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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 06:30

Au Arthur's Tavern à New York. Lundi soir. Il y a ce trompettiste funambule, une ancienne gloire des années 60 ou 70. D'un son plein et riche, il tisse un fil merveilleux sur ses doigts de fée, c'est un magicien et chacune de ses phrases est une volée d'étincelles. Mais l'heure glorieuse s'est enfuie depuis longtemps. Alors il vient cachetonner de temps à autre, parce qu'il faut bien vivre.

 

Le chef d'orchestre, lui, joue du trombone. Scolaire, un peu lourd et appliqué, mais c'est lui le chef. Voilà 42 ans qu'il joue ici et chaque semaine il embauche des stars déchues, mais bien contentes de toucher un petit pécule. Lui, il a ses listes de standards, il coche consciencieusement les titres. Dans des colonnes il note les durées, les tempi, tourne les pages pendant que les autres jouent, regarde sa montre : il assure, quoi. Et chacun des autres à son tour assure aussi son thème et son impro. Il sait bien, le gros, qu'il n'est pas génial, qu'il est administratif, mais les années ont filé, et depuis le temps, il a accepté.

 

Et c'est quand même son plaisir du lundi. Retrouver les potes, et s'envoler, être oiseau pendant quelques minutes, oiseau sur d'autres ailes que les siennes. 

 

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3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 21:41

Mon coup de coeur du moment

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16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 06:00

La (ou le?) gadulka : vous connaissiez? Pas moi. C'est un petit violon bulgare, que j'ai vu jouer avec brio et sensibilité par Pauline Willerval.pour la première fois mercredi à l'Antipode mercredi dernier, au concert de "restitution de résidence" de la Kreiz Breizh Akademi. Toujours aussi intéressant, ce groupe qui évolue à chaque promotion, et cette fois, il est centré autour des cordes frottées (violons, violoncelles, contrebasse, vielle à roue et...gadulka).

Gadulka
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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 06:48

 

Ce matin, je vous suggère, sauf votre respect, de vous arrêter une dizaine de minutes. Oui, c'est très long ! mais c'est le temps de lire et relire ce texte, à la fois si simple et si mystérieux, tout le temps que dure cette cantate de Bach, "Schlummert ihr matten Augen", une vraie merveille. Aussi limpide, douce et ample que ce poème, si profondément ancré en Bretagne par ses images. Lisez le, relisez le, et encore, comme on tourne et retourne un coquillage nacré, pour découvrir des reflets cachés au premier regard. 

 

J'ai enfin réussi à intégrer la musique que je souhaitais. Sans cesse, elle semble s'arrêter, et recommence toujours, comme un sommeil qui vient et repart. Au passage, je note qu'il est plus facile de mettre en ligne une vidéo qu'une musique. C'est curieux. Mais j'en ai choisi une version qui a le mérite de ne pas proposer d'images, laissant la place au son. 

 

 

Suppose

Que je vienne et te verse

Un peu d'eau dans la main

Et que je te demande

De la laisser couler

Goutte à goutte

Dans ma bouche

 

Suppose

Que la vague et le sable

Jurent de te dissoudre

Et que je te demande

De m'étreindre à ce point

Qu'on ne puisse te prendre

Et me laisser un corps

 

Suppose

Que je me laisse un jour

Marcher sur l'océan

Et que je te demande

De m'appeler pour voir

Si ton cri peut changer

Mes rapports avec l'eau

 

Suppose

Que pour moi l'étendue

Soit de l'ordre du cri

Et que je te demande

De ramener son règne

À la plainte habitant

le creux des coquillages

 

Suppose

Qu'un oiseau dans l'hiver

Chante comme on triomphe

Et que je te demande

D'accompagner la plaine,

De façon qu'elle aborde

Au niveau de ce chant

 

Suppose

Que le vol d'un oiseau

Nous invite au voyage

Et que je te demande

De nous blottir en lui

Pour avec lui voler

A travers la pénombre

 

Suppose

Que la mer ait envie

De nous voir de plus près

Et que je te demande

D'aller lui répéter

Que nous ne pouvons pas

L'empêcher d'être seule

 

Suppose

Que près de nous la mer

Se mette à grommeler

Et que je te demande

De n'avoir d'autre peur

Que celle que nous donne

Son silence étranglé

 

Suppose

Qu'il n'y ait que le vent

À rencontrer sur terre

Et que je te demande

De souffler à sa place

Et d'agir avec moi

Comme avec un trois-mâts

 

Eugène Guillevic (1907 - 1997)

 

Et je ne le dis jamais par haine de la publimendicité, mais...vous pouvez vous abonner à ce blog. 

