-t-il, beaucoup impressionné). Son départ en retraite est, bien sûr, signe d'une génération qui passe le relais, « faut pas qu' ce soit toujours aux mêmes » (comme dit Caussimon dans le temps du Tango).

 

On lui a fait une petite fête, où on pouvait voir artistes, amis, directeurs de salles...Toute une petite famille lointainement reliée par des intérêts et des préoccupations communes. Ça pourrait n'être que de l'intérêt ? Je crois qu'il y avait aussi de l'émotion, une réelle amitié professionnelle. Et le sentiment que l'un d'entre nous a fait un joli parcours : »bravo, respect, longue vie! ».

 

 

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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 07:55

Mardi 29 septembre 2009

 

L'habitude est prise...La résidence est terminée, mais je vais continuer de temps à autre à raconter ici ma vie de chanteur.

 

Deux journées au Théâtre de Bressuire, quatre représentations de « Quelle drôle de Terre ! » c'est la rentrée, retrouvailles avec l'équipe (même si on a travaillé ensemble la semaine dernière!) sur ce répertoire : Iwan Laurent et Vincent Burlot, plus Dom' Thiboulet à la lumière ET au son. Cette équipe est un petit bonheur, tout le monde s'entend à merveille en scène et hors scène, à table et hors table, ce qui est fondamental ! On ne partage pas que des moments de scène avec des musiciens et techniciens, il vaut donc mieux s'entendre sur tous les tableaux.

 

L'équipe de Bressuire est aussi compétente et agréable. Le deuxième jour, je décide de raccourcir le concert scolaire de deux chansons (Youri Gagarine et les Plages de Normandie, et pourtant, Dieu sait si je les aime, mais il faut ce qu'il faut !). Le résultat est très positif, et pour la première fois, après un rappel spontané, j'entends le public des 300 gamins qui scandent : « merci merci merci ! ». Le bonheur ! De même, à chaque fois que je les entends chanter à pleine gorge : « Nelson Mandela »...J'ai l'impression d'avoir rempli un morceau de ma vie intelligemment.

 

Seule ombre au tableau : les chambres de l'hôtel donnent sur un rond point très fréquenté. Bouchons d'oreilles exigés. Bressuire est une drôle de ville, le centre est à peine visible, les rues partent dans tous les sens : jamais vu ça ! Je vous conseille le restau « le bouchon ». Très bon pas cher !

 

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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 07:40

Lundi 7 septembre 2009

 

début des répétitions du nouveau spectacle qui verra le jour en mars. Merci le Pôle Sud à Chartres de Bretagne, qui nous accueille (sablés et chocolat dans la loge : bientôt le caviar !). Fred Renno est le partenaire avec qui je travaille depuis des années sur les spectacles (Hop l'aventure, Nuit Blanche sur l'Ile Noire, Rue Keravel, Quelle drôle de Terre) . Nous nous sommes déjà rencontrés plusieurs fois depuis deux ans, pour essayer de mettre au point une histoire, un scénario. Sans succès ! Enfin si : nous avons inventé de belles histoires, mais comment mettre les chansons là dedans? Quelques heures de flottement donc, le premier jour, pour trouver nos marques, et régler nos boussoles...

Mardi 8 septembre 2009

 

ça y est c'est parti : on a trouvé le bon cap ! Plutôt que de créer une « histoire » au sens strict, quelque chose de linéaire, avec un début et une fin, notre modèle sera plutôt une roue, avec ses rayons. Le centre : moi et mes chansons. Les rayons de la roue : de petites histoires, ou des images,

qui viendront animer les intermèdes et les liaisons. Du coup, rien n'est interdit, ou plutôt (soyons positifs) : tout est permis !

