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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 12:13

Ils me font bien rigoler ceux qui s'indignent  de la décision du jury suédois de décerner le Nobel à notre vieux Bob : "auteur de ritournelles", selon Pierre Assouline. Mauvais joueur, va ! C'est vrai, il y a le grand art et le petit art, le majeur et le mineur, et quand on entre dans le populaire, ça devient forcément mineur. Alors, je lève mon majeur en riant de cette bonne blague, qui nous fait nous déchirer pour des sujets ô combien profonds et fondamentaux.

 

Bob n'est plus un contestataire depuis longtemps, me semble t-il, mais il a marqué notre époque bien plus que beaucoup d'écrivains, même de renom. Il a apporté à un art populaire une dimension  inconnue jusqu'alors, a ouvert toutes grandes les Gates of Eden, a montré qu'un petit texte chanté de 3 minutes pouvait sinon bouleverser la société, au moins accompagner son bouleversement.

 

La chanson se situe au confluent de la parole et du chant, du conte et de la musique. Elle participe du mot et du son.

 

Pourtant, sa banalisation sur les ondes, dans la vie quotidienne, l'a littéralement vulgarisée. Multidiffusée, on n'y prend même plus garde, on vit dans un bain de chanson permanent, au supermarché, dans les bus, le métro, la rue, les jeux, elle est partout, et sa valeur s'en est d'autant plus dépréciée. Le moindre synthé bas de gamme vous pond des arrangements et des mélodies à la chaine et vous consacre compositeur, arrangeur. Tout collégien qui se respecte empoigne une guitare et invente deux couplets et un refrain : le voilà chanteur. Nous sommes donc des millions à prétendre descendre de l'ordre des chamans, poètes, magiciens! Je persiste pourtant à croire que cette forme d'expression est noble et mérite une place de choix dans les formes d'expression, je dirais même que c'est la plus noble des expressions populaires.

 

La chanson, comme le conte, est apparentée aux arts de la parole, l'un des plus anciens, sinon le plus ancien. Si on a des traces de peintures rupestres, on n'en a pas, et pour cause, des chants de la même époque, mais il est certain que récit et chant entremêlés racontaient des histoires de courage ou de peur, de dieux, de guerre, de victoire, de défaites, d'amour, de désir ou de chasse...Ce sont des arts magiques, liés au mot, et le mot à l'origine est action sur le monde. Nommer, parler, c'est agir. C'est participer de la puissance du rêve et de l'imaginaire.

 

 

Quant à la musique, dont la chanson est aussi une branche, elle peut toucher aussi profondément la psyché par des voies secrètes et mystérieuses. La beauté, le charme secret d'une mélodie, d'une harmonie musicale, font surgir des émotions subtiles et nuancées. Mais le plus souvent, faute de pouvoir définir avec des mots cet univers trop impalpable, nous le gommons, tout simplement, nous l'ignorons comme s'il n'existait pas.

 

La mélodie ? Nul ne s'y intéresse, nul n'en parle, tout simplement parce qu'il est difficile d'en parler, les mots restent à la porte, c'est de l'émotion pure, un pur mystère : pourquoi une mélodie fait elle mouche alors qu'elle est la simplicité même? J'ai passé une vie entière à la recherche de quelques rares pépites, toujours uniques, et jamais la veine n'est plus longue qu'une seule chanson. Il faut aussitôt reprendre sa barre à mine et creuser ailleurs, repartir à zéro, le mystère reste entier, toujours. Comme Brassens, je suis persuadé que la mélodie prime sur le texte. Trou de mémoire? On peut toujours faire la la la, la chanson continue à exister. Enlevez la mélodie, vous n'avez plus qu'un joli cadavre.

 

 

Quant à l'alliance des deux, le mot et la musique, mystère et boule de gomme, là aussi ! Ce mariage d'amour nécessite un sixième sens, une intuition aussi particulière que le mariage des couleurs sur une toile. J'ai entendu récemment Hélène Hazera définir une bonne chanson comme « une mauvaise musique sur un mauvais texte ». La formule est provocatrice, mais je la rejoins. Pas besoin de génie dans l'un ni l'autre. En revanche, le bon assemblage est acrobatique et toujours miraculeux. Voir Gainsbourg, ou plus récemment Camille. Je ne m'aventurerai pas à disserter sur le charme d'une voix, mais il faudrait là aussi entrer dans l'inconnu de la vibration, du pur inconscient.

