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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 16:15

Extrait du Monde du 27 mars 2012


Tunisie


8000 salafistes empêchent la tenue d’un festival culturel à Tunis


PARIS.


Près de 8000 salafistes et islamistes rassemblés sur l’avenue Habib-Bourguiba, à Tunis, pour réclamer la charia et un Etat islamique, ont empêché, dimanche 25 mars, la tenue d’une manifestation culturelle organisée le même jour. La Fête du théâtre a tourné court après que des salafistes ont détruit, selon plusieurs témoins, les petits podiums de marionnettistes et deux scènes, forçant les comédiens à se regrouper sous la protection de la police vers le théâtre, d’où ils seront finalement chassés après une nouvelle charge à l’issue de la grande prière de rue. Des cris «Mort aux juifs!» ont été scandés à plusieurs reprises par la foule au cours de cette manifestation.


Isabelle Mandraud

Je pille le Monde ! Mais il faut corriger cette info d'hier par l'article suivant d'aujourd'hui (éditorial) 

Ces islamistes qui disent non à la charia


L'Editorial du "Monde"

 

L'histoire de la Tunisie post- Ben Ali retiendra peut-être le lundi 26 mars 2012 comme une date importante. Ce jour-là, le parti islamiste Ennahda, qui domine la vie politique, a dit non aux groupes extrémistes salafistes. Il a opposé un refus net et catégorique à l'introduction de la charia - la loi islamique - dans la Constitution du pays.

Ce faisant, Ennahda a accompli son premier acte de vrai parti de gouvernement. Il a préféré la réalité à l'idéologie ; il s'est comporté en formation responsable ; il a pris le risque de l'affrontement avec une partie de la famille islamiste. Il a privilégié l'empirisme étatique à la pureté sectaire.

Si Ennahda, que dirige Rachid Ghannouchi, tient cette ligne, alors la Tunisie, précurseur du "printemps arabe", restera un pays modèle - et qui rayonnera bien au delà de ses frontières.

Au lendemain de l'indépendance, le premier président de ce petit Etat du Maghreb,Habid Bourguiba, a fait voter, en 1959, une Constitution des plus progressistes. Elle dote les Tunisiennes d'un code du statut de la femme sans équivalent dans la région. Quand la plupart des Lois fondamentales des pays arabo-musulmans font expressément allusion à la charia comme source du droit, la Constitution tunisienne s'en abstient. Elle se borne, dans son article premier, à observer que l'islam est la religion du pays.

Ennahda est le groupe dominant à l'Assemblée élue au lendemain de la chute du président Zine El-Abbidine Ben Ali en janvier 2011. Il gouverne en coalition avec deux partis laïcs dans l'équipe du premier ministre, Hamadi Jebali.

Il était grand temps qu'Ennahda prenne position. Depuis quelques mois, une petite dizaine de milliers de militants salafistes - qui prônent la plus radicale des versions de l'islam politique - multiplient violences et provocations. Sur certains campus, ils agressent les femmes non voilées. Ils empêchent les manifestations culturelles. Ils convoquent des prières géantes au beau milieu de la capitale, d'où retentit un de leurs cris de ralliement : "Mort aux juifs !"

Dans leurs rassemblements, ils arborent volontiers des treillis militaires, évocation d'un combat qui pourrait prendre des formes plus brutales.

Ennahda a senti le danger. Cet islam est profondément étranger aux Tunisiens, et encore plus aux Tunisiennes. Même celles d'entre elles qui votent Ennahda, et elles sont nombreuses à l'avoir fait, restent attachées au code du statut de la femme.

Parti de gouvernement, Ennahda sait qu'une dérive radicale mettrait la Tunisie au bord de la faillite. Elle ferait fuir touristes et investisseurs étrangers.

La pression salafiste des jours derniers a un objectif politique précis : forcerl'Assemblée, qui joue le rôle d'un corps constituant, à introduire une référence à la charia dans le nouvel article premier de la Constitution. C'est un défi qui est ainsi lancé à Ennahda. Qui y a répondu lundi avec courage et doit s'en tenir à cette réponse face à toute nouvelle offensive.

