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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 09:51

 

On me demande les paroles de la chanson "Tu es un homme". Les voici : (la musique, vous pouvez l'entendre en cliquant ici)

 

TU ES UN HOMME


Paroles et musique : Gérard Delahaye


Courbe l'échine

Fais tourner la machine

Le bureau ou l'usine

Et courbe bien le dos

Courbe la tête

On te vend on t'achète

On te prend on te jette

Comme un vieux mégot


Refrain :


Comment parler

Comment crier, ne plus se taire ?

Comment lutter

Comment ne plus se laisser faire ?

Tu es un homme et je te nomme

« Mon camarade »

Viens donne moi la main

Tu es un homme et je te nomme

« Mon camarade »

Hey ! donne moi la main


T'es hors d'haleine

T'es toujours à la peine

Saigné aux quatre veines

Par les petits boulots

Tu perds la foi

T'as mêm' perdu ta voix

Tu connais plus tes droits

T'es au bout du rouleau


Au refrain


Seul dans ton coin

Tu rages et tu te plains

Et pourtant tu sais bien

Que tu es des millions

Des frèr's des sœurs

Qu'ont de l'espoir au cœur

Rejoins les n'aie pas peur

Arrache ton baillon


Au refrain

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Published by Gérard DELAHAYE - dans ACO
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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 21:01

 

Religion : je ne suis pas pratiquant, même pas croyant, mécréant, donc, sans doute. De ce qui me vient spontanément, rêves, poèmes, images, j'aurais tendance à croire que je suis panthéiste, à la manière des Celtes...? Mais c'est ridicule. Autant oser dire que je suis athée, à regret, d'ailleurs.

 

Petite introduction pour dire mon étonnement quand on m'a demandé une chanson pour l'Action Catholique Ouvrière, syndicat qui allait fêter ses 60 ans en mai 2010. (On me fait remarquer gentiment que ce n'est pas un syndicat, mais un mouvement). J'ai dit oui. Si j'avais su à quoi je m'exposais, je n'aurais peut être pas accepté.


Mais j'ai dit oui : j'en avais gros sur la patate, avec « la crise », les banques, les usines qui ferment, les emplois qu'on supprime à pleines bennes d'un claquement de doigts, la bourse qui chute et remonte un peu plus tard comme si de rien n'était, et les emplois précaires qui fleurissent dans ce brouillard économique. Pour qui on nous prend? Des pions, qu'on change de case au hasard des conjonctures, jeu de quilles qui tombent dans des éclats de rire...Cynisme et cupidité jusqu'à la mort par asphyxie. J'étais très en colère ! Mais que peut le chanteur?

 

 

 

Si Jean Paul Corriette, voisin Jacquolandin et militant de ce syndicat, (non, Gérard ! mou-ve-ment !) m'a demandé une chanson, c'est sans doute qu'il a décelé en moi les traces d'une tradition, d'une culture «catho»que j'assume de façon passive : élevé par les frères et les militaires, ce n'est pas un hasard si je hais la calotte et l'uniforme. Mais « ce qui compte, ce n'est pas ce qu'on a fait de nous, mais ce qu'on fait de ce qu'on a fait de nous » (citer Jean Sol Partre, ça fait chic !) . Et j'essaie d'assumer et de recycler à ma façon cet héritage et les valeurs qu'on m'a inculquées, de gré ou de force.

J'ai donc écrit et composé cette chanson, avec un peu de difficulté, mais pas tant que ça, si j'y réfléchis bien, ça aurait pu être bien pire. Vivent les commandes ! qui nous poussent à aller chercher là où on n'aurait pas idée d'aller, où l'on n'oserait pas s'aventurer, par pudeur, par peur de ne pas être à la hauteur, ou de ne pas avoir le bon profil. Mais essayer d'être « utile », comme disait Julien Clerc, ou plutôt Etienne Roda Gil.

J'avais en tête ces chants italiens (Bella ciao, Avanti popolo...) qu'on chante à plein chœur et à pleine voix, avec fougue et enthousiasme. Des chants qui rassemblent, dynamiques, mais pas guerriers. Des chants de fête, chants de lutte, où chanter est déjà un acte militant, parce que c'est déjà un mouvement. Ce qui donne : « Tu es un homme ».

Et au passage, j'ai rencontré des gens forts et généreux, engagés au quotidien, et qui m'ont bluffé.

 

L'album des 60 ans de l'ACO vient de paraître, bientôt disponible sur leur site : www.acofrance.fr

 

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