Un chanteur de toutes les couleurs
26 Juillet 2018
A ma gauche : Festival des Vieilles Charrues (Carhaix - 29) : 280 000 spectateurs.
A ma droite : Fête des Jeunes Binettes (Trémargat - 22) : quelques centaines de spectateurs.
Comme je l'ai affiché récemment sur FB, tous deux arborent des culottes...

Mais, croyez le si vous voulez, il y a des tonnes d'autres points communs. On s'y rencontre entre potes et potesses, on y boit des coups, on y discute, on y mange, on danse, on rigole, on trouve ou on perd parfois l'amour, on se bourre la gueule, et à l'occasion, on y écoute de la musique.
Je n'étais pas à Landeleau en 92 à la première édition des Vieilles Charrues (baptisées par dérision des Vieux Gréements de Brest) mais j'imagine qu'elles ressemblaient aux Jeunes Binettes d'aujourd'hui : un champ, quelques stands, un chapiteau minuscule, de jeunes parents et une foule d'enfants qui courent partout, et beaucoup de bonne volonté et de bonne humeur. Les toilettes sèches n'étaient pas encore à la mode. L'essentiel n'y est pas la musique, les spectacles, mais d'abord être ensemble, affirmer une vie locale, des valeurs et des projets communs.

On verra dans 25 ans ce que deviendront les Jeunes Binettes. Mais ce qui est sûr, c'est que les Vieilles Charrues ont changé de braquet, c'est le moins qu'on puisse dire. Et je suis carrément admiratif devant cette ville éphémère avec quatre scènes, des dizaines de concerts de renommée internationale, une organisation au top, un système de monnaie virtuelle qui évite les vols et la manipulation d'espèces. Un véritable tour de force ! sauf que pour finir, j'ai fui devant la foule, le bruit, le niveau sonore : je souffre à écouter la musique avec des bouchons d'oreille, ou à regarder une toile avec des lunettes fumées. J'ai senti, hélas, que les années avaient fait leur oeuvre, et me suis dit : ce n'est plus de mon âge, gast !
On peut aimer ou ne pas aimer. Mais ce qui me réjouit vraiment, c'est que la Bretagne soit capable de présenter ces deux extrêmes le même jour, avec, comme je l'imagine, toutes sortes de nuances intermédiaires dans des tas de villes et villages. Ce sont des philosophies opposées ou complémentaires et nous arrivons à leur permettre de cohabiter : quelle jolie victoire !
Il y a des années, au moment de la "Breizh touch", j'avais évoqué la Corse. je le redis : nous n'avons pas besoin de bombes.
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