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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 09:17

Suite à un article de Michel Kemper sur nosenchanteurs.com son blog (formidable, quotidien et passionné) qui parle de chanson, et que je vous conseille fortement de visiter de temps en temps, voici un petit commentaire sur la difficulté à marier art et argent, discussion qui n'en finira jamais, et qui m'intéresse au plus haut point, car c'est la pierre angulaire de nos métiers. 

 

gtrMichel, j'aime et j'admire ton côté imprécateur, mais je continuerai dans la lignée "avocat du diable" de Delorme, ci dessus :

 

 

instruit par ma looooongue expérience, chapelet de succès et d'insuccès, puis de succès, puis d'insuccès, etc, (mais toujours dans une échelle un peu marginale !) mais qui fait quand même que je vis de ce métier depuis 40 années, j'ajouterai que la musique est un art mais AUSSI un commerce, et que la grande difficulté de l'artiste est de savoir marier les deux de façon harmonieuse.

 

guitar-behringerSavoir faire commerce de son talent sans le trahir et au contraire en le cultivant, c'est aussi un art, et il est très difficile. La phrase attribuée à Mao (ou Confucius?) : "pêcher le poisson c'est bien, mais ensuite il faut le vendre", s'applique aussi aux métiers artistiques (et pas seulement à la chanson). La musique, la composition sont les côtés les plus agréables du métier, mais à un moment, il faut bien se retrousser les manches pour faire connaître ses "oeuvres", scène ou enregistrement (terme préférable à "disque "ou "CD", car en ce moment le support physique...) et surtout les transformer en argent ! Et je constate que le talent dans les relations humaines est aussi important, sinon plus, que le "talent" pour la réussite.

 

guitarePersonne ne doit rien à l'artiste, quel que soit son talent. C'est triste ou c'est heureux, peu importe. C'est à lui de se rendre nécessaire. Qu'est ce qui fait que des gens sont d'accord pour payer quelques euros (et parfois même beaucoup !) pour écouter un artiste? On en connaît tous qui tirent le diable par la queue mais paieront 100€ pour aller voir leur petit ou leur grand rêve en chair ou et os, et participer à la messe. C'est tout le mystère, la vibration, le rêve...

 

biere-demi.jpgTous les patrons de bistrot sont ravis d'avoir un musicien ou un chanteur pour animer leur soirée. Mais s'ils se mettent à demander des sous pour ça, le talent est soudain mis en balance avec la recette du bar, et dès ce moment le cruel show biz a déjà frappé!!!

 

Ensuite, c'est vrai que les "gros" s'approprient tout le terrain de chasse et monopolisent les média...Mais c'est peut être aussi qu'ils font un autre métier, et que ce méteir là, je n'aimerais peut être pas faire. L'artisan maçon ne va pas construire un immeuble : il fera des terrasses, des améliorations sur les façades, éventuellement des pavillons, mais n'essaiera pas de lutter contre Vinci ou Bouyghes. Construisons donc nos cabanes de jardin, elles sont belles, pleines de fleurs et de soleil. Et de temps à autre, une belle petite maison d'artisan fait la une ! Bravo ! 

 

Cabane-FondJardin01.jpgnew-york-chrysler-building-4436

 

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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 08:30

Au début des années 80, Patrik Ewen m'avait raconté comment il avait failli donner un coup de hache à son voisin Iffig Déniel, qui rôdait autour de la maison en pleine nuit. Il était apparu à la porte vitrée comme un spectre, demandant à entrer. Raconté avec le talent de Patrik, ça devenait une aventure épique et drôlatique. Mais ce qui m'avait particulièrement touché, c'est que cet homme errait dans la nuit poursuivi par des fantômes qui le torturaient, et il essayait de leur échapper en noyant son âme dans le vin et le lambig. Il avait fait la guerre d'Algérie dans sa jeunesse, et ne se remettait pas des horreurs qu'il avait vues et auxquelles il avait participé.

