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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 08:53

L'angoisse du gardien de but au moment du pénalty : c'est un des premiers films de Wim Wenders, au début des années 70. C'est peu dire que j'ai aimé ce réalisateur, surtout à ses débuts, ses récits d'errance au long des routes d'Europe ou d'Amérique du Nord. Je n'ai pas trouvé d'extrait de ce film là, alors je vous en propose un autre, plus connu : Les ailes du désir. Une merveille de poésie et d'humanité : un ange choisit de devenir mortel pour le parfum du café dans le froid d'un matin d'hiver, pour les yeux d'une femme volante.

Mais le sujet d'aujourd'hui, c'est l'angoisse du gardien de but.

 

  • « Mais pourquoi donc Gérard ? »

 

Je vous essplique : un album sort bientôt (voir mon article sur le bassineur de pirates) mais « bientôt » c'est encore plus de deux semaines. Et moi, ça fait un moment que je l'ai dans les mains cet album. Et ce laps de temps entre l'arrivée de l'objet fini et son avènement effectif en public, oh ! c'est long, c'est long, ma doué que c'est long (ça vous rappelle quelque chose ? ) et angoissant. Non, j'exagère, pas angoissant, mais juste tendu par l'impatience. J'ai hâte de le voir circuler, vivre enfin de sa vie libre, hors de moi.

 

Bon, c'est vrai, il y a les élections, les guerres, les tempêtes, l'oncle Donald qui jongle et pirouette avec les ordures. Moi, j'ai mon petit souci à moi. Mais c'est un souci bien agréable, je l'avoue.

 

Et voilà, je vous ai encore bassiné avec le même sujet. Incorrigib' qu'il est !

 

En échange, vous savez tout sur mes talents de footballeur.

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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 07:29

Le chanteur est content : ses chansons vivent leur vie, sans lui !

Chanteur content
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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 09:31

Notoriété : un outil de travail!

 

Vous aurez noté que j'ai tendance à prêcher un pragmatisme violent: talent=succès. Mais c'est mon expérience personnelle qui parle: après avoir abondamment craché dans les années 70 sur le show-biz et sur le succès avec la fougue et la naïveté touchante de la jeunesse, j'ai payé le prix ce ces choix de façon plutôt sévère. Et rendu bien plus loin sur le chemin, en tout cas sur le chemin de la vie et des années, je constate que, pour l'artiste du spectacle vivant, la notoriété est un outil nécessaire pour progresser. Va t-on rester dans sa chambrette à créer des œuvres magnifiques que personne n'entendra? Attendre 21h 30 le soir du spectacle ("il y a un match, un bon film à la télé, la kermesse de l'école etc) pour se résigner à chanter devant les trois tondus qui sont notre public chéri? Non, très vite cela devient insupportable, décourageant et "tue l'amour". Cet amour pour lequel justement on s'est lancé dans le vide et l'incertitude.

 

A moins d'être un sage. Comme l'auteur de "Sugar Man", Sixto Rodriguez, que le monde entier célèbre soudain, surprise! comme le génie méconnu de la pop du XXème siècle. Par quel miracle revient-il soudain au jour? Par son succès mystérieux en Afrique du Sud : le public s'est emparé d'un de ses titres et en a fait un étendard de la contre culture. Je ne nie pas son talent, loin de là, mais je suis prêt à jurer qu'il y en a mille comme lui. Mais allez voir le film, c'est passionnant et émouvant.

 

 

 

 

Et ce qui est le plus beau et qui me réjouit, c'est sa façon simple et modeste d'accueillir cette gloire soudaine. A 70 balais devenir une star avec ce qu'on a créé à 20 ans, ça doit faire bizarre !

 

C'est comme si je découvrais que chez les Philippins mon album La Faridondaine s'est vendu à 500 000 exemplaires, et que je doive remonter sur scène pour chanter ces chansons à travers lesquelles je cherchais ma voie. Non, je ne suis pas sûr de me souhaiter ça!


 

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 22:19

C'est l'histoire d'un bide. Il y a prescription, ça fait bien quatre ans que ça s'est passé, les ados d'alors sont au lycée, presque de jeunes adultes.  