 

Découverte technique majeure : enfin un micro chant HF qui ne pèse pas trois tonnes, qu'on ne sent pas sur la tête, et qui est d'une qualité de son parfaite. Mobilité, facilité de chant, pas trop sensible au larsen, c'est le paradis du chanteur, qui se retrouve en pleine liberté de mouvement avec sa guitare également branchée HF. Je nage dans le bonheur. Mais je me sens un peu crevé le soir, quand même ! Pas évident de rester en action toute une journée.

 

Mercredi 9 septembre

 

La difficulté d'un spectacle de chansons, c'est que les gens viennent le plus souvent pour entendre ce qu'ils connaissent déjà. Comment zapper « vache grosse vache » ou « Hop là c'est le vent » ? Mais le chanteur, lui, voudrait chanter au contraire les nouveautés, que les gens ne connaissent pas... Entre les deux, il faut trouver un équilibre subtil. Nous avons donc construit sur les deux premiers jours un « cheminement » provisoire, que nous mettrons à l'épreuve tout au long des semaines et des mois à venir : une grosse douzaine de chansons : quelques anciennes, et beaucoup de nouveautés.

 

Comme un maçon sur un mur, il y a plusieurs étapes du dégrossi à l'enduit final. Sachant que les chansons existent déjà, il nous reste à faire toute l'animation entre elles, trouver comment elles vont résonner les unes avec les autres, créer la « mise scène «  pour certaines, si elles 'y prêtent. Aujourd'hui, nous avons commencé à entrer un peu plus profondément dans le détail de l'interprétation. Surtout les « intermèdes », où il y a un travail proche du théâtre. Sans aller se prendre pour un comédien, il y a des techniques qui ont fait leurs preuves, et que je dois appliquer, sous l'œil vigilant de Fred.

 

Jeudi 10 septembre

 

Aïe, c'est pas si facile : travailler sur un détail pendant une heure, on arrive à faire quelque chose de pas mal. Mais le lendemain...C'est oublié. Donc la route est encore longue, puisque des détails, il y en a quelques milliers. Qu'importe, aujourd'hui nous avons balayé la deuxième partie (provisoire) et l'ensemble nous semble cohérent, sur une durée d'un peu moins d'une heure. On sera capable de proposer un brouillon de filage en fin de semaine prochaine, quand Dom Thiboulet sera intervenu au son et à la lumière, et que nous aurons encore un peu plus creusé les détails. J'en ressens le besoin, d'ailleurs, dans tous les domaines.

 

Parlons de l'équipe : Dom, c'est le régisseur qui m'accompagne sur 95 % des spectacles, depuis une quinzaine d'années. Il officie en ce moment à la fête de l'Huma, et revient mercredi prochain. Autour de nous (Fred Renno et moi ) toute l'équipe du Pôle Sud à Chartres : Marie, Fabienne (relations au public), Serge (son), et Dominique, of course, directeur du lieu. On retrouve tout le monde le midi à la cuisine, où la cantine municipale de Chartres nous sustente d'abondantes victuailles, charcuteries, rôtis, et autres filets de poissons (ça...C'était ce midi). Si on pense qu'il y a aussi à Morlaix chez Ipisiti : Marie Laure, Michelle, Solenne; que j'ai passé une semaine cet été dans les centres de loisirs de Landivisiau pour tester les nouvelles chansons devant un public « vivant » (merci Isabelle et Jean Luc !) ; que les musiciens (Vincent, Iwan et Yvan) arrivent dans quelques jours...Sans oublier Siobahn ( prononcer« chevonne ») à qui nous pensons 20 fois par jour pour lui faire une liste de courses : dessins, des couleurs, de la déco...Ça commence à faire un monde fou pour des chansonnettes.

 

Vendredi 11 septembre 2009

 

Si je reste un peu sibyllin sur le contenu, c'est que je ne veux pas dévoiler de choses non finies. J'ai du mal à faire écouter un album tant qu'il n'est pas mixé et même masterisé. Et je préfère même le présenter avec son visuel définitif, afin qu'il soit « indubitable »...La première impression est souvent tenace, or, nous savons, nous, que notre créature est modifiable encore pendant de longs mois. Elle est vraiment vivante, jusqu'à la date de la création, et le restera des mois voire des années après. Spectacle vivant !