 

Cette histoire, mêlée à bien d'autres, m'a pas mal travaillé, et j'avais longuement tourné autour dans les années qui ont suivi pour tenter d'en faire une chanson. Mais le résultat était toujours trop lourd, trop long, trop emphatique, emberlificoté, en un mot : raté. Et ce projet a rejoint des milliers d'autres dans l'oubli.


trio-Ewen--Delahaye--Favennec.JPG

 

Et voici que vingt ans plus tard, alors que le Trio EDF bourlinguait depuis déjà trois ou quatre ans, Melaine propose pendant une répétition cette musique, inspirée d'une marche du Pays Vannetais. Peut être même a t-il parlé de conscrits? En tout cas, je ressens un déclic immédiat dans ma tête, et je dis à mes deux compères : je vais écrire un texte sur cette musique.


 

Le soldat d'Algérie (Trio Ewen Delahaye Favennec)  
 

 

Et on voit comment inspiration et transpiration se combinent: ce texte a été écrit en quelques minutes. Sans même avoir besoin de relire ce que j'avais écrit vingt ans auparavant, j'ai senti monter les images et les mots qui devenaient vivants à travers cette mélodie simple et touchante. C'est l'histoire d'Iffig Déniel, et aussi celle de milliers d'autres paysans, qui quittaient souvent pour la première fois leur vallée brumeuse et heureuse pour se retrouver en enfer sous le soleil.

 


Iffig est parti depuis rejoindre les millions d'anciens combattants qui ont peuplé notre planète à travers les siècles. Et cette semaine "Là bas si j'y suis" sur France Inter faisait parler des paysans de l'Est de la France. Les souffrances et les blessures sont les mêmes, qu'ils soient de Bretagne ou d'ailleurs.  

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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 22:36

Si on vous donnait le choix entre : des bataillons de CRS ou des orchestres symphoniques, fanfares, et autres groupes musicaux? Au Venezuela, depuis plusieurs dizaines d'années, une véritable politique antidélinquance est menée à travers la musique : donner les moyens aux enfants de milieux défavorisés d'acquérir un instrument, de le travailler, et de faire ainsi l'apprentissage de la vie en groupe, de la discipline, de la rigueur, de se sentir utile au groupe et valorisé, c'est tout cela la philosophie de el Sistema   (allez voir sur wikipedia les détails sur cette entreprise fantastique).

 

Et ça donne ceci : cet orchestre extraordinaire, le Simon Bolivar Youth Orchestra of Venezuelqui va vous faire bondir de joie et d'exultation. Dirigé par le prodige Gustavo Dudamel, tout droit issu de ce cursus, et qui a 26 ans a été appelé à la tête de l'Orchestre Philharmonique de Los Angeles.


 

 

On en ressort avec la banane, non? Et ça marche : au Venezuela, la criminalité a fortement diminué ! Notez au passage que même les banques s'y retrouvent : "Pesant les avantages tels qu'un fléchissement des taux d'abandon scolaire et une baisse de la criminalité, la banque a calculé que chaque dollar investi dans El Sistema recueillait environ 1,68 $ en dividendes sociaux". (extrait de wikipedia).  Alors, chiche? Mais hélas, loin de la baguette des chefs d'orchestre, les gouvernements ne connaissent le plus souvent que la pédagogie des coups de bâton. Espérons que les prochains sauront s'en inspirer.  


Allez aussi voir cette oeuvre interprétée au Japon, c'est la fiesta ! 

 

Merci à Yves Lympalair, qui m'a fait connaître cette vidéo. 

 

 

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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 08:49

Un superbe film d'animation, destiné aux adultes, mais que les enfants pourront apprécier : une merveille esthétique, technique et une grande finesse de sentiments et d'émotion.  Deux êtres solitaires et mal aimés correspondent par dessus les océans, s'envoient des courriers, des petits cadeaux, et se rencontrent enfin... Réalisation : Adam Eliott en 2009

 


 

 

 

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 08:27

Voici un article qui tombe à pic dans l'ambiance de lutte des classes. On est dans la statistique. Le problème, c'est que je connais des riches qui sont des gens bien et très honnêtes. Hé ! Ce serait trop simple !