Patrik Ewen avec ses histoires croustillantes, Yvon le Men avec ses poèmes ou ses nouvelles craquantes sur l'adolescence, et moi, modestement, avec mes chansonnettes : les uns comme les autres, on n'aurait pas eu trop de mal à se sortir en solo du guêpier où on s'était fourrés: on sait s'adapter! Mais le hic, c'est qu'aujourd'hui on a un cap à tenir : «Vers l'Extrême Nord du Monde». Et sauf danger de mort, aucun capitaine n'abandonne le navire dans la tourmente.



ExtremeNord-2-visuels.jpg

Nous jouons à Landivisiau pour la Communauté de Communes du Pays du même nom. L'idée est de tenter une ouverture vers les scolaires du spectacle «Vers l'Extrême Nord du Monde». (J'en ai déjà parlé : allez voir ici) Belle idée, mais...risquée ! Nous sommes tous trois (tous quatre : n'oublions pas Dom Thiboulet, régisseur) un peu anxieux. On connaît la musique, quatre vieux singes de la scène! Et on sait que les collégiens sont le public le plus difficile, par leur état transitoire, entre deux âges, entre deux peaux, entre deux cultures.

 

 

Nous prenons donc la précaution préalable de raccourcir l'ensemble d'un petit quart d'heure, et d'enlever les textes les plus arides. Premier spectacle le lundi : pas si mal. Une bonne écoute, et à la fin, les enfants viennent nous voir, apparemment ravis. Une maîtresse nous dit : «c'est quand même un peu difficile, par moments». On acquiesce. Mais on se rend compte en discutant que la majorité du public était en fait des CM1 CM2, et quelques 6èmes. Le test n'est donc pas vraiment concluant.

 


final

 

Mardi après midi : des «vrais sixièmes». Les dix premières minutes se passent à peu près bien, et peu à peu, la salle s'agite, et les «hou !» saluent les fins de texte, mêlés aux applaudissements. L'effet de groupe marche à fond, et les «hou !» se font plus présents. Ils tapent dans leurs mains dès que c'est possible, ricanent, chahutent...Riant sous cape, nous tenons bon «la barre aux cinq épines de lumière», contre vents et marées. On arrive au port, tant bien que mal. On se retrouve dans la loge, dépités, mais rigolards : on a perdu une manche. Soyons beaux joueurs: on a tenté, on s'est ramassé!  On a bien quelques circonstances atténuantes, mais le résultat est là : le bide !

 

 

Le soir, quelques enseignants, frustrés de l'après midi, assisteront au spectacle avec leurs enfants et en ressortiront ravis. Dommage que les sixièmes n'aient pas trouvé la clef d'entrée. Le Nord que nous proposons ne se donne pas si facilement. Il exige du spectateur une participation active. Sinon, il reste à la porte, dans le froid, à se cailler les miches. «Hou, hou...ça caille».

 

 

 

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 22:17

 

Ça fait un drôle d'effet de trouver exprimé dans des termes "scientifiques" et relativement froids les sentiments que l'on ressent sur une question qu'on connaît bien, et là, je dois dire que je suis scotché par cet exposé de Pierre Michel Menger (directeur de recherche au CNRS, et directeur d'études à l'EHESS Ecole des hautes études en sciences sociales). Il a étudié de près les conditions de travail et de vie dans toutes sortes de disciplines, spectacle vivant, mais aussi arts visuels, littérature...et en a sorti une somme passionnante sur l'artiste au travail. 


 

Pierre-mIchel-Menger-copie-1.jpg

 Si vous avez une trentaine de minutes, prenez le temps d'écouter cette conférence.

 

En substance : le monde des arts vit sur un volcans d'inégalités, mais elles y sont bien mieux tolérées que dans n'importe quel autre domaine. C'est un monde de très forte compétition, qui condamne à l'invention permanente. Il y a un taux d'échec très élevé, mais cette incertitude est justement un des carburants de l'innovation. Pour entrer dans ces métiers, il est nécessaire de surestimer ses chances de succès, car elles sont très minces. Conformément à la Loi de Pareto 80% des ressources sont occupées par 20% des artistes. Il suffit d'inverser les chiffres pour comprendre la difficulté de s'en sortir convenablement. Et c'est d'autant plus difficile que si on n'y entre pas facilement, il y a aussi une barrière importante à la sortie : on a investi tellement d'espoir, d'énergie, d'efforts dans son engagement, qu'il est très difficile d'admettre qu'on va devoir en sortir.

