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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 10:43

En ces jours de rentrée scolaire, relisons, chers enfants, élèves, parents d'élèves, ce petit texte paru dans Fluide Glacial sous la plume de Pascal Fioretto il y a un moment déjà, mais le fond a peu changé, malgré les réformes et le passage inexorable des années, fussent elles scolaires.

 

L'INSTIT'

 

L’instit’ est un être humain comme vous et moi à part qu’il va manger son goûter dans la cour dès qu’il entend sonner la récré.

N’ayant jamais trouvé la sortie de l’école depuis l’âge de trois ans, l’inst’ ne connaît de la vie que les classes surchauffées et décorées de dessins gondolés à la gouache. Il n’a donc qu’une vague idée du monde du dehors et sait à peine qui est Kylie Minogue. Ceci explique pour­quoi la plupart des instits’ ne sont toujours pas HD ready, votent encore à gauche et sont rigoureusement incapables d’exé­cuter la moindre figure de Tecktonik.

Autre signe d’indécrottable ringardise, il continue à former les gamins au monde tel qu’il devrait être au lieu d’entraîner nos enfants à la compétition libre et non faussée qui les attend à l’extérieur et au tournant. Pire, au nom de valeurs qui sentent l’ardoise rance, la craie humide et l’éponge moisie, certains s’acharnent à gas­piller l’argent public pour sauver, par la pâte à modeler, les futurs délin­quants des maisons de correction ou des charters pour les pays chauds. Je ne dis pas ça pour toucher la prime de délation mais la Caloutte et mon beau-frère font partie du complot.

Au fil des réformes trimestrielles de l’Education Nationale, l’instit’ s’est suc­cessivement appelé instituteur, professeur des écoles, puis, plus récemment, « enculé de sa race ». Retenons qu’il s’est toujours fait maître.

Sa légendaire paresse, qui lui est si souvent reprochée par les créateurs de richesses et les rentiers du CAC, ne résiste pourtant pas à une étude objective. Des observateurs impartiaux du SNES ont en effet démontré que l’instit’ assure à lui tout seul, du haut de son petit bureau en bois, le boulot de 10 flics et de 20 parents divorcés. Sans oublier ses activités annexes d’en­seignant, éducateur, animateur, psychologue, entraîneur, assistante sociale, tuteur, infirmière…

S’il est vrai qu’il gagne en un mois ce que touche un footballeur en prenant sa douche, l’instit’ se rattrape avec ses vacances scandaleusement longues qui n’ont rien à envier à celles de nos animateurs télé. D’ailleurs, pendant que les productifs se cassent le dos pour se payer des écrans plats et des appareils sans fil, l’instit’ tue le temps en lisant tes bouquins en couleurs pastel de l’Ecole des Loisirs, en recomptant ses gommettes, en corrigeant ses cahiers à gros carreaux et en préparant la prochaine classe nature à la campagne (ce qui, au passage, lui fera une semaine de vacances supplémentaire). De toute façon, dès qu’il en a marre de se faire bastonner par les parents d’élèves ou qu’on lui crame sa voiture et son expo sur les rapaces, l’instit’ part en dépression carabinée dans une luxueuse maison de repos.

A son retour, bourré de verveine, il est à nouveau capable d’apprendre l’écriture et la poésie à des petits cons décérébrés par Gulli, auprès desquels un type normal ne tient pas plus de dix minutes (avant strangulation).

Signe particulier de l’instit’ : il passe sa vie à chercher une rallonge. Il peut s’agir d’une rallonge électrique, pour projeter des diapos sur les volcans (alors que t’as les mêmes sur Nintendo Wii en dolby surround 5.1) ou d’une rallonge budgétaire (pour permettre à Mourad, Titine et Mamadounia de venir à la piscine avec leurs camarades).

On l’aura compris, l’instit’ est un chieur qui se plaint toujours alors qu’il ferait mieux de se la fermer puisqu’il n’est même pas cap’ de bloquer le tunnel du Mont-Blanc ou de déverser du fumier devant les préfectures.

Quand je pense à ce que mes instit’s ont fait de moi, fils de prolo qui ne demandait qu’à travailler à la mine, j’ai des renvois de gratitude. C’est dire s’ils ont réussi leur travail de sape intellectuelle.

