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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 11:54

L'ouvrier artisan travaille 42 heures par semaine. On est témoin : il arrive ( de 30 km) le matin à 8h30, repart à 17h30, 1 heure de pause le midi. Bon, c'est vrai, on lui offre un café le matin, et une bière en fin de journée : une vingtaine de minutes de pause. Travail physique, par tous les temps. Quand il pleut, il a une combinaison imperméable, quand il fait beau , les ardoises réfléchissent le soleil, il prend des couleurs. Charges lourdes, posture courbée.

 

Mais l'ouvrier artisan est fier de son métier, et malgré les efforts physiques il le fait avec cœur, avec noblesse, même, heureux de contempler en fin de chaque journée le travail qui avance, travail bien fait, qui durera des années, voire même cent ans, comme il nous l'a dit : on ne sera pas là pour vérifier et lui non plus. Mais je le crois.

 

Il a du cœur. Plutôt content même, mais parfois, un peu d'amertume affleure quand il parle des salaires, pas très gros, des perspectives de retraite / pénibilité, même s'il a moins de trente ans et que ce n'est qu'une perspective lointaine.

 

Quand il parle des passe droits et de la prévarication (je mets un lien pour que votre vocabulaire s'enrichisse!) dans les définitions de zones « constructibles ».

 

Quand il parle aussi des jeunes de son âge ou à peine moins, étudiants qui font la fête, boivent et fument des pétards, et qui dans peu de temps, juges, avocats, gendarmes, seront en position de le juger. « Il y a deux mondes, qui ne se connaissent pas, totalement étrangers l'un à l'autre ».

 

Quand il parle de ceux « qui ne travaillent que pour maintenir leurs droits », de l'Europe qui permet d'employer des travailleurs sans les rémunérer au prix local du marché...

 

Et peu à peu, au fil des jours, on voit se dessiner un profil qu'on a du mal à faire coller aux statistiques. Un homme, gentil, serviable, appliqué, sérieux, plein de cœur et de générosité. Mais qui a l'impression que sa place, son travail et ses valeurs ne sont pas reconnus et sont même bafoués.

L'humeur de l'artisan
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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 09:27

 

Violon-souris-2.jpgElle s'est introduite dans l'étui par un petit trou triangulaire. Elle soigneusement déchiqueté le chiffon microfibre qui se trouvait à l'intérieur. Ce qu'elle a fait avec les crins de l'archet, je ne sais pas trop, mais elle les a aussi coupés avec amour et application. Au fond du nid, elle a placé une petite feuille de chêne.

Violon-souris-4.jpg

Comme c'est mignon ! Le hurlement que j'ai failli éructer quand j'ai découvert cette installation s'est transformé en sourire. Il faut dire que ce violon, je n'en joue jamais. Il est là, au purgatoire des violons, en attendant qu'une bonne âme veuille bien le faire chanter de nouveau.

 


N'empêche que j'ai dû déclarer la guerre aux souris, et la ligne de front est mouvante. Je ne sais pas encore si je peux gagner.  

 








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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 16:37

Savez vous qu'EDF est passé à l'Olympia? Ce sont les Tri yann qui y ont fait notre deuxième partie. Et c'est ce jour là, mais avec six mois de décalage l'été suivant, qu'on a rencontré Adrien Pérez, qui les suit partout où c'est possible, et croyez moi si vous voulez, il rejoint désormais aussi le Trio EDF chaque fois qu'on joue dans l'Est de la France. Si! ça arrive assez souvent! Du coup, des liens se sont tissés au fil du temps. 

 

Et Les Oudlers ? C'est un groupe de chanson folk de Saône et Loire. Autour d'Adrien Perez (qui est aussi permanent unique de la Fédération française de tarot - sans "s" car sinon, ça fait voyance, paraît-il!) deux musiciens chanteurs: Paul Villiers et Adrien Sénécat. 

Le-Oudlers-2.jpg

 

Ils viennent de commettre un album plein de fraîcheur, " Bienvenue au village ". On y retrouvera des échos de Malicorne ou de Tri Yann, dans les reprises de traditionnels, mais il y a aussi quelques créations de leur composition, et c'est celles que je préfère. Voir notamment "Rubrique élections", à deux contrepets par ligne, ou l'histoire fleuve, 8 minutes quand même, des "Amoureux du cimetière". Et voici qu'ils m'ont demandé, compliment suprême, de chanter sur leur album. Ca a donné ceci, hymne à la vie et au plaisir, qui me convient tout à fait :  

 

 

Carpe Diem

Les-Oudlers.jpg







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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 08:26

 

J'ai retrouvé récemment un exemplaire de  Place Publique (édition de Rennes, car il y a aussi une édition nantaise) ou il avait chroniqué fin 2011 l'album du Trio EDF "Kan Tri Men". Jean Théfaine nous a quittés pendant l'été, et on a été nombreux à lui chanter un chant d'adieu pour son dernier voyage.