 

Bon...Quand on vit dans ce paysage, on n'est pas surpris. Mais l'entendre dire de cette façon, se trouver soi même objet d'étude, c'est surprenant!


 

 

(merci à Melaine, qui m'a fait passer les références de cette vidéo)

 

 


 

 

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 08:12

Toujours sur le thème "talent et succès", cette chanson tragique, qui date de 1950.

...Et tu croyais en ma bohême

Mais si tu pensais à 20 ans 

qu'on peut vivre de l'air de temps

Ton point de vue n'est plus le même

 

 


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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 09:23

Et moi, j'en ai t'y du talent? 

Voici donc une question que se pose tout artiste, souvent débattue, jamais résolue. Rory en a-t il plus que moi? et James, qui a un succès fou, je lui en trouve un bien petit, et Wolfgang, qui rame comme un malade, quelle injustice alors qu'il a tant de talent !

 

Il y a une phrase qui tourne dans tous les cercles de critiques, phrase qui rassure tous les professionnels, qui connaissent parfaitement l'injustice qui préside aux métiers de l'art: "tous ceux qui ont du talent, finissent un jour par avoir du succès. Qu'on me cite un seul nom que quelqu'un qui a du talent et qui n'a pas eu de succès". Sophisme magnifique ! car il permet d'en déduire que

1: tous ceux qui ont du talent doivent avoir du succès.

2: tous ceux qui ont du succès ont du talent.

3: ceux qui n'ont pas de succès, c'est qu'ils n'ont pas de talent.

Ce serait un raisonnement bien pratique pour rendre la justice : "si tu es condamné, c'est que tu es coupable" et vice versa: ça économiserait des frais inutiles ! 

 

 

 

On nous a abondamment abreuvés de Van Gogh, de Rimbaudexemples qui sont devenus les références du fameux talent inconnu, que la postérité portera aux nues et qui n'aura jamais profité de son succès. Ça permet à tous les débutants de se consoler en se disant qu'ils sont eux aussi des génies inconnus. Mais hélas, ou plutôt heureusement, ce sont des cas rares. Il me semble bien que 99,9% des gens célèbres l'ont été de leur vivant. Quelle consolation d'être célébré après sa mort!

 

Mais si être connu c'est avoir du talent, que dira t-on des milliers d'artistes qui alimentent de leurs créations les saisons culturelles, et qui pour la plupart sont totalement inconnus ? Les professionnels les identifient. Mais pour le "grand public", ils ne sont personne, néant, z'existent pas. Si on veut quantifier le talent, on entre alors dans l'absurde le plus complet.

 

En réalité, bien sûr, la seule chose dont on soit objectivement certain, ce n'est pas le talent, c'est le succès! Et très vite, ce qu'on fête, qu'on admire, c'est le succès! la quantité d'argent! le succès! de bravos! le succès! d'entrées! le succès! de dollars, de piasses, de biftons, d'euros, de pépètes, de lingots! Pour ça au moins, on a une mesure objective. Le reste, c'est du mythe, le prix de consolation : "coco, tu n'as pas un rond, tu ne vends pas, tu crèves la dalle, mais quel talent tu as !".

 

Comme dit Oxmo "comment chiffrer la valeur lorsqu'à table le succès devient l'avaleur". Regardez donc cette vidéo, écoutez bien le texte, cette chanson dit tout bien mieux que moi, et l'illustre avec des images magnifiques. Que de talents réunis! 