PARU DANS LE JOURNAL "LE MONDE" DU 29/02/2012

tas de pieces A tas de pieces Atas de pieces A

Dans un climat politique où il est tant question d’opposition entre les «élites» et le «peuple», voici une étude qui devrait faire couler beaucoup d’encre. Et pour cause: des chercheurs américains et canadiens documentent, dans l’édition du lundi 27 février de la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), l’existence d’une relation inverse entre élévation dans la hiérarchie sociale et éthique du comportement individuel. C’est-à-dire, exprimé de manière un peu plus directe, que plus vous êtes riche, plus vous êtes susceptible de vous comporter de manière moralement lamentable. L’équipe américano-canadienne menée par Paul Piff (université de Californie à Berkeley) a quelques arguments. Les chercheurs ont mené pas moins de sept protocoles expérimentaux différents, qui concluent tous dans le même sens.

tas de pieces Atas de pieces Atas de pieces Atas de pieces Atas de pieces A


 «Cupidité»


Le premier est simple: il s’est simplement agi de se poster à un carrefour et d’observer les véhicules pris en flagrant délit de refus de priorité. La deuxième expérience, très semblable, a quant à elle consisté à relever les situations dans lesquelles un piéton engagé sur un passage ad hoc se fait couper la route par une voiture. Dans les deux cas, les chercheurs ont classé les véhicules en cinq catégories, des épaves roulantes (groupe 1) aux berlines de luxe (groupe 5). Résultat: près de 30% des véhicules du groupe 5 forcent le passage aux voitures prioritaires,un taux quatre fois supérieur aux groupes 1 et 2, et trois fois supérieur aux groupes 3 et 4. Corrélation quasi identique pour le respect dû aux piétons…

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Mais, direz-vous, ce n’est pas parce qu’on a une belle voiture qu’on est nécessairement riche. Ce qui n’est pas faux. Aussi, les chercheurs ont complété ces deux expériences par d’autres, menées en laboratoire. A chaque fois, une centaine d’individus ont été invités à prendre connaissance de divers scénarios ou situations: atteinte d’un objectif au prix d’une entorse à la morale, captation d’un bien de manière indue au détriment d’un tiers, mensonge au cours d’une négociation, caution d’une faute dans le cadre professionnel. Puis les participants ont rempli un questionnaire répondant à la question de savoir dans quelle mesure ils seraient prêts à reproduire ces comportements. A chaque fois, une corrélation entre le statut social des participants et leur capacité à enfreindre l’éthique est mise en évidence.


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Une dernière expérience a consisté à placer près de 200 personnes devant un jeu informatique de lancer de dés: une somme d’argent leur était promise si le score atteint après cinq lancers était élevé. Mais, bien sûr, le jeu était pipé et le score ne pouvait excéder 12 points. Ceux qui ont rapporté des scores supérieurs aux expérimentateurs ont donc triché. Même en tenant compte de nombreux paramètres comme l’ethnie, le sexe, l’âge, la religiosité, l’orientation politique, il n’y a rien à faire, «la classe sociale prédit

positivement le fait de tricher».

 A quoi tient ce lien entre hauteur sociale et bassesse morale? En partie, répondent les chercheurs,«à une perception plus favorable de la cupidité».

 

Stéphane Foucart 

 

Mon commentaire : est ce parce qu'on est riche qu'on triche, ou parce qu'on triche qu'on est riche? Tiens, ça ferait un refrain pas mal pour une chanson...

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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 08:37

Geluck 1

 

Une de mes chansons m'est revenue en tête alors que je bricolais dans mon potager lilliputien : "La chasse aux filles" j'ai eu un peu de mal à remettre les paroles bout à bout : je ne l'ai pas chantée depuis au moins 20 ans.  Mais quand j'y suis arrivé, j'ai trouvé que la forme était plutôt réussie. Sexe, sexe, rage et frustration de la jeunesse...Et par curiosité, je l'ai réécoutée, 30 ans après. Elle est sur l'album "Week end and Co" (1982). Et brrr...Horreur ! Enfer et damnation ! Que c'est chanté en tension, en pléonasme, ça en devient glaçant. 