 

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14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 12:53

Michel Simon, dans le film : "Le vieil homme et l'enfant".

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7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 08:30

J'ai partagé ici il y a quelques semaines une magnifique vidéo et un texte poétique et scientifique de Carl Sagan. Voici, par ce même scientifique une discussion qui parle, entre autres, de la science et la religion. La science c'est avant tout le doute, la religion repose sur des bases opposées.

 

En substance : il est fondamental que nous mettions en doute ceux qui ont le pouvoir et l'autorité, que ce soit dans les domaines politique, religieux, technologique ou scientifique. Et pour cela, une seule issue : l'éducation !

 

Je n'ai trouvé cette vidéo qu'en anglais, désolé ! mais le texte défile sous l'image, c'est mieux que rien. Bon week end de soleil !

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 08:14

Non, ils n'ont pas disparu ! Ils sont juste partis vers d'autres aventures musicales. Ils étaient parmi les plus drôles des duos musicaux. Un peu de nostalgie, préparez vos mouchoirs !

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 10:32

Voici une vidéo bien complète sur le contenu et l'arrière plan du spectacle "Rue Oberkampf" d'Elie Guillou. Et, bandes de veinards, si vous ne l'avez pas encore vu, il reste quelques séances au Théâtre du Temps (dans le XIème parisien) d'ici fin mars. 

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19 février 2015 4 19 /02 /février /2015 07:43

Hier, pour la 51ème fois, Benjamin Bennet s'est assis, a pris un moment pour s'installer confortablement en lotus sur son coussin et à la 39ème seconde, il a souri. Il va rester ainsi 4 heures. Chacun sa quête. 

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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 08:30

I had a dream ! J'ai fait un rêve ! Aujourd'hui on s'était tenu la main, aujourd'hui on s'était tenu le cœur. On avait ri au milieu de nos larmes, on avait pleuré dans des éclats de rire. On s'était montré à nous mêmes que les mots avaient un sens, liberté, fraternité, que ce pays pouvait se rassembler et résister. Aujourd'hui on était tous ensemble autour de ce rêve, de cette vision, une vraie démocratie où tous se respectaient et allaient même jusqu'à s'aimer, se parler sans se connaître.

 

Dans mon rêve, des millions de gens s'étaient rassemblés pour défendre un lieu dont ils ne savaient même pas qu'il existait, un lien qui les rendait libres, une goulée d'air frais qu'ils respiraient sans le savoir, avant. Il avait fallu du sang, des balles, de la haine, pour enfin revendiquer la vie, la paix, l'amour.

 

Et dans mon rêve cette rencontre sans précédent de notre France avec elle même s'était passée autour d'un petit journal de rien du tout, une feuille de chou que la plupart trouvaient au mieux insignifiante et au pire obscène, un canard bon à jeter à la poubelle, avec à peine quelques dizaines de milliers de lecteurs : une minuscule goutte d'eau. Mais voilà que cette goutte d'eau avait provoqué un déluge. Soudain l'unité existait, soudain on savait autour de quel soleil tournait notre cœur. Des siècles de conquêtes lentes, obstinées, violentes, se jetaient comme des milliers de ruisseaux dans le grand océan d'un rêve humain, vivre ensemble, en paix, côte à côte dans le même pays. Nous venions de prendre conscience de ce qui était en jeu, de ce qu'on voulait nous dérober : le rire, la légèreté, mais aussi la profondeur, la liberté de se moquer de tout, la liberté de chanter, de crier des gros mots, de sauter en rigolant dans les flaques, La liberté de ne rien respecter de ce qui voudrait se mettre hors de portée des quolibets et de la critique. La liberté aussi d'être et de vivre ensemble quelles que soient les différences.

 

Demain bien sûr les politiciens se disputeraient les morceaux de cadavres. Demain on se chamaillerait encore, on critiquerait, on râlerait. On marcherait encore dans des chemins escarpés et arides, mais on n'oublierait pas cette vision fugitive. Une vallée verte et fleurie de sourires. Une place immense où les hommes et les femmes se tiennent les mains.

 

J'ai fait un rêve et soudain, j'étais fier d'être français.

Photo Paris Match

Photo Paris Match

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