 

(Pascal Fioretto sur Fluide Glacial)

 

 

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27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 07:21

Ils sont trois sur scène : côté cour, un contrebassiste réservé, à la mise classique, côté jardin une pianiste jolie comme un cœur, en tailleur gris strict et...les pieds nus, et au centre le chanteur-auteur-compositeur-trompettiste-tromboniste-guitariste et batteur, qui porte un costume un peu de traviole et une cravate du même métal. Et surgissent par éclairs Boris Vian, Albert Marcoeur, ce touche à tout cinglé des années 70, Dick Annegarn pour certains phrasés, Jean-Claude Asselin pour la verve de jazz vocal...

 

 

Mais non, oubliez ces ressemblances fugitives, elles permettent juste de ne pas se noyer dans cet univers étrange et drôlissime : c'est Benoît Paradis, qui vient déverser sur nos oreilles sa mélancolie joyeuse ou si on préfère sa gaîté cafardeuse. J'ai vu Zaza Fournier auparavant dans la même salle (Théâtre de l'Arrache Coeur à Avignon) et je n'ai pas saisi un quart des paroles des chansons. Puisqu'elle en est à la presque 20ème séance dans le même lieu, j'en ai déduit que ce doit être un choix artistique. J'ai été soulagé de voir que le sonotone n'était pas forcément la solution, puisque chez Benoît Paradis et sur le même système de son on comprend tout, sauf ce qu'on ne comprend pas vu qu'il est Québécois et que le lexique acoustique n'est pas toujours au point. Il puise dans les standards de jazz, qu'il adapte à sa sauce, F#ck le Rêve (Darn that dream), ou compose des trucs qui ont l'air de standards, avec un humour au vitriol (Tu parles trop) ou une tendresse dans les ballades à couler comme du miel. Mais souvent c'est l'Oulipo qui montre le bout de son nez, (« J' me sens, t'as tu toute).

 

 

Virtuosité musicale, vocale, parolière, orchestrale, instrumentale, c'est intelligent, marrant, touchant, alors que demande le Peuple ? Le Peuple exige que ce trio d'enfer soit plus connu pour avoir plus de monde à ses concerts. Car au dessous d'une certaine jauge, l'énergie circule moins bien, c'est comme ça, c'est du spectacle vivant. Courez donc, mais il sera peut être pas souvent par là vu qu'il lui faut traverser l'océan Atlantique et celui, bien plus immense, des média indifférents.

 

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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 06:30

Au Arthur's Tavern à New York. Lundi soir. Il y a ce trompettiste funambule, une ancienne gloire des années 60 ou 70. D'un son plein et riche, il tisse un fil merveilleux sur ses doigts de fée, c'est un magicien et chacune de ses phrases est une volée d'étincelles. Mais l'heure glorieuse s'est enfuie depuis longtemps. Alors il vient cachetonner de temps à autre, parce qu'il faut bien vivre.

 

Le chef d'orchestre, lui, joue du trombone. Scolaire, un peu lourd et appliqué, mais c'est lui le chef. Voilà 42 ans qu'il joue ici et chaque semaine il embauche des stars déchues, mais bien contentes de toucher un petit pécule. Lui, il a ses listes de standards, il coche consciencieusement les titres. Dans des colonnes il note les durées, les tempi, tourne les pages pendant que les autres jouent, regarde sa montre : il assure, quoi. Et chacun des autres à son tour assure aussi son thème et son impro. Il sait bien, le gros, qu'il n'est pas génial, qu'il est administratif, mais les années ont filé, et depuis le temps, il a accepté.

 

Et c'est quand même son plaisir du lundi. Retrouver les potes, et s'envoler, être oiseau pendant quelques minutes, oiseau sur d'autres ailes que les siennes. 

 

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3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 21:41

Mon coup de coeur du moment

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16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 06:00

La (ou le?) gadulka : vous connaissiez? Pas moi. C'est un petit violon bulgare, que j'ai vu jouer avec brio et sensibilité par Pauline Willerval.pour la première fois mercredi à l'Antipode mercredi dernier, au concert de "restitution de résidence" de la Kreiz Breizh Akademi. Toujours aussi intéressant, ce groupe qui évolue à chaque promotion, et cette fois, il est centré autour des cordes frottées (violons, violoncelles, contrebasse, vielle à roue et...gadulka).