 

En relisant cet article, que je trouve parfait, je pense aux qualités indispensables à un bon critique de musique, de chanson: une grande connaissance des répertoires, une vaste culture musicale pour replacer la chose dans son contexte, une grille d'analyse, et bien sûr une plume, un style. Jean Théfaine avait tout cela, il connaissait son sujet sur le bout des doigts, folk, rock, country, musique africaine, bien sûr. Mais par dessus tout il avait l'amour des chanteurs, des musiciens. Il était capable d'admiration, de sympathie au sens fort du mot, c'est à dire de partage de l'émotion de la vibration recherchée. Et pour chacun, pour chaque album, il pouvait communiquer avec finesse et enthousiasme, mais sans complaisance, les qualités et les défauts que l'artiste y avait inscrits.

 

En ce qui me concerne, c'est sans doute lui qui m'a suivi au long de mon parcours avec la plus grande constance, au point de faire titrer sur la une de Ouest France: "Gérard Delahaye, enfin !" quand l'album Week End and Co  a reçu le  Prix  Charles  Cros. C'était début 83, autant dire il y a un siècle. Moi, j'aurais préféré qu'ils décernent une médaille au "Printemps", quatre ans auparavant, mais c'est une autre histoire.

 

Adieu Jean, et merci pour ce bout de chemin ensemble.

 

PS : juste une petite rectification à son préambule historique: nous avons créé Névénoéen 73 avec Patrik Ewen,et Melaine Favennec  nous a rejoints une année plus tard.

Place-Publique.jpg

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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 15:04
Starring : Vincent et Anna Burlot, Elle est trop Swing, Sève Laurent, Nola#Gérard Delahaye, Leila and the Koalas, les enfants du NID à Paramé, un plateau fort relevé pour une cène (non ! bien qu'on soyait jeudi de Pâques) une scène ouverte !
ça a lieu le premier jeudi de chaque mois à Rennes, mais le premier mercredi à Paris, et le premier mardi au Havre. Suivez ce lien pour les détaux.  

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 07:57

Levée en masse

 

Ne serait-ce qu’une fois, si tu parlas de liberté,

Tes lèvres, pour l’avoir connue, en ont gardé le goût du sel,

Je t’en prie,

Par tous les mots qui ont approché l’espoir et qui tressaillent, 

Sois celui qui marche sur la mer.

Donne-nous l’orage de demain.

 Les hommes meurent sans connaître la joie.

Les pierres au gré des routes attendent la lévitation.

Si le bonheur n’est pas au monde nous partirons à sa rencontre.

Nous avons pour l’apprivoiser les merveilleux manteaux de l’incendie.

Si ta vie s’endort,

risque-la.

 

Ce poème de Jean Malrieu, que m'avait fait connaître Yvon le Men, m'est revenu en début de semaine : il y a un petit restau (très bien, le restau) à Vitré : La Botte Dorée. Sur le mur, un joli cadre avec ce texte, mais...les dernière lignes étaient modifiées : "Nous avons pour l'apprivoiser les rêves de toute une vie"...Dommage ! et encore plus dommage, la dernière phrase était absente.

 

S'il n'était pas mort en 1976, Jean Malrieu aurait pu le dédier aux indignés de tout poil qui fleurissent sur la planète. Mais en réalité, il s'adresse à nous tous. Chaque vers mérite qu'on s'y arrête quelques secondes pour le faire résonner. 

 

Je l'ai enregistré en 1977 sur l'album "Le Printemps", avec une musique de Melaine Favennec.  

 

 

 

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 06:38

souleymane-diamanka.jpg

 

 

Souleymane Diamanka est un slameur sénégalais qui vit en France. Je ne le connaissais pas avant cette semaine, il est donc probable que c'est aussi votre cas. Vous aurez une idée de la classe de l'artiste en allant voir cette page, une brève présentation où on trouve aussi une vidéo de "Dansez sous la tempête", partagée avec Bertrand Cantat

 

"Laissez le soleil sécher vos larmes s'il vous plaît

Dansez sous la tempête que la pluie essuie vos plaies"...

 

Souleymane  était invité au Festival Etonnants Voyageurs le week end dernier. Il y a quelques mois, Melani Le Bris, directrice adjointe du festival,  lui a fait passer "le printemps", mon album sorti en...1978. Et il l'écoute en boucle depuis. Comme Elie Guillou ( pour les non initiés, mon nom est : Gérard Guillou- Delahaye...) participait aussi à Etonnants Voyageurs avec son spectacle "Paris - Brest", est née l'idée de partager une de mes chansons à trois pendant les scène slam qui ont lieu l'après midi. Souleymane a choisi "la Ballade des trois rois".  Et voici que pendant que je m'escrimais en vain à convertir ma vidéo Iphone pour en faire quelque chose d'acceptable, un plus rapide a mis en ligne ce petit événement, très touchant pour moi : chanter avec mon fils et un jeune slammeur africain une chanson de ma jeunesse.