Geluck-2.jpg


Je me souviens d'avoir peaufiné ce texte, où je voulais mettre les souvenirs de drague, de bals, de boîtes et d'amours boiteuses, la hargne du "teenager" toujours en manque de tendresse, et qui compense comme il peut, tristement, aigrement. Les guitares, le chant, tout y est aigre et sans espoir. Sombre week end. Je vous laisse aller chercher la musique, je préfère m'en tenir au texte...


Geluck-3.jpg 

Au passage, un coup de chapeau à Philippe Geluck, que j'ai croisé à cette époque : il animait une émission de radio en Belgique, et il m'avait fait gentiment remarquer que l'après midi n'était pas le moment idéal pour passer du Coltrane (c'est moi qui avais choisi le programme musical). Que voulez vous, j'étais très entier, et je pensais qu'il fallait absolument être déchiré pour être un vrai artiste. Ces trois vignettes qui font toute une philosophie prouvent le contraire à elles seules ! 


Pour ceux qui n'auraient pas lu  "les bretonnismes", best seller d'Hervé Lossec, toss toss=autos tampons.


 


LA CHASSE AUX FILLES

Paroles et musique : Gérard Guillou - Delahaye

 

Gamines pointues petites nouilles

Que je chassais

En zig en zag en zig en zig en zag

Dans les rues que la trouille

Cravatait

Bouches roses qui léchaient des limonades

Et des bonbons

Toutes nues toutes nues sous leurs robes de parade

Au parfum de savon

La nuit d’étoupe t’étouffe et t’aspire

Il faut rentrer

Le dortoir sent la sueur et le mir

L’été

Dans leurs corps poupées de cire

Le noir venu

Je piquais les aiguilles de mes délires

Rêves cornus

 

Et je suçais mon pouce dans la nuit nègre

En caressant mon chagrin vinaigre

 

Madones épaisses aux sacs de skaï

Venues des Zups

Toss-toss, pince-fesses, néons qui braillent

Fais voir un peu sous tes jupes !

Bouches rouges qui suçaient du gin

Et du coca

Qui attendent l’amour des magazines

Le petit amour qui ne vient pas

Sandwich au poing et clope au bec

Loin des discothèques chics

J’ reniflais du groin les odeurs suspectes

Entre deux cornets d’ frites

Et la nuit tombe au loin et la nuit tombe au loin

Comme une marraine

Qui t’apporterait des paquets de cacahuètes

Et des chocolats

 

Et je mordais mon poing dans la nuit nègre

En chatouillant mon chagrin vinaigre

 

Balluches galoches et chambres de bonnes

« Ah c’était le bon temps ! »

Ta jeunesse piaffe dans les slows, les klaxons

« Oh, petite veuve viens dans mon carrosse

Dans ma deux-ch’vaux d’argent

Je te ballucherai je te ferai la noce

Viens jolie machine à printemps »

Lentement mes yeux de biche-pute

L’aguichent et l’accrochent : but !

Faudra jouer serré avant qu’elle jaillisse

La liqueur d’or du rut

Cités-dortoirs amours au carbone

Je rêvais d’être roi

Des balluches des bagnoles des saxophones mais roi

De n’importe quoi

 

Et je froissais ses seins dans la nuit nègre

En chatouillant mon chagrin

En mâchouillant mon chagrin

En trifouillant mon chagrin vinaigre

 

 

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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 07:39

Groupe touareg de Bruxelles, belle découverte, surtout ce titre : Akaline (Mon pays) .  Merci Fip !

 

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 08:10

Expérience : Claude Steele, chercheur américain en psychologie sociale réunit deux groupes d'étudiants de l'université du Michigan, composés à parts égales d'hommes et de femmes doués pour les mathématiques.