 

En tous cas, malgré la date, pas de grande catastrophe aujourd'hui. Mais je me souviens du 11/09/2001 : nous répétions avec Patrik Ewen et Melaine Favennec au théâtre de Quimper, pour l'enregistrement de l'album Kan Tri (sorti en juin 2003 : nous avions de l'avance !) . Drôle de journée, beau soleil, comme aujourd'hui. Et le soir du goudron dans nos cœurs.

 

Le soleil, cette semaine, il brillait fort dehors, mais on ne l'a pas beaucoup vu. On l'avait à l'intérieur, puisqu'on a atteint notre objectif : une petite heure de chansons et histoires, cohérente et rythmée. Enfin...Dans nos têtes, en tous cas. Reste à mettre le résultat à l'épreuve d'un public d'enfants, avec le risque d'avoir des surprises. C'est comme si on avait le squelette de notre créature. La semaine prochaine, on commencera à l'habiller de lumières et de son. La liste de courses pour Siobhan est quasi complète...elle va tomber par terre : y a du boulot ! Fred comme moi, nous imaginons un univers un peu déjanté, le monde intime de Gérard en train de composer, d'écrire, qui prend forme sous les yeux des spectateurs. Mais ce n'est pas Disney, hein ! Ce sera une petite cabane, pas un palais royal. Mais très sympathique !

 

Mercredi 16 septembre

 

On dira : ils fichent pas grand chose...Ils ont arrêté deux jours ! Fred Renno était sur un autre chantier avec le Théâtre de l'Arpenteur à Paris. Quant à moi, j'étais samedi soir à un concert avec mes deux collègu's Ewen et Favennec, à Pont de Buis (« la grande descente ! »). Et puis...Y a autre choses dans la vie, aussi, quand mêm' quoi !!!

 

Reprise aujourd'hui, avec Dominique Thiboulet, régisseur son et lumières. Rares sont ceux qui sont capables de bien faire les deux, et encore plus rares ceux qui peuvent les faire en même temps! Bricoleur de génie, modeste, gentil, patient, précis, jamais fatigué, toujours à l'écoute, c'est un modèle en tous points. Dominique a le profil de l'autodidacte : pas de diplôme, mais il a fait mille métiers, et dans « Lost » ce serait lui qui sauverait l'équipe par son don de l'improvisation efficace et pratique. Dans les spectacles, il accueille les enfants avec gentillesse, sait mettre le holà aux petits chahuts qui peuvent advenir, bref, c'est un mec en or, avec un cœur d'or.

 

Mais il nous emmerde avec son mètre ! Vous voulez faire un cadre de 3 m ? Oui, mais les panneaux de bois mesurent 1,22 par 2,44...De la vidéo? Oui mais...Des praticables? Oui mais...Bref, son savoir faire technique vient remettre en perspective nos rêves irréalistes...Et nous force à adapter au réel les images qu'on a dans la tête. Dominique est un poète, un grand rêveur du concret. Grâce à lui, nos images vont prendre corps avec vis, bois, métal et câblerie électrique.

 

Jeudi 17 septembre

 

« Ouahh, c'est vieux! », « tu ne fais pas si vieux que ton âge... », « 60 ans, c'est mieux que rien » : c'est la dernière réaction que je préfère : c'est mieux que rien ! Quelques commentaires des enfants sur mon âge, ce matin, après la présentation qu'on leur a donnée de l'état actuel des travaux, c'est à dire non terminés, loin s'en faut. Mais si ça passe dans l'état actuel, ça veut dire qu'une fois habillé, décoré, rythmé, vidéoté, éclairé, accompagné de musique, ça devrait aller encore mieux. Or, il m'a semblé que ça allait plutôt bien. La chanson la plus « difficile », parce que la plus abstraite, c'est « la petite Marseillaise ». J'en chante deux couplets sur les trois (le troisième est plus général et moins concret) et il me semble qu'ils m'écoutent.