 

Evidemment, une guitare nylon pour un type comme moi qui joue avec des cordes en acier tirant médium, c'est un peu mou...Mais à la guerre comme à la guerre !

 


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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 08:11

Suite à un commentaire d'Yves, voici une version de "Tri Martolod" pour le moins étonnante. Eluveitie est un groupe de "folk rock métal", (on n'arrête pas le progrès) et wikipedia me dit qu'ils sont Helvètes et chantent en vieux gaulois. Je ne vois pas bien le rapport entre les images de nature paisible et le son déchiré, mais peut être est ce là leur message ? En tous cas, ils arrivent à jouer en bougeant beaucoup, et là, je dis : "chapeau les helvètes!". 8 119 735 vues sur Youtube : décidément, je pense que je ne suis pas dans un courant musical majoritaire...

 

 

 

 

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 21:54

 

1962. En 4ème : la guitare est ma passion. Je n’étais pas très sensible aux Stones, désolé! Mais les Beatles, leurs mélodies ouvragées, les harmonies nouvelles toujours élégantes, leur rage électrique aussi…Ils m’ont tout appris et même le reste, et encore aujourd'hui j'apprends à chaque écoute.

 

Au Prytanée, le courrier se distribuait le midi au réfectoire (cantine, restau, self, cafétéria...il y en a eu des appellations depuis !). J'ai un souvenir très précis du moment : le sergent de service de ce jour là s'appelle Chapin et n'a jamais brillé par sa finesse ...C'est un petit gros, un peu faux-derche, avec une voix traînante, on l'appelle Bouboule. Il va et vient dans l'allée centrale, supportant tant bien que mal le brouhaha de cent cinquante ados à la pause de mi-journée, fracas d'assiettes, de couverts, de conversations énervées. De temps à autre, il lance sans grande conviction: "Si-i-ilen-en-en-ce !!!". Le bazar diminue quelques instants avant de repartir de plus belle.

 

En fin de repas, sa pile de courrier à la main, il annonce les noms des veinards, et le rituel est bien huilé : le nommé doit lever le bras. et attendre que Bouboule s'approche. Mais aime prendre son temps pour faire mariner le gagnant.

 

«...Bruel...Zimmer...Catherineau...Guillou»...Whoaouh, super, j'ai une lettre ! Mais il lève le bras, lui aussi, dans un geste théâtral, s'arrête devant notre tablée, et dans le silence relatif qui marque une certaine attention et une attente du prochain nom, il retourne ma lettre et ajoute «et au dos de l'enveloppe, y a écrit : I love you». Huée générale, grognements, hurlements canins, râles et tremblements: cent cinquante petits mâles en mal d'amour éructent leur joie et leur jalousie moqueuse. Je suis rouge comme une crête de coq. Il me tend mon courrier. C'est Ruby, ma correspondante irlandaise qui m'écrit. Je regarde au dos de l'enveloppe. Elle a écrit : «I Love the Beatles» : Et c'est ainsi , dans la douleur, que j'ai découvert ce nom dont on n'avait jamais entendu parler auparavant. Connard de Bouboule !

 

 

Attention, la vidéo  (d'époque) met 15 secondes avant de démarrer pour de bon. Le son de ce titre m'a littéralement rendu fou à l'époque.

 



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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 12:48

Maria la Bigoudène

 

Elle vient de partir de l'autre côté, au Pays de l'Eternelle Jeunesse, elle qui avait le coeur jeune à jamais...En souvenir, un petit récit de la rencontre que j'avais faite en juin dernier. Adieu Maria ! Bon voyage...

 

Je faisais une répétition à Landrévarzec avec les enfants de l'école Anjela Duval, et c'était « GérardDelahaye » par ci, « GérardDelahaye » par là : oui, les enfants ne m'appellent jamais Gérard, ils m'appellent : « GérardDelahaye ». J'étais la vedette, quoi ! Tout allait bien quand a surgi Maria, parée de sa plus belle coiffe et de sa robe d'apparat, elle venait de Pont l'Abbé pour assister à la répétition, entraînée par une voisine qui lui donne un petit coup de main pour la vie quotidienne. A 99 ans, c'est bien mérité ! Maria, vous la connaissez : elle a participé avec deux copines, décédées depuis, à une pub bien connue. Et en bavardant, j'ai appris qu'elle n'avait jamais vu un docteur, a fortiori n'avait jamais été opérée, que les yeux marchaient impec...Et un étincelle moqueuse dans le regard me faisait sentir que vedette pour vedette, elle se posait là ! Et elle m'a donné une carte postale dédicacée, :"Maria" et tous les enfants ont voulu faire une photo à ses côtés. Et moi, me morfondant, esseulé sur la scène, tout le monde me tournant le dos....


Piiiraaate !!!!

 

Bon, d'accord, la vidéo est un peu répétitive, les deux premières ça va...Vous croyez que je pourrais demander un sponsoring à Tipiak ?

 

(Maria, à gauche sur la photo, au centre sur la vidéo)


 

 

 

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