Avant le début de l'épreuve, l'un des groupes a été informé que "les résultats font en général apparaître une différence selon le sexe", et à l'autre groupe on a dit au contraire que "les résultats sont généralement équivalents quel que soit le sexe" . Dans le premier groupe, (avec préjugé sexiste) les garçons ont obtenu un résultat de 25/30 en moyenne, contre un catastrophique 5/30 pour les filles. En revanche, dans le deuxième groupe (sans préjugé) les filles ont obtenu 18/30 de moyenne contre 19/30 pour les garçons.


Dans le premier cas, la menace de stéréotype a eu un effet dévastateur chez les filles, mais aussi un effet stimulant chez les garçons.


Claude Steele a également montré que cette menace concerne tout le monde : soumis à un même exercice, les garçons d'origine européenne s'effondrent tout autant que les filles après avoir entendu que " les Asiatiques réussissent mieux".  

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 22:38

Autrefois, au XXème siècle, on préparait son album avec des partitions, des cassettes, puis il fallait "entrer en studio" : rituel désiré et redouté à la fois, épreuve initiatique dont on ressortait parfois content, souvent déçu, et délesté d'un budget confortable. Enregistrer un album n'était pas donné à tout le monde. C'était une étape difficile, respectée. Rares étaient ceux qui pouvaient s'offrir un matériel suffisamment performant.

gtr

Les progrès de l'informatique ont amené tous les musiciens, ou presque, à manipuler chez eux des programmes qui permettent d'enregistrer, avec une qualité plus ou moins bonne. Un ordinateur, quelques micros et hop ! faire un album est à la portée du premier venu. Comme, de plus, la mode est à la compression "pas plus fort qu'à fond", la qualité toute relative est compensée par un vernis de "patate" : "ouahh ! il a la patate ton son !". On oublie qu'à l'origine, le mot "dynamique" signifie l'écart entre les plus bas et les plus hauts niveaux. Ce qui signifie que les titres qu'on entend sur NRJ sont proches d'une dynamique "zéro", puisque tout est tout le temps à fond les ballons. Mais je m'égare.

gtr

Le home studio c'est donc le nirvana du musicien qui peut, quasi gratos, passer des mois à peaufiner son futur bébé au lieu d'être sans cesse pressé et stressé par la montre et les biftons qui s'envolent. Le problème, et j'y suis confronté ! c'est que ce n'est jamais assez bien, assez propre, assez bien chanté, arrangé "comme ci", mais ça pourrait plutôt être "comme ça", tiens, j'ai une nouvelle idée, tiens, j'ai une nouvelle chanson, (je me parle à moi même)...Et ce titre que j'ai enregistré il y a six mois, au fond il n'est pas au niveau des autres, et là j'ai mis des machines, mais en vrai ce serait mieux, ou l'inverse? et la ligne de basse, elle est un peu planplan, non ? Et tiens, si j'essayais de placer ce micro plus haut, plus près, non, plus loin...La problématique est infinie, et comment savoir où et quand il faut s'arrêter? Pas de limite, pas d'interlocuteur, solitude...Et le nirvana se transforme en énervement et désespoir et...On finit par retourner dans un " vrai studio" où on ne sera pas tout à fait tout seul, et d'où on ressortira avec un album mixé, terminé, fini et ni et nini : tant pis! C'est ainsi que j'ai rencontré Yvan Knorst la semaine dernière, qui en était rendu à la masterisation : il avait suivi ce chemin de croix, et avait décidé d'en finir en passant par un vrai studio.

gtr

Tout ça pour vous dire que j'ai un album sur le feu, (pas pour les enfants) et que rampant, ahanant, suant, j'arriverai un jour à vous présenter la douzième version du cinquième titre, et la version solo d'un titre maintes fois arrangé sous diverses formes. J'en viendrai à bout cette année, j'espère. Plus que quelques centaines ou milliers d'heures. Quand on aime...

- Mais alors, Gérard, quand est ce que tu arrêtes?

- Heu...Quand j'ai une version qui réussit à allier spontanéité, élan, et (relative) propreté technique, et qui résiste à un recul de quelques jours, semaines, ou mois...Comme vous voyez, c'est fastoche !

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