 

Dans les circuits de la culture, il est fréquent de croiser des gens qui ont une bonne connaissance de théâtre ou d'arts plastiques, et on devine souvent quelques moues de mépris quand on évoque l'expression chantée, opéra excepté, bien sûr. Je crois moi que la chanson est un art, mineur, si on veut, peu importe, puisqu'elle vit de sa belle vie, légère et court vêtue, sautillante, dansante et profonde à la fois. C'est une fillette pétillante et rigolarde au milieu des douairières de la cour. La vie même.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 07:11

Sur internet, vous êtes tracé, le savez vous ?

 

Mais... ça n'a pas que de mauvais côtés. Exemple : Si vous êtes abonné à Deezer ou Spotify, ou toute autre plate forme de musique en ligne, en fonction de ce que vous écoutez vous recevez des suggestions de choses nouvelles, dans le même genre, ou à la marge. C'est comme ça que j'ai découvert cette oeuvre de Rossini, moi ignare qui ne connaissais de lui que ses opéras, (Le Barbier de Séville...) et encore, à peine. Et le tournedos Rossini, of course.

 

Mais il a composé autre chose, et j'écoute en boucle cette "Petite messe solennelle". Je vous conseille d'écouter la version légère avec un petit orchestre et des choeurs, et en particulier celle dirigée par Rupert Huber, où je trouve la parie de piano assez rock n' roll, peut être parce qu'elle est jouée très rythmique, très droite, alors que les choeurs sont eux extrêmement nuancés.

 

Ce Rupert Huber m'a l'air d'un sacré gaillard, vu qu'il s'intéresse au hip hop, à la musique électronique etc. Exemple : Il est la moitié du duo Tosca / Shopsca, rien à voir, mais alors rien, avec Rossini. L'éclectisme mérite d'être salué !

 

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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 22:04
Route 29 : la presse en parle...
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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 07:29

Pas de cathédrale pour toi Serge, pas d'église flamboyante, de vitraux ni d'encens : juste la salle polyvalente de Saint Martin des Prés. Pas de grandes orgues, mais la chanson « les copains d'abord », sans les images prévues, car le projecteur qui devait nous montrer des photos de toi est tombé en panne. Pas de grands discours, mais des témoignages simples et émus, souvent souriants, de tes filles. Dont l'une contait comment tu l'as persuadée, quand elle avait cinq ans, que tu t'envolais chaque soir depuis la citerne de la maison. Au point qu'elle a failli t'imiter, pour voler elle aussi.

Serge Kerguiduff

Serge Kerguiduff

Tu as été l'un des flambeaux de la chanson en Bretagne. Alors, il y avait là beaucoup de monde, dont quelques vieux chanteurs, réunis autour de ton souvenir. Tu avais abandonné la chanson ou en tout cas les concerts à la fin des années 70, et ce qui m'a le plus ému c'est qu'il semble que tu n'en aies gardé aucune amertume. Tu as juste changé de voie, te consacrant au luth et à la musique ancienne.

 

Et je souris en voyant cette image de toi en pleine jeunesse, je me souviens de ta gouaille, de ta parole souvent libre et violente, de tes yeux de traviole, de ta liberté, enfin, qui a mené ta vie. Une vie d'amour de la musique. Et de la mécanique.

 

Au passage: merci encore pour les réparations multiples sur les vis platinées ou le delco de ma 2 CV immatriculée 126ME29... Et je cite l'un des participants présents : « j'espère que les soupapes du corbillard sont bien réglées ».

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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 08:01

"On n'a pas besoin des mots pour survivre. On en a besoin pour vivre"

 

Jon Kalman Stefansson

 

Lisez les romans magnifiques de cet Islandais. A commencer par "Entre ciel et terre", une écriture envoûtante.

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16 août 2016 2 16 /08 /août /2016 08:53

Même le jour, les étoiles filent.

La phrase du jour (65)
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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 08:36

« Tenter, braver, persister, persévérer, être fidèle à soi-même, prendre corps à corps le destin, étonner la catastrophe par le peu de peur qu’elle nous fait, tantôt affronter la puissance injuste, tantôt insulter la victoire ivre, tenir bon, tenir tête ; voilà l’exemple dont les peuples ont besoin, et la lumière qui les électrise. »

 

Victor Hugo

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 10:17

« Maitriser le geste graphomoteur et automatiser progressivement le tracé normé des lettres ».  

 

Kézeksa ? Cette formule fleurie signifie : "apprendre à écrire" dans le jargon des pédagogues de l'enseignement public. Ce qui prouve qu'on peut être instruit et stupide à la fois.

La phrase du jour (63)
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25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 08:11

Oiseaux, cessez de chanter !

Ecureuils, cessez de danser !

Dauphins, cessez de sauter !

Soleil cesse de briller !

Que règnent le silence, la nuit et l'immobilité !

 

Amjad Zabri assassiné
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23 juin 2016 4 23 /06 /juin /2016 21:42
J'enrage pour le bocage !
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