 

Tout en jouant, et en essayant de respecter les consignes que Fred m'a fixées, je les observe, les regarde se tortiller sur leur siège au bout de quelques dizaines de minutes, et me dis: là ça cloche, ici aussi...Reste à trouver le petit détail qui les fera revenir dans notre voyage. C'est le dur et le merveilleux métier de « chanteur jeune public » : le public travestit peu ses réactions, contrairement aux adultes.

 

Puis l'après midi s'est passé, très studieusement, à décortiquer avec Fred et Dom' chaque scène pour lui attribuer son, lumières, vidéos, placement, dans des colonnes. Ca bougera, of course, mais ça nous permet d'avancer, comme un alpiniste avec ses piquets, quitte à changer de voie ou à revenir sur nos pas un peu plus tard.

 

Vendredi 18 septembre

 

Travail sur les détails. Je me sens de plus en plus à l'aise avec les chansons récentes. Mais je peux aussi mesurer le chemin à parcourir quand j'en chante une ancienne. Habiter une chanson, c'est un peu comme vivre dans une paire de chaussures faite à votre pied. Dans les chansons nouvelles, les respirations, les intentions, les petits accents sur les mots, les attaques de notes, tout est à réfléchir sur l'instant. On est dans la technique. Tant qu'on n'en est pas détaché, on n'est pas dans l'interprétation pure, ni dans la relation au public. Or, c'est ce qui est primordial à mes yeux.

 

Petit cataclysme, dans l'après midi, avec l'arrivée de Siobhan Gately (prononcer Chevonne, ce qui n'a pas grand chose à voir...C'est un prénom gaélique)illustratrice irlandaise qui vit à Nantes, et à qui j'ai demandé d'assurer tout l'aspect graphique et plastique de l'ensemble. Siobhan a un univers très rond, joyeux, coloré et plein d'humour. Et je voudrais qu'elle illumine les chansons de ces qualités. Les éléments de décor que nous avons envisagés jusqu'à présent avec Dom et Fred sont figurés sur scène par des bandes d'adhésif fixés sur des pieds de projecteurs. C'est vrai que même représentés ainsi, les volumes sont un peu lourdauds, mais bon...

 

Siobhan peu à peu, gentiment, mine de rien, nous fait prendre conscience du côté démesuré de notre « cadre écran » qui est censé recevoir des images vidéo...Et patatras ! Chacun de nous trois le savait, ou du moins le ressentait. Mais aucun ne faisait le pas (faute d'avoir autre chose à proposer, sans doute...) La venue de Siobhan aura donc eu le mérite de remettre à zéro les idées de décor. Nous attendons désormais ses idées pour repartir sur d'autres bases. Heureusement, nous avons six mois devant nous ! Sinon, ce serait la cata !

 

Lundi 21 septembre

 

Allons bon...Dominique (« le régisseur qui sait tout faire ») a la crève, et n'a pas pu venir travailler. La grippe, peut être? On ne sait pas encore. Mais heureusement, son absence ne nous paralyse pas aujourd'hui, puisque nous avons pour programme de travailler uniquement sur la musique, sans nous préoccuper de placement, de textes de liaison, etc. C'est la 3ème partie de la création qui commence. Sont donc arrivés : Vincent Burlot, mon bon compère depuis plusieurs années, (tuba, accordéon) -Iwan Laurent, qui commence aussi à être un vieux complice (percus) , et un petit nouveau, Yvan Knorst (guitares) avec qui nous allons jouer ensemble pour la première fois.

