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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 22:12

Je ne savais pas que je l'aimais, ai-je dit à Jean Théfaine.  C'est vrai, je l'avais oublié.  Faut dire qu'il avait fait ce qu'il fallait pour qu'on l'oublie. En regardant le portrait sur France 3, j'ai retrouvé des émotions, renforcées encore par les années et le recul. 


C'était un grand homme avec un grand cœur, une belle voix et un vrai poète.

Dans la tradition d'une chanson française littéraire et subtile.


Mais on oublie souvent son art de la mélodie, qui a fait de lui un vrai chanteur populaire, car l'un ne va pas sans l'autre. Ici je vous propose: "Ma Môme", une chanson que j'affectionne : je l'ai chantée à la fin des années 60. Mélodie pure, mots et images précis et simples, c'est un petit chef d'oeuvre. 




Ses mélodies donnent sens et couleur, et font s'envoler les textes. « Aimer à perdre la raison » devient soudain une chanson parce d'une strophe il fait un refrain, et la ligne mélodique ascendante fait fleurir le texte qui devient bien plus lyrique et enthousiasmant.


Il avait une façon très pointue de mettre le texte, le sens en avant, sans sacrifier la mélodie, avec des césures très précises entre les voyelles : « Je déclare / avec Aragon » plutôt que « Je déclaravec Aragon » «  L'image d'Eve / et de la pomme », plutôt que «L'image d'Evet de la pomme », comme diraient la plupart. Il chantait un sens, et le sens était poème, parce qu'il était chanté, rimé, sensible.


Moi qui suis pourtant, et pour des raisons opposées, fan du beau (?) Serge, je dirais que Ferrat était l'anti Gainsbourg. Ils ont couvert la même époque avec des attitudes totalement contraires. L'un semblait jouer sans cesse dans l'espace du couple et de la séduction, jouer avec les mots, les sentiments, les idées, jusqu'à laisser voir la fêlure profonde au détour d'une image. Il chantait pour passer le temps du désespoir...L'autre était au milieu du monde social, qui n'est jamais bien loin, et même dans l'amour, le monde entier vibre et lutte jusque dans l'intime pour vivre et combattre ensemble.

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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 17:28
Le fils du chanteur fait tranquillement son chemin. Juste quelques lignes, pour  vous renvoyer vers un site qui parle de lui, en termes élogieux, sinon je me garderais bien d'en parler !
C'est ici : http://www.macdan.org/spip.php?article2457

Il y a un joli texte, de belles photos, des commentaires sur ses chansons, son jeu de guitare...etc.
On y croit ! ouaip !


Je m'empresse d'ajouter
Pour le bon équilibre
Que le fils du chanteur
A aussi... une maman !
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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 08:38

Ou comment une voix peut vous transporter...


Je l'ai rencontrée au Centre Paul Bert des Longchamps à Rennes, à l'occasion d'une soirée de soutien pour Haïti. Elle chantait des chansons de Pierre Perret, et a aussi chanté « l'Age d'Or » de Léo Ferré. Une merveille de chanson. Elle l'a chantée a capella, en modulant d'un demi ton à chaque couplet, l'accodéon se joint à sa voix dans le dernier couplet. Le public s'est levé d'un bloc pour l'applaudir. C'était mérité : cette voix vous emporte, chaude, vibrante, passionnée.


Je ne sais pas grand chose d'elle : elle est venue du Chili il y a longtemps, fuyant Pinochet, et en plus de concerts sous son propre nom, elle participe à un récital de chansons de Pierre Perret au sein de la Compagnie Patrick Cosnet. (Au passage, ce "coup de casquette à Pierre Perret" est formidable !).  On peut écouter des extraits du répertoire de Gabriela sur son Myspace :


Voici juste une petite vidéo pour vous donner envie d'aller l'écouter.

 



Quelques liens pour mieux la connaître :

Son site ou son blog:


Au passage, je voudrais donner un ultime coup de chapeau à Jean Pierre Depays, décédé brutalement début février. Il travaillait depuis longtemps au Cercle Paul Bert, et faisait un travail de terrain plein de coeur dans le quartier des Lonchamps. Des gens comme lui font vivre et tenir le tissu social, le plus souvent dans l'anonymat et pour une reconnaissance très limitée. Grâce à lui j'ai rencontré, entre autres, la voix de Gabriela, mais aussi des gens  très  chaleureux qu'il avait réunis autour de lui et de son travail ! Merci Jean Pierre, et bon voyage...




 

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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 09:02

 (y a t-il des accents aigus à Sansévérino?)

 

Ouiaiais !!! Un musicien qui chante, ou un chanteur qui musique, comme vous voulez ! J'aime bien quand on ne peut plus faire la différence. Notre ami ( je dis « notre ami », car c'est forcément un pote avec ce qu'il raconte, on va pas le vouvoyer, et lui donner du Monsieur, on va boire une bière avec lui au comptoir en jouant au PMU ! ) que je ne connais pas, développe à la fois humour, verve des mots, calembours et riffs qui tuent, tout ça avec un son de voyou ! En voilà un, j'en suis sûr, qui a mis son côté mauvais garçon dans sa gratte. Il ne se tape pas de littérature, mais il en fait de la grande, plutôt côté San Antonio, Audiard et Tontons flingueurs que Stendhal et côté musique, ça furète partout où ça swingue, swing manouche, bien sûr, on le savait d'avant, mais aussi un net penchant pour la country épicée, voire le blue grass, virtuosité et enthousiasme. C'est vrai qu'on est un peu las des pompes est-européennes, qui camouflent souvent un manque de musicalité attristant, nouveau conformisme. (Pardon, Fatras, je vous aime bien, mais c'est pas pareil !)

 

Mais là où il y a miracle, c'est quand le délire, contrôlé, envahit autant le domaine du mot que de la musique. Sur son fil d'équilibriste sonore et rythmique, on dirait qu'il danse toujours au ras de la chute (ça sent le contrepet) comme s'il était toujours en impro de texte. Ça nous donne des bijoux comme «A Boy Named Sue»

et tous ces bijoux font un joli collier, avec des perles de 90 secondes comme « Finis ta vaisselle » (sinon tu finiras ta vie seul !) que je vous propose en apéro. Zut, Deezer i veut pas me le donner. Alors je change ma commande, Eh ! Marcel Le Diseur, tu me passerais "Dimanche dernier"? Un genre de chanson berceuse pour les enfants, mais plutôt foutraque ! Ben non, non plus ! Bon alors, allez acheter l'album, à la fin, y a rien à jeter ! Et il faut bien qu'ils gagnent trois tunes, les artisses !
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