 

 

 

 


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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 08:41

 

Talent, succès...Voilà un sujet préoccupant quand on est, ou quand on se croit, artiste. J'y réfléchis depuis longtemps et m'apprêtais à publier quelques petits textes à ce propos. Et voici que tombe à pic une anecdote, qui m'a été soufflée par Yves Lympalair et que je recopie, comme lui, sur Wikipédia. Comme nous sommes au lendemain des 20èmes Victoires de la musique classique. Pour comprendre il faut commencer par regarder cette vidéo :

 

 

Désolé: la vidéo a été retirée ! Explication : le 12 janvier 2007 Joshua Bell (célèbre violoniste, que je ne connaissais pas, et que je vous laisse découvrir par ce lien) a participé à une expérience menée par The Washington Post à une heure de pointe, le matin, dans le hall d'une station de métro à Washington. Cet événement a été organisé par le journal dans le cadre d'une "expérience de psychologie comportementale sur la perception, les goûts et les priorités" (évidemment, dit comme ça, ça fait chic et on se dit que c'est du sérieux !). 

 

Joshua Bell a ainsi joué trois quarts d'heure et a pu récolter 32 dollars pour un total de sept personnes seulement qui se sont arrêtées un instant pour l'écouter jouer, et sans compter les 20 dollars laissés par l'unique personne l'ayant reconnu. Donc disons 12 piasses comme ils disent au Québec. 

 

Le point-clé de cette expérience apparut lorsqu'il eut fini de jouer. En effet, il n'y eut aucune réaction, aucun applaudissement. Une seule personne l'avait reconnu. Personne ne savait que ce violoniste était célèbre, et qu'il venait de jouer sur un Stradivarius célèbre de 1713, le Gibson ex-Huberman, acheté par le violoniste quelques années auparavant 3,5 millions de dollars, ni que deux jours auparavant il avait joué au théâtre de Boston à guichets fermés pour des spectateurs qui avaient payé leur place jusqu'à 100 dollars.

 

La conclusion du journaliste revient à se demander : « Dans un environnement ordinaire, à une heure inappropriée, sommes-nous capables de percevoir la beauté, de nous arrêter pour l'apprécier, de reconnaître le talent dans un contexte inattendu ? » Cette expérience et surtout l'article qui fut publié valurent à son auteur, le journaliste Gene Weingarten, un Prix Pulitzer en 2008.

 

Quel talent il a ce journaliste !

 

 

 

 

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 09:00

Comme souvent, revoici le statut des intermittents du spectacle de nouveau remis en discussion. On vous dira partout que le régime est en déficit. Si vous avez 10 minutes, regardez cette vidéo, qui semble démontrer qu'on nous bourre le mou...Et qui montre, accessoirement, la difficulté d'interpréter des chiffres, des données, des statistiques. 

 


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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 08:54

 

Streamezzo

Bien sûr, jouer tous les jours ou presque, ça pourrait paraître laborieux, fastidieux, et certaines années, j'avoue qu'arrivé juste avant Noël, j'en ai ma claque...Mais cette année, non : rien que du bonheur. D'accord, les conditions techniques ne sont pas toujours telles qu'on les souhaiterait. Bien sûr, il y a la route, tous les jours, sous la pluie, dans la nuit, et les levers à l'aurore un peu chiffonné parce que j'ai une fois de plus chopé la crève au mauvais moment. Et au réveil chaque matin je me dis : non, je ne vais pas pouvoir chanter aujourd'hui...Et puis si, quand c'est parti, après quelques hoquets de toux, je finis toujours par y arriver. Et tant pis si ça paraît cucu, les enfants me font du bien : par leurs yeux, leurs rires, ils rayonnent et me donnent du vrai bonheur, au moins autant que je leur en apporte par mes chansons.

 

Et au passage, un mot de remerciement à ceux qui travaillent avec moi, Marie LaureMichelleLauraDom': sans elles, sans lui, la croisière serait une galère.  

 

Le summum, c'est le "Chaudron Carhaisien" de l'Espace Glenmor, plein à craquer. Cinq cents voix qui chantent le refrain de "La petite Marseillaise" au cœur même de la ville la plus bretonnante de Bretagne (n'y voyez pas malice, ça ne me semble pas incompatible) ça vous donne des frissons, et ça justifie les fatigues et nuits courtes. J'ai vu quelques milliers d'enfants pendant ce mois de décembre, et entendu toutes ces petites mains qui applaudissent "clip clip clip" (et non "clap clap clap") : j'ai eu droit à un Noël tous les jours.


 

 







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