 

J'ai choisi une formule originale et pas des plus simples, mais qui va nous éviter de nous reposer sur nos lauriers : en fait, Yvan est remplaçant. Comme Iwan et Vincent sont assez occupés sur divers projets, il arrivera sûrement que l'un ou l'autre ne soit pas disponible. Nous aurons donc une formule de base avec Vincent et Iwan , mais pourrons aussi avoir une formule avec Vincent et Yvan ou avec Iwan et Yvan...(et moi à la guitare, bien sûr) et donc un son différent à chaque fois. Surprise !

 

Serge, le régisseur du Pôle sud, nous a concocté un son aux petits oignons pour répéter sur scène, en formation serrée, et nous voilà partis, une journée pour embrasser l'ensemble du répertoire. Il y a pas mal de nouveautés mais je leur ai transmis il y a quelques semaines les maquettes et quelques grilles d'accords, si bien qu'ils ont déjà les chansons dans l'oreille. Le soir, l'ensemble est dégrossi, et nous avons jusqu'à vendredi pour affiner tout cela en situation. Croisons les doigts pour que Dom' soit rétabli très vite...

 

Mardi 22 septembre

 

Dom' est encore malade...Il sera là jeudi, je l'espère. Mais « the show must go on » : le spectacle continue, il saura nous rattraper en temps voulu.

 

Fred Renno est le metteur en scène, ou l'œil extérieur, si on préfère. Sa grande qualité à mes yeux : il sait prendre en compte les problèmes particuliers que pose un instrument, il sait que la chanson, la musique, ne sont pas du théâtre, et cette connaissance nous épargne beaucoup de fausses pistes. Il a aussi le sens du public, de la durée d'attention du public, il a dirigé de nombreux spectacles, participé à bien plus encore. Et on a eu souvent l'occasion de voir qu'on tire la charrette dans la même direction. Le voici revenu, pour mettre en ordre et en espace l'apport des musiciens.

 

Nous restons sur l'idée d'un « petit orchestre », situé à « cour » (à droite pour le spectateur). Et qui ne va pas bouger, ou très peu. Ça paraîtra évident quand on le verra, mais en réalité depuis que je chante, les musiciens m'ont toujours accompagné en demi cercle, de jardin à cour, et moi j'étais au centre. Le nouveau système de micros HF (sans fil) me permet d'évoluer dans toute la zone « jardin » et en avant scène, voire même de me faufiler derrière les musiciens si je le souhaite. Pour moi qui suis prisonnier depuis mes débuts ( mais aussi protégé, il faut le dire) derrière mon pied de micro, c'est une vraie ré-vo-lu-tion. J'en ai déjà un peu parlé plus haut, mais cela se confirme avec l'arrivée des musiciens.

 

Parallèlement, nous faisons un effort de minimalisme. Quels instruments sont vraiment indispensables? Lesquels sont superflus? Le sax de Vincent passe à la trappe. La guitare acoustique d'Yvan a fini de la même façon : l'électrique est un meilleur complément à ma guitare. En revanche, Iwan rajoute des sonnailles à la cheville, pour avoir un peu d'aigu dans les percus. Nous y gagnerons de la légèreté dans le transport, la structure technique le temps d' installation.

 

Dom' est encore malade. Un grand merci encore à Serge, car deux fois dans la journée il faut remodeler le système de son, sa mise en place et son réglage, afin de rendre la technique plus simple et plus discrète. Le groupe commence à « sonner » et à swinguer, nous découvrons le plaisir de jouer les nouveaux et les anciens morceaux dans ce nouveau son.

 

Mercredi 23 septembre 2009

 

Musique et jeu : journée de confirmation, approfondissement, travail sur les détails...Il faudra encore pas mal d'heures d'exercice avant que tout soit enregistré dans les neurones et représenté en place. La journée était consacrée en grande partie à Siobhan, qui nous a laissés la semaine dernière sur un grand vide et de grandes interrogations en ce qui concerne la scénographie et la partie visuelle. Elle est revenue avec pas mal d'idées, qui, mises bout à bout, nous promettent un joli univers, drôle, poétique et décalé. Sa proposition pour le décor principal rejoint notre cahier des charges de départ, mais en plus, il y a de l'élégance et de la légèreté, ce qui nous manquait...Hé oui ! C'est un métier. N'est pas chanteur qui veut, pas plus qu'illustrateur ou inventeur d'images. Et je me réjouis que l'équipe que j'ai réunie semble fonctionner aussi bien.