Gadulka
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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 06:48

 

Ce matin, je vous suggère, sauf votre respect, de vous arrêter une dizaine de minutes. Oui, c'est très long ! mais c'est le temps de lire et relire ce texte, à la fois si simple et si mystérieux, tout le temps que dure cette cantate de Bach, "Schlummert ihr matten Augen", une vraie merveille. Aussi limpide, douce et ample que ce poème, si profondément ancré en Bretagne par ses images. Lisez le, relisez le, et encore, comme on tourne et retourne un coquillage nacré, pour découvrir des reflets cachés au premier regard. 

 

J'ai enfin réussi à intégrer la musique que je souhaitais. Sans cesse, elle semble s'arrêter, et recommence toujours, comme un sommeil qui vient et repart. Au passage, je note qu'il est plus facile de mettre en ligne une vidéo qu'une musique. C'est curieux. Mais j'en ai choisi une version qui a le mérite de ne pas proposer d'images, laissant la place au son. 

 

 

Suppose

Que je vienne et te verse

Un peu d'eau dans la main

Et que je te demande

De la laisser couler

Goutte à goutte

Dans ma bouche

 

Suppose

Que la vague et le sable

Jurent de te dissoudre

Et que je te demande

De m'étreindre à ce point

Qu'on ne puisse te prendre

Et me laisser un corps

 

Suppose

Que je me laisse un jour

Marcher sur l'océan

Et que je te demande

De m'appeler pour voir

Si ton cri peut changer

Mes rapports avec l'eau

 

Suppose

Que pour moi l'étendue

Soit de l'ordre du cri

Et que je te demande

De ramener son règne

À la plainte habitant

le creux des coquillages

 

Suppose

Qu'un oiseau dans l'hiver

Chante comme on triomphe

Et que je te demande

D'accompagner la plaine,

De façon qu'elle aborde

Au niveau de ce chant

 

Suppose

Que le vol d'un oiseau

Nous invite au voyage

Et que je te demande

De nous blottir en lui

Pour avec lui voler

A travers la pénombre

 

Suppose

Que la mer ait envie

De nous voir de plus près

Et que je te demande

D'aller lui répéter

Que nous ne pouvons pas

L'empêcher d'être seule

 

Suppose

Que près de nous la mer

Se mette à grommeler

Et que je te demande

De n'avoir d'autre peur

Que celle que nous donne

Son silence étranglé

 

Suppose

Qu'il n'y ait que le vent

À rencontrer sur terre

Et que je te demande

De souffler à sa place

Et d'agir avec moi

Comme avec un trois-mâts

 

Eugène Guillevic (1907 - 1997)

 

Et je ne le dis jamais par haine de la publimendicité, mais...vous pouvez vous abonner à ce blog. 

 

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14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 12:53

Michel Simon, dans le film : "Le vieil homme et l'enfant".

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7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 08:30

J'ai partagé ici il y a quelques semaines une magnifique vidéo et un texte poétique et scientifique de Carl Sagan. Voici, par ce même scientifique une discussion qui parle, entre autres, de la science et la religion. La science c'est avant tout le doute, la religion repose sur des bases opposées.

 

En substance : il est fondamental que nous mettions en doute ceux qui ont le pouvoir et l'autorité, que ce soit dans les domaines politique, religieux, technologique ou scientifique. Et pour cela, une seule issue : l'éducation !

 

Je n'ai trouvé cette vidéo qu'en anglais, désolé ! mais le texte défile sous l'image, c'est mieux que rien. Bon week end de soleil !

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 08:14

Non, ils n'ont pas disparu ! Ils sont juste partis vers d'autres aventures musicales. Ils étaient parmi les plus drôles des duos musicaux. Un peu de nostalgie, préparez vos mouchoirs !

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 10:32

Voici une vidéo bien complète sur le contenu et l'arrière plan du spectacle "Rue Oberkampf" d'Elie Guillou. Et, bandes de veinards, si vous ne l'avez pas encore vu, il reste quelques séances au Théâtre du Temps (dans le XIème parisien) d'ici fin mars. 

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