 

Passage aussi d'un copain de Fred, Guillaume, qui nous a bien renseigné sur les contraintes et exigences pour une éventuelle projection de vidéo, si nous nous maintenons cette idée. Le support (écran) la distance, la focale, les puissances, les logiciels, etc. Encore un vaste sujet à explorer.

 

Ce soir je suis lessivé, et ma voix montre quelques signes de fatigue. Je chante plusieurs heures par jour, et je n'ai pas vraiment la technique qu'il faudrait.

 

La cantine ce midi : les artichauts « à la grecque » étaient excellents. Bravo au cuistot !

 

Jeudi 24 septembre 2009

 

Youpie ! Dom' est revenu, fringant et plein d'ardeur...Et on l'a vu arpenter la scène avec son mètre ruban, pour adapter à la réalité du terrain les idées de Siobhan. Puis il nous a refait un son de façade, puis des lumières : Dom' tel qu'en lui même.

 

Nous avons travaillé dans le détail les arrangements avec Vincent (accordéon tuba) puis avec Yvan (guitare). Jusqu'à présent, ils jouaient ensemble, et forcément, se reposaient un peu l'un sur l'autre. Mais dans la situation réelle où nous nous trouverons, ce sera...L'un ou l'autre. Une bonne moitié de la journée s'est donc passée en fignolage. Et ce travail s'est retrouvé en mieux dans le filage que nous avons fait en fin d'après midi. Mot d'ordre de Fred, pour moi : prendre son temps! Il est vrai que le syndrome du chanteur c'est de penser : « si je ne suis pas en train de chanter ou de parler, il ne se passe rien, la scène est vide ». En réalité, il peut se passer pas mal de choses hors texte. Déplacement, musique, petites actions...Encore faut il les charger de sens et d'intensité. Pas évident pour le musicien.

 

Vendredi 25 septembre 2009

 

Dernière journée. On engrange le travail de trois semaines (enfin, quinze journées, en fait). Matin : nous revoyons les deux classes d'enfants que nous avons vues la semaine dernière, et leur présentons quelques chansons. Ils les ont découvertes en solo. Maintenant nous sommes quatre. Les arrangements ont enrichi les interprétations. Je constate (avec plaisir) qu'ils ont retenu pratiquement la totalité du répertoire ! Nous leur demandons de nous faire des dessins représentant le décor qu'ils imaginent pour ce spectacle : d'un côté, « chez Gérard » de l'autre « un jardin de Gérard ». Surprise ! La fin de la matinée se passe en travail de détail.

 

Et l'après midi, épreuve finale, nous présentons la totalité de ce que nous avons travaillé devant trois ou quatre spectateurs / trices choisis (Fabienne, ma femme, Marie Laure, qui travaille à la diffusion, Dominique Grelier, Directeur du pôLe Sud). Réactions très bonnes dans l'ensemble. Une question surgit, embarrassante : « avons nous vraiment besoin d'un décor »? Ne va-t-il pas parasiter les chansons? A débattre dans les semaines à venir.

 

Conclusion des trois semaines : nous avons la matière de base, et, ce qui me réjouit vraiment, c'est qu'on est dans le registre de la chanson. Quelques jeux ou textes de liaison, bien sûr, mais la chanson est vraiment la matière première, et de loin : c'est ce que je voulais. Cela peut sembler bizarre, mais ce n'est pas si facile. Reste à voir ce que le public va en ressentir, va-t-il entrer dans mon petit monde? A suivre en mars, donc, lors des premières représentations.

 

 

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Published by Gérard DELAHAYE - dans Le métier de chanteur
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